N’importe nawak de 2 présidents

Nouveau rififi dans la COMUE Université Paris Lumières (suite des chroniques : Paris Lumières : court-circuit (14 juin 2015), Paris Lumières à la soviétique (20 juillet 2014).

Communiqué de Décidons en commun de notre avenir ! 9 juillet 2015 : Petits arrangements entre deux président(e)s d’université, à savoir Danièle Tartakowsky – université Paris 8 -, Jean-François Balaudé – Paris 10 -.

Texte intégral du communiqué. Premier épisode : le CA de la ComUE, convoqué pour le 27 mai à la demande du conseil des membres, est reporté au 11 juin sans notification de la moindre raison. Il sera dit plus tard que la raison en est des délais de convocation non respectés (sans l’ombre d’une démonstration juridique en l’occurrence) mais nous sommes en droit d’imaginer que les candidats « officiels » et leurs mentors s’étaient soudain rendu compte qu’il ne serait pas tout à fait superfétatoire de présenter leurs candidatures. Il s’ensuivit une présentation étonnante, deux heures à Paris 8 puis deux heures à Nanterre, un même vendredi après-midi, ce qui garantissait à la fois une assistance clairsemée et une impossibilité de mélanger les deux communautés universitaires.

Deuxième épisode : le CAC est convoqué avant que le président de la ComUE soit nommé, ce qui est parfaitement contraire aux statuts de la ComUE. Du coup, on revient en arrière devant l’évidence de ce pas de clerc.

Troisième épisode : il nous est annoncé le 23 juin qu’à la demande du conseil des membres le 8 juillet n’aura lieu que l’élection du président et pas celle du vice-président. Sachant que les deux fonctions incarnent l’équilibre entre les deux universités on peut juger de l’intérêt porté à cet équilibre par les deux président(e)s d’université.

Quatrième épisode : le mardi 30 juin nous apprenons que la réunion du CA de la ComUE UPL prévue le 8 juillet a été reportée selon un procédé pour le moins cavalier. Avant même la réunion, le 1er juillet, du Conseil des membres (dont on rappellera qu’il est composé de trois personnes – les deux président(e)s et le représentant du CNRS – et qu’il est seul habilité à prendre une telle décision), le président de Paris Ouest Nanterre La Défense a communiqué oralement à deux des candidates potentielles à la présidence que le CA du 8 juillet n’aurait pas lieu et était reporté à une date indéterminée en raison d’une « composition irrégulière » du CA. Il semblerait que le président de la ComUE n’ait même pas été informé de cette démarche en amont. Un communiqué commun des trois composantes de la ComUE a été envoyé sur l’intranet des deux universités le mercredi matin 1er juillet, informant après-coup les communautés universitaires de ce report, toujours cependant avant la réunion du Conseil des membres qui était censé statuer sur les élections.

Tout comme pour l’annonce une semaine plus tôt du report de l’élection du premier vice-président, les raisons ne sont de toute évidence pas celles (pourtant importantes) qui sont avancées. L’élection à la vice-présidence n’a pas été repoussée pour permettre des discussions entre le/la président(e) élu(e) et les candidat(e)s potentiel(le)s à la vice-présidence, et l’élection à la présidence n’est pas seulement reportée du fait d’une composition « irrégulière » du CA de la ComUE. La notification par le « Ministère de l’ESR » (lapsus curieux consistant à invoquer ici comme source un Ministère supprimé il y a plus d’un an) du défaut de parité au sein des membres du CA nommés tombe vraiment à pic pour nos deux président(e)s qui ne savaient plus trop qui présenter à l’élection le 8 juillet…

Non que la cause invoquée ne soit pas d’importance. Elle l’est même tellement à nos yeux que nous l’avions invoquée nous-mêmes dans les semaines précédentes et que lors de la réunion du conseil des membres avec les nommés par les deux universités et le CNRS afin de désigner les autres nommés du CA la chose avait été relevée explicitement par une de nos collègues de Nanterre. Mais, faut-il le rappeler, la question avait été alors balayée d’un revers de main comme non pertinente ! Il faut dire que l’attention toute particulière des deux président(e)s à la parité les avaient déjà portés à choisir de ne présenter que des candidatures masculines à la présidence et à la vice-présidence… En outre, puisqu’il semble qu’ils veuillent dégager leur responsabilité personnelle dans cette affaire, faut-il rappeler aussi à nos deux président(e)s qu’au titre de l’article 9 des statuts de la ComUE, ce sont eux-mêmes (et personne d’autre) qui sont responsables desdites nominations problématiques, comme ils le sont pour toutes les décisions aventureuses prises sur le calendrier électoral depuis le mois de mars ?

Cinquième épisode : au Conseil d’administration de l’université Paris Ouest Nanterre le lundi 6 juillet, J.-F. Balaudé annonce tout de go que, de l’avis du Conseil des membres de la ComUE unanime, la meilleure solution est celle du recours à une démission de l’actuel président de la ComUE suivie de la nomination d’un administrateur provisoire ! La solution présente en tout cas un double avantage pour nos deux président(e)s qui ont pris une décision aussi radicale sans en référer à qui que ce soit (et sans en parler ensuite, puisqu’une décision d’une telle importance n’a fait l’objet d’aucun communiqué du Conseil des membres et est rendu publique au hasard d’un CA de l’université Paris Ouest…). D’une part, il s’agit de trouver un bouc émissaire et de tenter, avec une maladresse insigne, de faire oublier leurs errements depuis deux mois (puisque, rappelons-le, toutes les dates et toutes les décisions et reports variés sont de la responsabilité du conseil des membres et non du président d’UPL qui, en l’occurrence, se contente de convoquer les CA à la date et avec l’ordre du jour établis par le conseil des membres). D’autre part, ils entendent ainsi rester maîtres du calendrier en repoussant les élections jusqu’au jour où ils estimeront qu’ils sont fin prêts pour les remporter. Et, évidemment, ils font semblant de négliger le fait qu’une « administration provisoire » n’aura jamais la moindre légitimité pour faire vivre la ComUE et que tout processus constructif restera bloqué tant que celle-ci perdurera.

Le résultat de ce feuilleton de mauvaise facture est en tout cas parlant : les reports se multiplient depuis un mois et les raisons avancées sont clairement, à chaque fois, plus que douteuses. Personne ne pouvait croire qu’il était important de repousser l’élection du premier vice-président afin de permettre que se tiennent des discussions entre le/la président(e) élu(e) et les candidat(e)s potentiel(le)s à la vice-présidence. Personne ne peut croire que les président(e)s reportent l’élection du/de la président(e) dans le seul but d’établir une parité entre les candidatures désignées par les institutions composantes après qu’ils avaient eux-mêmes refusé cette considération il y a quelques semaines. De deux choses l’une, soit l’impréparation dont témoignent les récents épisodes n’a pas été voulue et il faut s’interroger sur le sérieux que les deux présidents accordent au déroulement des procédures électorales, soit elle est parfaitement acceptée et il faut s’interroger avec gravité sur la valeur qu’ils accordent aux élections.

En fait, il est permis de considérer que c’est faute de candidatures acceptables à leurs yeux que les présidences de nos deux universités ont décidé ces reports. Après avoir donné à croire qu’une bonne élection était pour eux une élection avec une seule candidature (celle qu’ils avaient adoubée), voilà donc que nos présidences laissent à penser que les élections ne doivent pas avoir lieu dès lors qu’ils n’ont pas « leur » candidat. Il y a un mois on voulait nous imposer les candidats uniques et aujourd’hui on nous impose l’absence d’élection dès lors qu’il n’y a pas de candidat qui plaise aux gouvernants. Et avec la solution de l’administration provisoire envisagée on peut même se permettre de reporter l’élection sine die. On se demande s’il faut en rire ou en pleurer.

En tout état de cause les présidences font preuve d’une désinvolture à l’égard des élu-e-s et des institutions qui laisse pantois. Les élu-e-s de toute tendance le leur ont fait savoir par des lettres envoyées le 6 juillet dans lesquelles est exigée une réunion du CA pour élection du président et du premier vice-président de la ComUE avant la fin du mois de septembre. Une écrasante majorité des élue-es au CA de la ComUE issu-e-s de toutes les listes, enseignants-chercheurs comme BIATS, ont donc demandé une telle réunion et une élection en bonne et due forme, rejetant du même coup l’hypothèse d’une administration provisoire qui n’est défendue que par trois personnes (les deux président-e-s d’université et le représentant du CNRS au conseil des membres !) : il serait temps que ces dernières descendent de leur empyrée et tiennent compte de cette réalité !

Les listes Décidons en commun de notre avenir ! ont su, lors de la première réunion du CA de la ComUE, mettre en échec le projet d’une élection à la présidence de la ComUE qui faisait fi des règles les plus élémentaires de la démocratie. Nous avons ainsi infligé un désaveu cinglant à celles et ceux qui prônaient une telle solution (et qui d’ailleurs, si l’on en croit les bévues accumulées depuis lors, ne semblent pas s’être vraiment remis de leur échec). De même, nous répondrons de façon appropriée, le moment venu, à cette nouvelle attaque contre les règles minimales d’un fonctionnement institutionnel correct et respectueux des élu(e)s et des communautés universitaires.

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