Prague, basilique Saint-Georges

Invitation au voyage : La Bohême, Prague, la Basilique Saint-Georges. 1. Contexte historique de la fondation en 921. 2. Les transformations de la basilique jusqu’au milieu du 17ème siècle. 3. Caractéristiques architecturales de l’édifice roman. Album de 42 photos.

P13101811. Contexte historique de la fondation de la Basilique Saint-Georges : la Bohême, la dynastie des Přemyslides, sainte Ludmila et saint Wenceslas (Source Wikipédia).

Sainte Ludmila de Bohême, née aux environs de 860 et décédée le 15 septembre 921, est l’épouse de Bořivoj Ier de Bohême auquel elle est mariée, encore presque enfant, en 874. De cette union naissent six enfants dont l’ainé Spytihněv naît en 875, suivent trois filles et deux garçons dont Vratislav en 888. Ludmila est la fille de Slavibor, seigneur des Sorabes de Pšov, ce qui désignait alors les environs de Mělník. On sait qu’elle est élevée dans la religion slave, paganisme riche en dieux divers, mais la date de son baptême n’est pas connue.

Sa vie est concomitante avec les premiers balbutiements qui vont donner naissance au royaume de Bohême qui rentre alors dans l’histoire (les prédécesseurs de Bořivoj dans la dynastie des Přemyslides sont tous plus ou moins mythiques) et adopte le christianisme. Son époux Bořivoj est baptisé, quelque part en Moravie, par saint Méthode. C’est ce même Méthode qui, selon la légende, baptise Ludmila, en Bohême, quelque temps après.

La « civilisation » est alors à l’ouest, dans l’empire d’Occident carolingien et au sud dans l’Empire byzantin ; adopter les usages – dont la religion chrétienne – des foyers de civilisation est, localement, une stratégie gagnante pour les princes slaves pour asseoir leur autorité et nouer des alliances stratégiques avec les puissants voisins. Les souverains de la Grande-Moravie voisine venaient de montrer l’exemple.

Ludmila s’occupe de l’éducation de ses petits-enfants, Venceslas et Boleslav. Suite au décès de son fils Vratislav, Ludmila rentre en conflit avec sa belle-fille Drahomira qui s’est emparée de la régence. Ce conflit culmine avec l’assassinat de Ludmila, le 15 septembre 921, au château-fort de Tetín : elle est alors étranglée par deux Varègues à la solde de sa belle-fille qui ont utilisé pour ce faire le propre châle de la souveraine-douairière, châle qui est devenu le symbole de son martyre bien qu’elle ne soit pas, à proprement parler, morte pour sa foi.

Si la conversion au christianisme peut faire partie d’une stratégie dûment mûrie par des seigneurs provinciaux en mal de reconnaissance, ou de convictions profondes d’individus touchés par la foi, le fait d’avoir un ou une sainte dans la famille est indubitablement un atout et une légitimité. Le culte de sainte Ludmila est un effort dynastique, presque raisonné, initié par son arrière-petite-fille, Mlada, abbesse du couvent bénédiction de Saint-Georges.

2. Historique de la basilique et du couvent adjacent

10ème siècle. En 921, le prince Vratislav Ier fonde une église dans la partie Est du Château de Prague. Entre 974 et 976, la sœur du prince Boleslav II, Mlada, se rend à Rome en voyage diplomatique, d’où elle revient avec l’autorisation de créer un évêché, et celui de fonder le premier couvent de Bénédictines de Bohême, qu’elle dirigera ensuite en tant qu’abbesse. Source Prague Minos Guide.

11ème siècle. Spytihněv II fait édifier deux tours romanes de part et d’autre du chœur.

12ème siècle. Le couvent brûle pour la première fois en 1142. Reconstruction à partir de 1142.

13ème et 14ème. Époque des derniers Přemyslides : le plus bel essor. L’église a servi très tôt de lieu de sépulture pour les membres de la famille régnante des Přemyslide. La plus importante est celle de Sainte Ludmila, l’une des patronnes principales du royaume de Bohême. Sa tombe située dans une chapelle à son nom fut sculptée par Petr Parleř (1330-1399), l’architecte de la cathédrale. Une très belle tombe ouvragée du 14è siècle abrite la dépouille de Vratislas Ier. Source Avant-Garde Prague.

16ème siècle. Basilique et couvent sont touchés lors du grand incendie du Château de Prague en 1541.

17ème siècle. Au milieu du siècle, la façade de la basilique est modifiée dans le style baroque, sur les plans de Francesco Caratti. Statues de la Bienheureuse Mlada, la première abbesse du couvent et du roi Vratislav 1er, le fondateur de la basilique. D’ailleurs, il tient la maquette de l’édifice entre ses mains. Le second niveau est décoré par un relief en stuc représentant Saint-Georges en train de terrasser le dragon, l’éternelle lutte entre le bien et le mal. Source CityZeum.

P13101843. Caractéristiques architecturales de l’édifice roman et de la façade baroque

Commentaires des guides en ligne. La basilique Saint-Georges est l’un des plus beaux vestiges romans de la ville. Comme la cathédrale Saint-Guy, elle est un des tous premiers bâtiments en pierre sur le site du châteauL’austérité et la grande solennité du lieu frappent dès l’entrée, dues à la blancheur de la pierre calcaire, la massivité des colonnes et des piliers rythmant l’espace et la lumière tamisée… La crypte offre également un grand dépouillement.

Mes commentaires additionnels. Comme l’indique la photo ci-dessous, l’intérieur de chaque partie la basilique a été plusieurs fois remaniée et a fait l’objet d’ajouts successifs. Date de la remise en « l’état roman » : je ne sais pas. Plan en croix latine. Nef centrale charpentée et non voûtée. Murs à trois niveaux. Le premier est constitué d’un mur plein (petites ouvertures vers les deux collatéraux), puis de 4 travées, la dernière ouvrant sur un court transept. Le deuxième niveau, le plus esthétique, est constitué de plusieurs séries de colonnades (3 colonnes) comme dans un cloître. Le troisième ne comporte que quelques fenêtres avec arc en plein cintre.

P1310217La lumière ne provient pas des fenêtres hautes de la nef centrale (comme c’est l’usage dans l’art roman), mais de celles de la façade baroquisée ultérieure et de l’abside ; elle ne provient que faiblement des collatéraux.

Le chœur se termine par une abside en cul de four, abside peinte en fresque : je n’en connais pas la thématique. Du chœur, on entrevoit une seconde chapelle, non accessible à partir de la basilique. Elle a été construite (quand ?) sur une chapelle existante. Un contrefort extérieur en garantit la solidité (photo).

La crypte est voûtée en croisées d’ogive, qui s’appuient sur de fines colonnes aux chapiteaux non sculptés. Au fond, une sorte de chapelle absidiale avec un autel supportant un tympan (photo). L’original se trouve dans le musée de l’histoire du château. Cartouche explicatif. Tympan avec Madonne en majesté (images google), originellement au portail sud de la basilique et daté d’avant 1228. Il a été commandité par l’abbesse Anezka, sœur du roi Otakar 1er. Sont représentées les trois principales abbesses du couvent : Mlada Marie, Berta et Anezka. L’inscription centrale sur l’archivolte a trait à l’interprétation théologique de la Vierge en majesté, le Christ assis dans son giron, des anges les couronnant : la sagesse du Père repose dans le giron de la Mère.

P1310296Pour aller plus loin sur la basilique Saint-Georges. Trouvée en ligne, une vidéo Dailymotion.

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Classé dans A. Art médiéval, A. Histoire médiévale, A. Histoire moderne, D. Europe (autres)

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