Heidelberg, le château saccagé

Le château de Heidelberg, édifié entre 1294 et 1303, fut la résidence des électeurs palatins du Rhin (liste des comtes). Le château : album de 39 photos.

Histoire du Palatinat du Rhin au 17ème siècle. « Le palatinat du Rhin était l’un des sept plus anciens électorats du Saint-Empire romain germanique. Le comte palatin était en dignité le premier électeur de l’empire ; dignité qu’il conserva malgré sa conversion au protestantisme. Néanmoins, ayant ouvertement pris parti contre l’empereur en soutenant les Tchèques révoltés (1619), la dignité électorale lui fut ôtée pendant la guerre de Trente Ans (de 1623 à 1648), après les batailles de Prague et de Wimpfen, et fut confiée au chef de la ligne ludovicienne des Wittelsbach, Maximilien Ier, duc de Bavière, chef catholique des armées impériales.

P1350651À la paix de Westphalie, le duc de Bavière fut maintenu comme électeur, mais un huitième électorat fut créé pour redonner cette dignité au comte palatin. L’électeur palatin, anciennement archi-sénéchal de l’Empire, devint alors archi-trésorier. En dignité il passait de la première place à la dernière…

Le Palatinat, qui avait déjà beaucoup souffert durant la guerre de Trente Ans, fut dévasté par deux fois par les troupes de Louis XIV. Après le ravage du Palatinat (1674), la guerre de la Ligue d’Augsbourg éclata en 1688 à l’occasion des droits que Louis XIV fit valoir sur la plus grande partie du Palatinat, au nom de sa belle-sœur, la princesse Palatine, sœur du dernier Électeur palatin Charles II, décédé sans descendance en 1685. Le roi de France avait pour adversaire Philippe-Guillaume de Neubourg-Wittelsbach, héritier en tant que comte palatin de Neubourg, et beau-père de l’empereur. Le Dauphin conquit le Palatinat en moins de deux mois.

En septembre 1688, l’armée française du Rhin pénètre sans déclaration de guerre formelle sur les hauteurs dominant le Palatinat et sur la rive gauche du Rhin, et s’enfonce jusqu’en Bade. … Le général de Mélac, depuis Heilbronn, ravage les pays environnants… Sur la fin de l’année, il s’empara de Heidelberg, capitale de l’électorat de Palatinat, qui tomba le 2 mars 1689. Le maréchal de Duras, par l’ordre de Louvois, exerça dans cette contrée d’épouvantables ravages connus sous le nom de Sac du Palatinat, qui excitèrent l’indignation de l’Europe et provoquèrent contre Louis XIV une nouvelle coalition…

P1350762Le traité de Ryswick en 1697 redonna à Jean-Guillaume de Neubourg-Wittelsbach, fils de Philippe-Guillaume, la paisible possession de ses États ».

Détruit lors du sac du Palatinat, le château de Heidelberg « ne fut ensuite jamais complètement reconstruit, les électeurs préférant leur résidence de Mannheim… Ses ruines devinrent au XIXe siècle l’emblème du romantisme et les dernières restaurations furent largement l’œuvre d’un aristocrate français émigré, Charles de Graimberg, qui persuada au début du XIXe siècle le grand-duc Léopold Ier de Bade de faire réparer une partie des corps de bâtiment ».

Pour aller plus loin : Jean-Philippe Cénat, Le ravage du Palatinat : politique de destruction, stratégie de cabinet et propagande au début de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, Revue Historique, 2005.

P1350796

Commentaires fermés sur Heidelberg, le château saccagé

Classé dans A. Histoire moderne, D. Allemagne, E. Sciences humaines et sociales

Les commentaires sont fermés.