Gustave Courbet, 30 ans en 1849

Visite du Musée Gustave Courbet à Ornans (Doubs), le 21 juin 2015. Deuxième chronique biographique d’un nouveau type : qu’ont-ils/elles fait entre 20 et 30 ans (formations et premières années professionnelles) ?

Deux albums. Œuvres réalisées jusqu’à l’âge de 30 ans en 1849 (34 photos). Œuvres après 1849 (22 photos).

Ci-dessous, Jeune fille assise, dessin effectué à 17 ans

P1340864Biographie de 1819 à 1849, puis de 1870 à 1877, date de la mort. Les textes sont tous des citations extraites du site du Musée et de Wikipédia.

1819. Gustave Courbet est issu d’une famille de propriétaires terriens, son père Régis Courbet possède une ferme et des terres au village de Flagey où il élève des bovins et pratique l’agriculture. Gustave naît le 10 juin 1819 à Ornans dans le Doubs, sa mère Sylvie Oudot donne par ailleurs naissance à quatre filles.

1833-1839 (14 à 20 ans). Premiers enseignements artistiques. Courbet suit l’enseignement artistique auprès de Claude-Antoine Beau au petit séminaire d’Ornans et avec Charles Antoine Flajoulot au collège royal de Besançon. Ses premiers paysages datent de cette période. À cette époque, Charles-Antoine Flajoulot était également le directeur de l’École des Beaux-Arts de Besançon1. Après des études considérées comme médiocres et qu’il abandonne, Courbet part pour Paris vers la fin de 1839. Il a 20 ans.

1839 (20 ans). Paris. Logé par son cousin Jules Oudot, il suit des études de droit et parallèlement fréquente l’atelier du peintre Charles de Steuben. Son ami d’enfance Adolphe Marlet l’introduit à l’atelier de Nicolas-Auguste Hesse un peintre d’histoire qui l’encourage dans la voie artistique2. Courbet se rend aussi au musée du Louvre pour y étudier les maîtres, en particulier les peintres de l’école espagnole du XVIIe siècle.

1840 (21 ans). Premières copies au Louvre. Le 21 juin 1840, Gustave Courbet est réformé du service militaire. Il s’installe au Quartier latin et occupe son premier atelier rue de la Harpe. Il fréquente l’académie de Charles Suisse, mais abandonne rapidement, jugeant les œuvres copiées, sans intérêt. Il décide alors de se former lui-même en dessinant et copiant des maîtres du passé tel que Diego Vélasquez ou bien Rembrandt.

Vers 1840. Copie du Réveil de Saint Jérôme (Le Guerchin)

P13408731842 (23 ans). Portrait présumé d’une jeune fille d’Ornans

P13408911844 (25 ans). Être reconnu par les pairs. Première admission au Salon avec Portrait de l’Artiste, dit Courbet au chien noir (Petit Palais, Paris). D’autres autoportraits suivent, où il se représente en homme blessé ou en homme à la pipe.

1845 (26 ans). Courbet écrit à ses parents « il faut que dans cinq ans j’aie un nom dans Paris« . Il fréquente la brasserie Andler, où s’élaboraient les grandes théories et que Champfleury appelait le temple du réalisme. Il y rencontre la bohème parisienne. Courbet est au cœur de l’effervescence artistique et politique. Il se lie avec des artistes qui veulent proposer une alternative à l’antagonisme romantisme-académique (tels que Charles Baudelaire, Hector Berlioz… dont il a fait les portraits). Sous l’impulsion de Champfleury, Courbet jette les bases de son propre style, le réalisme.

1846 (27 ans). Il visite la Belgique et les Pays-Bas, découvrant la peinture des maîtres flamands.

1847 (28 ans). Il rencontre et se lie d’amitié avec Pierre-Joseph Proudhon. Naît un fils de la liaison avec son modèle Virginie Binet. Il réalise à la demande de l’église de Saules un Saint Nicolas ressuscitant les petits enfants.

1848 (29 ans). Courbet participe pacifiquement aux journées révolutionnaires avec ses amis Promayet, Baudelaire, Toubin et Champfleury.

1849 (30 ans). Courbet revient à Ornans. Ce retour aux sources va changer sa manière de peindre : il abandonne le style romantique de ses premiers autoportraits et de sa Nuit de Walpurgis. Inspiré par son terroir, il crée un style qu’il qualifie lui-même de réalisme. Sa première œuvre de cette période est Une après-dinée à Ornans tableau exposé au salon de 1849 qui lui vaut une médaille de seconde classe… Il va s’en servir pour ébranler les codes académiques. Ses paysages, dominés par l’identité de retrait et de solitude, ont une signification quasi autobiographique.

1850 (31 ans). Il peint dans son premier atelier d’Ornans Un enterrement à Ornans (Musée d’Orsay, Paris) pour lequel les habitants de la ville posent. Courbet le présente au Salon : il créé scandale et étonnement car pour la première fois un sujet de la vie quotidienne est peint dans les dimensions jusque-là réservées aux thématiques jugées « nobles » (scènes religieuses, historiques, mythologiques). Figurent également au Salon Les Casseurs de pierre (détruit) et Les paysans de Flagey revenant de la foire (Musée des Beaux-Arts, Besançon).

1850. Les paysans de Flagey revenant de la foire

P1340905… Vingt ans plus tard.

1870. En juin, Courbet est nommé chevalier de la Légion d’honneur, titre qu’il refuse. Le 6 septembre, dans Paris assiégé, il est élu président de la Commission des arts chargée de la sauvegarde des œuvres d’art parisiennes.

1871. Sous la Commune, Courbet est élu conseiller municipal du 6ème arrondissement et nommé délégué aux Beaux-Arts. Un décret décide d’abattre la colonne Vendôme alors que Courbet est absent et qu’il préconisait seulement de la déplacer. Pour cela, il est condamné le 6 juin à six mois de prison et 500 francs d’amende. Il est transféré à la prison de Sainte Pélagie en septembre (Autoportrait à Sainte Pélagie) puis fin décembre, en raison de problèmes de santé, à la clinique du Docteur Duval à Neuilly.

1872. Sorti de clinique en avril, Courbet retourne à Ornans. Devant l’affluence des commandes, il ouvre un atelier de collaboration avec de jeunes peintres tels que Cherubino Pata et Marcel Ordinaire. Il peint de nombreux paysages des environs et aussi des répliques de ses marines normandes précédentes.

1873. Poursuivi pour ses activités pendant la Commune, Courbet s’exile en Suisse. Il s’installe à la Tour-de-Peilz où le rejoint Cherubino Pata. Il commence à peindre une série de tableaux représentant le Château de Chillon.

1874. Le château de Chillon

P13409391877 (58 ans). Le 4 mai, Courbet est condamné par le tribunal civil de la Seine à payer les frais de reconstruction de la colonne estimés à 323.091,668 francs. A l’automne, la santé du peintre se détériore rapidement et le 31 décembre, il meurt avant d’avoir payé la première traite qu’il s’était engagé à verser.

Pour aller plus loin. Blog de l’Institut Gustave Courbet, Association des Amis de Gustave Courbet et du Musée. Courriels, le dernier en date (15 juin 2015) : qui est le modèle de L’origine du monde ?

Le nouveau Musée Courbet à Ornans est ouvert au public en 2011.

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