Phase « colère » de la CPU !

Communiqué de la CPU du 24 avril 2015, Moyens 2015 : Le gouvernement doit respecter l’autonomie des universités. Qui a écrit ce communiqué de colère ? Le président Jean-Loup Salzmann tout seul ? le trio du Bureau ? le Conseil d’administration (CP2U) ? ou une Assemblée plénière consultée à distance ?

Est-ce une colère qui tournera vite en eau de boudin (la CPU est cyclothymique)? Ou une colère qui démontre la marginalisation du président de la CPU après son texte hagiographique sur le bilan de Geneviève Fioraso, ce qui lui a valu d’être vertement tancé par un de ses pairs. Tant que la CPU n’appellera pas à une large mobilisation dans les établissements, ses communiqués critiques de la politique de ce gouvernement ne seront pas crédibles.

Texte intégral du communiqué. La Conférence des Présidents d’Université (CPU) vient de prendre connaissance des documents transmis aux membres du CNESER, relatifs à la répartition des moyens aux établissements d’enseignement supérieur en 2015.

Il est totalement anormal que les universités et écoles n’aient connaissance que fin avril 2015 des moyens que leur attribuera l’État pour remplir leurs missions de service public, d’enseignement et de recherche. Près d’un tiers de l’année 2015 est passé et les conseils des établissements vont à peine pouvoir engager des actions nouvelles, alors que le nombre d’étudiants inscrits ne cesse d’augmenter et que les défis posés par la situation économique, morale et politique du pays interrogent plus que jamais les universités sur leur capacité de formation, de recherche et d’innovation.

Comme cela était craint, et dénoncé par la CPU à de nombreuses reprises, l’État a fait le choix, pour financer les mesures dont il est lui-même à l’origine, de prélever au nom d’une prétendue solidarité 100 millions d’euros sur les fonds de roulement d’une quarantaine d’établissements, dont 11 universités. Il s’agit d’une politique de gribouille, qui frappe les présidents et directeurs au prétexte qu’ils ont conduit des politiques trop précautionneuses.

Il est également absolument inacceptable et proprement scandaleux que les présidents, directeurs, et administrateurs élus des établissements découvrent dans la presse les décisions prises par le gouvernement et les moyens qui leur seront affectés. Par ailleurs, si les établissements qui feront l’objet d’une ponction au nom de leur trop grande vertu sont connus, les notifications des établissements, avec les détails nécessaires a la bonne compréhension de sommes globalisées, n’ont toujours pas été communiquées, et ne devraient l’être qu’après le vote du Cneser.

Nous exigeons que l’État respecte l’autonomie des universités en compensant les décisions qu’il leur impose. La CPU demande plus que jamais au gouvernement les moyens nécessaires à la couverture de ces décisions, soit 100 millions d’euros en 2015 et 200 en 2016.

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Une réponse à “Phase « colère » de la CPU !

  1. Je te trouve bien cordial et soft face au communiqué de la CPU : la forme et le contenu relèvent du « minimum syndical » !! 100 millions d’euros pour cette année et 200 millions pour 2016 c’est à peu près le quart des besoins pour réouvrir tous les postes « gelés » depuis 4 années de suite (comme chacun sait les postes Fioraso n’ont compensé qu’un quart à un tiers des postes gelés…). Au même moment, le fameux crédit impôt recherche est un manque à gagner fiscal de plusieurs milliards d’euros par an, en grande partie dans des secteurs protégés de la concurrence mondialisée (énergie, grande distribution, etc.).
    C’est donc bien à la mort programmée de l’université et de la recherche publiques que se livrent aujourd’hui le gouvernement et l’Élysée. La CPU, avec le SGEN et l’UNEF, jouant les courroies de transmission. Malheureusement les capacités de mobilisation des enseignants-chercheurs, des chercheurs (et des des étudiants) reste faible, y compris parce que la grève dans ce secteur ne gêne pas assez les pouvoirs en place pour être efficace tant qu’elle n’est pas totale et durable !!
    Rien ne dit que la coupe ne soit pas pleine cette fois, dans le processus de paupérisation de l’université et de la recherche que Bercy a choisi d’accélérer. Annoncer ces réductions de budget pendant des congés universitaires, à quelques mois des congés d’été est un joli calcul, mais à courte vue. Espérons-le !