Non à l’Enseignant-Évaluateur !

Évaluation continue intégrale et seconde session : enseignants-chercheurs ou enseignants-évaluateurs ? Communiqué du SNESUP de l’université de Strasbourg (15 juin 2015).

Alors que des retours de collègues témoignent de nombreux problèmes générés par la mise en place la 2nde session d’examen, le SNESUP-FSU de l’Université de Strasbourg lance une alerte sur le danger des nouvelles charges de travail qui pèsent sur les personnels de notre Université, aussi bien les enseignants et enseignants-chercheurs que les personnels administratifs et techniques.

Pour les premiers, c’est d’abord l’engagement non tenu d’une mise en place à coût modéré de l’Évaluation Continue Intégrale (ECI) qui est en cause. En effet, un des arguments principaux qui avait emporté l’adhésion d’une partie des collègues et des élus des conseils centraux était que l’ECI, qui entraînait une surcharge importante de corrections au cours de l’année universitaire, aurait au moins la vertu de libérer du temps en fin de semestre pour se consacrer à ce qu’il faut bien désormais considérer comme le parent pauvre de leur deux missions : la recherche ! Cet avantage découlait naturellement de la suppression de la 2ème session pour tous qui prenait tout son sens pédagogique dans le cadre de l’ECI. Des modalités de rattrapage restaient quant à elles organisées pour les étudiants ayant rencontré des difficultés pour passer leurs évaluations dans de bonnes conditions (étudiants salariés, étudiants absents pour raison majeure…).

Or, suite à un recours déposé par l’UNEF, le Tribunal administratif de Strasbourg a fait injonction à notre université d’organiser la session de rattrapage, faisant valoir en particulier l’article 17 de l’arrêté Licence du 1er août 2011. Ce jugement a été confirmé par la Cour Administrative d’Appel de Nancy, en date du 7 mai 2015…  [chronique du blog : une année universitaire réduite à… 20 semaines].

… Mais force est de constater l’absurdité de l’existence, en parallèle à l’ECI, d’une 2nde session. En effet, quelle chance offre réellement aux étudiants une seconde session quand celle-ci se déroule dans la foulée de la 1ère session pour le second semestre, et 5 mois après la fin du premier semestre, sans que les étudiants aient eu le temps d’effectuer un véritable travail de révisions ?

Le SNESUP-FSU ne peut accepter cette dégradation supplémentaire des conditions de travail des personnels de notre université. Une évaluation et une adaptation de l’ECI sont aujourd’hui nécessaires afin que celle-ci soit mise en œuvre dans l’intérêt de la réussite de nos étudiants et avec le souci, pour les enseignants-chercheurs, de respecter les équilibres statutaires entre mission de recherche et mission d’enseignement. La préservation de cet équilibre est d’autant plus importante que dans le même temps se développe l’évaluation des enseignements qui tend parfois à devenir l’évaluation des enseignants. Le SNESUP-FSU met en garde contre cette dérive inadmissible, dont nous connaissons trop bien les conséquences délétères dans les universités américaines.

Le SNESUP-FSU demande ainsi à la présidence de suspendre provisoirement l’ECI et de n’y revenir que si le cadre réglementaire venait à être modifié ou si le recours en Conseil d’État autorisait notre université à supprimer la 2nde session.

Pour aller plus loin : ce communiqué strasbourgeois ne paraît pas cohérent avec la contribution du SNESUP-FSU (Comité de suivi Licence, 29 mai 2014), L’évaluation continue, une modalité pédagogique pour faire réussir le plus grand nombre ? En mai 2014, comme l’UNEF, le SNESUP défendait le contrôle continu et la seconde session d’examens. Qu’en est-il aujourd’hui ?

1 commentaire

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Une réponse à “Non à l’Enseignant-Évaluateur !

  1. Martinville

    Encre une preuve supplémentaire que l’inspiration technocratico-managériale aboutit à des usines à gaz ingérables. L’université soviétique française est de plus en plus engluée dans la gestion administrée, qui ne crée rien, mais qui tourne, pour tourner, et remplir des indicateurs. Les syndicats se plaignent, mais qu’ont-ils fait pour éviter les méfaits des réformes socialistes menées par la droite et la gauche au nom de la réussite des étudiants, coincés qu’ils étaient par leur idéologie. Ce que nous subissions était prévu, c’est le retour du boomerang démago-pédago cautionnés par toutes les politiques universitaires depuis Bayrou.