CNESER. Kenneth, tête de liste

Suite de la chronique : un jeune chercheur engagé. Élections au CNESER. Kenneth Vanhoey, 27 ans, docteur en informatique de l’université de Strasbourg, en post-doc à l’INRIA Sophia Antipolis, est tête de liste dans le collège Chercheurs EPST, pour mettre en œuvre la profession de foi ANDès / CJC. Dans ce collège, six autres listes en présence.

Copie de P1320546Une première observation de sa part. Les doctorants constituent à peu près la moitié du personnel de recherche de l’université et ils n’ont, selon la loi ESR, que 10 à 15% de représentants dans la Commission recherche du conseil académique…

1. Les responsabilités de Kenneth au sein de l’université de Strasbourg (2005-2014) : activités bénévoles au sein d’instances universitaires et associatives ayant eu pour vocation d’améliorer ou simplement d’animer la vie des enseignants, chercheurs et étudiants. J’ai débuté ces activités en tant qu’étudiant, poursuivi en tant que doctorant (2010-2013) puis en tant qu’ATER (2013-2014).

2008-2009. Membre actif à l’association fédérative générale des étudiants de Strasbourg (AFGES) : responsable des étudiants étrangers.
2009-2010. Co-fondateur de l’association International exchange erasmus student network (IxESN Strasbourg).
2007-2011. Deux mandats d’élu étudiant au conseil de l’UFR de mathématique et informatique.

2012-2014. Un mandat d’élu à la commission recherche (l’ancien conseil scientifique) de l’université de Strasbourg. Représentant des doctorants du secteur « Sciences & Technologie ». Outre débattre et voter lors des réunions du conseil, j’ai pu participer en 2012 à l’élaboration des présentations d’établissement (évaluation AERES) et aux « Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche ».

Élu à l’automne 2012 en tant que représentant des doctorants, j’ai pu me rendre compte des difficultés de nombreux jeunes chercheurs payés au lance-pierre, malmenés par leurs encadrants ou rencontrant des difficultés liée à la précarité de leur statut (post-docs écartés suite à l’approche des 6 ans auxquels ils doivent être titularisés). Il ne s’agit – heureusement – pas de la majorité des cas. J’ai par contre pu me rendre compte de réels abus, souvent faits d’individus peu scrupuleux, et ainsi pu accompagner et conseiller de nombreux doctorants en comités de médiation dont l’issue aura été tantôt heureuse tantôt médiocre.

Élu en tant que représentant des docteurs, post-doctorants, jeunes chercheurs non titulaires. Pour les élections de l’automne 2012, nous n’avons pas été satisfaits de la situation. Nous avons présenté des candidats sur une liste Jeunes Chercheurs, fédérant 3 associations, ADDAL, DEHSPUS, DOXTRA. Nous étions éparpillés dans plusieurs collèges : électeurs dans le collège des usagers, mais nous pouvions demander, si nous avions un avenant enseignement, à être affectés dans le collège des enseignants non titulaires d’un doctorat. Mais il y a eu peu de communication institutionnelle sur cette possibilité et les délais pour s’inscrire étaient bien trop courts. Les doctorants sont-ils des étudiants qui font des études longues ou des jeunes chercheurs ayant un contrat de travail avec l’université ? Le problème n’est pas nouveau. Les associations de jeunes chercheurs demandent un collège spécifique. Lire également : Jeunes chercheurs excédés.

2. Fort de ses expériences diverses, Kenneth a décidé de se porter candidat pour l’élection au CNESER.

La CJC et l’ANDès constatent amèrement le besoin d’efforts conséquents pour la valorisation du doctorat dans la société et dans l’ESR lui-même. Le crédit impôt-recherche est une aubaine pour les entreprises, qui n’entreprennent que rarement de vrais travaux de recherche avec cet argent (je vous conseille de consulter diverses sources comme celle-ci ou encore celle-là). Les doctorants et jeunes docteurs ne sont pas écoutés et mal représentés, notamment au sein même du CNESER et des conseils des établissements, où ils sont noyés parmi la population étudiante aux préoccupations majoritairement orthogonales, ou dispersées en différents collèges électoraux, ce qui est peu fédérateur. Ces défauts de démocratie, j’ai moi-même pu les constater, notamment lorsque j’étais représentant des doctorants.

Valoriser le doctorat dans la société et fournir de bonnes conditions de travail aux jeunes chercheurs (doctorants, CDD et chercheurs en début de carrière), c’est bénéfique pour notre métier, est bénéfique pour nous tous. Notre profession de foi détaille nos revendications et demande à l’État de mettre davantage de moyens financiers et structurels dans le doctorat et dans l’ESR en général. Il s’agit d’améliorer les pratiques de recrutement, d’encadrement, de formations, de suivi du projet doctoral et de contractualiser tous les doctorants (beaucoup de doctorants, en particulier en sciences humaines et sociales, travaillent dans des situations extrêmement précaires, non rémunérées et sans lieu de travail fixe). Il s’agit aussi et surtout d’augmenter le nombre de postes permanents, nécessaires pour garantir le bon fonctionnement des établissements, notamment en matière d’enseignement et de poursuite de la recherche fondamentale.

Si vous partagez ces idées, parlez-en à vos collègues, débattez de ce sujet, et allez voter le 28 mai 2015. Votre mobilisation est importante : la concurrence étant rude, seul quelques centaines de voix peuvent suffire à faire élire un représentant d’une liste. Alors le 28 mai 2015, nous comptons sur votre mobilisation pour voter massivement ANDès-CJC.

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