Lille, le pire et le meilleur

Sacrée météo pour les universités et les établissements du supérieur dans le Nord Pas-de-Calais. La semaine a commencé par un temps pluvieux. Le fonds de roulement de l’université d’Artois va être mobilisé à hauteur de 24,238 millions d’euros en 2015 ; à elle seule, l’université va fournir le 1/4 des fonds de roulement ponctionnés sur l’ensemble des établissements.

Trois autres établissements de la région seront également mobilisés dans ce « processus de solidarité » : Lille 2 (8,7 M€), Centrale Lille (2,1 M€) et l’ENSC Lille (0,3 M€), soit plus de 35 millions d’euros sur les 100 recherchés par le gouvernement, ce qui fait de la région la première contributrice (in News Tank).

Éclaircie. Le NPDC ne compte pas laisser passer l’attaque frontale de Bercy et de NVB contre son enseignement supérieur et sa recherche : il se prononce à l’unanimité contre le prélèvement sur les universités.

Plein soleil. Le projet d’IDEX Université de Lille est présélectionné par le jury international du PIA2 (Programme d’investissements d’avenir, 2ème phase). Sont également retenus les projets d’IDEX de Côte d’Azur et de Grenoble. Gageons que le jury final ne retiendra que deux IDEX et que sera éliminé celui de Côte d’Azur, la région PACA ayant obtenu une IDEX lors de la première vague (Aix-Marseille Université). Ne pas Idexisér le Nord : casus belli au sein du Parti socialiste.

Prévision de temps incertain. Quelle sera l’enveloppe financière du CPER 2015-2020 ? Manuel Valls a signé à Lille, mercredi 18 mars, le protocole d’accord du CPER Nord-Pas-de-Calais. Près de 6 milliards d’euros de crédits publics consacrés à la région sur la période 2015-2020, intégrant les fonds européens et les investissements publics déjà programmés. Mieux ou moins bien que le CPER précédent ? Impossible de le dire car le périmètre des crédits publics a été modifié. D’ailleurs l’État tiendra-t-il sa parole quand on sait que le premier ministre, dès sa nomination il y a un an, a annoncé une réduction de ses dotations aux collectivités territoriales, de 10 milliards en 3 ans. Le CPER en 9 pages.

Avis de tempête. La fusion des régions Nord Pas-de-Calais et Picardie a été actée. Deux universités de plus vont ainsi figurer dans la Grande Région : l’université de Picardie (Jules Verne) et l’université de technologie de Compiègne (UTC). Celle-ci a intégré la COMUE Sorbonne Universités comme membre fondateur. L’université de Picardie a été de fait exclue du processus de COMUIsation, l’Etat acceptant qu’elle s’associe à d’autres établissements.

L’Université de Picardie Jules Verne sera chef de file de cette association. L’autre université de la région, l’Université de Technologie de Compiègne (UTC), restera membre de la COMUE Paris Sorbonne Universités tout en participant à l’association picarde. Une association avec qui ? D’’ici à 2015, l’Université de Technologie de Compiègne (UTC), l’Institut La Salle de Beauvais, l’École Supérieure d’Art et de Design d’Amiens (ESAD) et l’école supérieure de chimie organique et minérale de Compiègne (ESCOM) signeront des conventions d’association avec l’UPJV. Les grands établissements de recherche (CNRS, INSERM, INRA), les Établissements Publics à caractère Industriel et Commercial (EPIC) présents dans la région (INERIS, CETIM) et le CHU ont manifesté leur intérêt pour cette association et la soutiendront par des partenariats.

L’université de Picardie Jules Verne a-t-elle un avenir ? Pourra-t-elle survivre financièrement sans plan Campus, sans regroupement avec d’autres établissements, sans IDEX ou ISite ? Va-t-elle sombrer dans une des tempêtes qui mettent à mal l’ESR, avec une fréquence de plus en plus rapide, due aux dérèglements induits, depuis 2007, par les politiques gouvernementales de droite comme de gauche.

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