Le CNESER est entré en agonie

Élections des représentants des personnels au CNESER : tableau récapitulatif des résultats.

P1340258Tableau en grand format

Le vainqueur est… l’abstention. Collèges 1 et 2 (professeurs et maîtres de conférences des EPSCP) : 9.300 enseignants-chercheurs ont voté et se sont valablement exprimés (sur un effectif total supérieur à 83.000). Le SNESUP-FSU est arrivé en tête, avec 3.600 suffrages exprimés ; il obtient ainsi 7 sièges sur 20. 3.600 suffrages sur plus de… 83.000 inscrits.

La démocratie représentative n’a jamais atteint un tel niveau de crise dans le supérieur. Le gouvernement socialiste en est responsable : depuis 3 ans, il n’a jamais tenu compte des avis négatifs exprimés par le CNESER (instance consultative).

Les syndicats en sont responsables : en ne recherchant pas l’union, en présentant des listes concurrentes (six dans le collège 1 et 7 dans le collège 2), ils donnent aux électeurs une image de division et de chapelles corporatistes.

Chaque enseignant-chercheur est individuellement responsable, croit qu’il va s’en sortir seul, qu’il ne sera pas balayé par le séisme qui va toucher l’enseignement supérieur public dans les 3 à 5 ans qui viennent.

Chaque doctorant ou jeune docteur est responsable : échec des listes Jeunes chercheurs ANDèS/CJC : 246 voix dans le collège B des enseignants-chercheurs, 371 voix dans le collège chercheurs des organismes de recherche, et, au final, aucun siège au CNESER. Ce gouvernement aura donc le champ libre pour continuer à se « foutre de la gueule » de ces jeunes (173 chroniques du blog sur le doctorat).

A venir : le résultat du vote des « grands électeurs étudiants » (11 sièges à pourvoir au CNESER).

6 Commentaires

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6 réponses à “Le CNESER est entré en agonie

  1. Il ne faut pas négliger les difficultés pour voter : ne pas être en déplacement le jour du vote ou bien organiser son vote par correspondance avec un processus bureaucratique sans nom… Pour un corps électoral aussi volatile, si l’on souhaite un taux de participation plus élevé, il faut organiser le scrutin autrement, si possible par correspondance, avec un mois de scrutin par exemple… et une information mieux diffusée !!

    • Christophe Bonnet

      Sans compter que le vote avait lieu particulièrement tard dans l’année, à une période qui pour beaucoup d’enseignants-chercheurs est consacrée à la recherche, sur le terrain si nécessaire, et aux colloques… De plus la période réservée à la demande de matériel par correspondance était extrêmement courte, et bien trop tôt par rapport au vote. Sans doute aurait-il mieux valu finalement regrouper ce vote avec les élections professionnelles de décembre.

      Pour autant, je ne vois pas très bien en quoi ce CNESER est plus agonisant que le précédent!

  2. Dans le cas où l’élection pose un certain nombre de difficultés matérielles, sources potentielles d’une forte abstention, ne fallait-il pas trouver un accord entre toutes les listes pour appeler à un boycott général ?

    Un CNESER agonisant comme le précédent, partiellement d’accord ! OK : ses avis négatifs ne seront pas davantage pris en compte qu’hier. Mais ce sera encore pire car le nouveau CNESER a encore plus de membres !

  3. Lassitude

    une lassitude certaine devant des instances consultatives dont les avis ne sont guère suivis d’effet, une date qui tombait mal parce qu’entre fin de la seconde session et session de rattrapage à un moment où bon nombre de collègues ne se trouvaient pas sur leur campus et n’allaient pas faire un aller-retour juste pour voter. La faute aux syndicats : bof, je ne me prononcerai pas. Dans ma discipline je pense, sous réserve de ce que donneront les élections au CNU qui motiveront peut-être plus les électeurs, qu’il y a une certaine perplexité : l’Autonome avait fatigué son monde avec certaines dérives clientélistes, avant de se couler probablement aux yeux de certains adhérents du fait de la fusion avec FO qui a défrisé du monde (à vérifier en novembre). QSF avait apporté un peu de vent frais à un moment avant de connaître une évolution peu rassurante, pas moins clientéliste et avec des membres qui en douce faisaient volontiers alliance avec l’Autonome au dernier CNU et dans les comités de sélection. Les bruits qui courent sur la composition des prochaines listes CNU ne donnent pas l’impression que ces ententes vont disparaître. Reste le Snessup qui ne convient pas à tout le monde pour ses idées et sa posture, et des listes indépendantes qui au moins ne se compromettent pas avec les précédents dans des alliances assez contre-nature a priori, mais qui peuvent s’expliquer par des fins de règne demandant des alliances pour caser les disciples tant qu’on peut encore les caser.

  4. Fil

    Côté jeunes chercheurs, il faut surtout noter que changer les conditions de vote discrètes et un peu à la dernière minute, qui n’ont pas aidé à la participation.
    Après, je ne sais pas si cela vient d’une incompréhension totale de l’implication des textes écrits par le ministère ou d’une manoeuvre volontaire d’éviction des jeunes chercheurs du CNESER, mais c’est atterrant.

    Rappelons que ce problème se cumule avec l’éclatement des doctorants et chercheurs contractuels en une multitude de collèges d’électeurs, ce qui empêche une représentation cohérente des jeunes chercheurs.
    Diviser pour mieux régner est-il une stratégie volontaire du ministère ? Ou est-ce que l’amateurisme apparant est le résultats des moyens dévolus au plus haut sommet de la hiérarchie ?

  5. La faible mobilisation des jeunes chercheur-e-s vient certainement du faible réservoir de voix potentielles de cette population, écartée en première intention des collèges électoraux « personnels » en étant placée sur « usagers » et pouvant revenir sur « personnels » (leur représentation qui devrait être naturelle) sous conditions spécifiques et restrictives, dans un délai extrêmement court laissé par le Ministère. Les deux circulaires, l’une décrivant ces règles et la suivante tentant une communication inefficiente de dernière minute, ont été vivement décriées par la CJC.

    Rappelons que depuis sa création, la CJC réclame un collège chercheur-e-s non permanents parmi les collègues personnels. Acteurs et actrices de l’ESR, allez-vous rester sans réaction face à ce déni de représentation de vos collègues ?