Élections CNU : forte abstention

Les élections au Conseil national des universités ont eu lieu du 14 septembre au 14 octobre 2015. Les résultats ont été publiés le 22 octobre : résultats dans le collège des professeurs, dans celui des maîtres de conférences.

Le Conseil national des universités est une instance nationale régie par le décret n°92-70 du 16 janvier 1992. Il se prononce sur les mesures individuelles relatives à la qualification, au recrutement et à la carrière des professeurs des universités et des maîtres de conférences. Il est composé de 11 groupes, eux-mêmes divisés en 52 sections dont chacune correspond à une discipline ou à un groupe de disciplines connexes. Chaque section comprend deux collèges (A et B). Aux 2/3 d’élus s’ajoute 1/3 de membres nommés par le Ministre.

Les résultats ne font l’objet d’aucune analyse sur le site du Ministère. Surprenant! Plus surprenant encore, aucun communiqué de presse sur les sites des organisations qui ont présenté des listes de candidats à ces élections. Les professions de foi mais pas les résultats sur les sites du SNESUP-FSU, du SGEN-CFDT, de SUP-Recherche UNSA, de Qualité de la Science Française, de SUP Autonome et FO, du FERC SUP CGT.

P1400073Pourquoi ce silence, cette désinformation à propos d’une instance clé du système d’enseignement supérieur français ? Pour les listes Défense des Libertés Universitaires et Rayonnement de la Recherche soutenues par SUPAUTONOME-FO et le SNPREES-FO, le CNU n’est-il pas le dernier rempart contre le pouvoir discrétionnaire des présidents et le démantèlement de l’université ?

Silence parce qu’aucun de ces syndicats n’est satisfait de son résultat ? Silence parce que l’éparpillement des listes n’a pu être évitée (8 dans certaines sections) ? Ou à cause de l’apparition de listes disciplinaires, corporatistes (non fédérées à un syndicat national) ? Ou parce que les résultats représentent une défaite globale pour l’ensemble des organisations représentatives nationales : le taux d’abstention a en effet été particulièrement fort ; il est majoritaire dans le collège des maîtres de conférences.

Difficile de dire qui sont les abstentionnistes. Sont-ce des enseignants-chercheurs partisans de la suppression du CNU ou tout au moins d’une des missions de celui-ci : la qualification aux fonctions de professeur ou de maître de conférences ? La qualification a fait débat au moment de la discussion de la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche :  CNU, supprimer la qualification ?

Les procès-verbaux de ces élections méritent une analyse à un autre niveau : ils donnent en effet les effectifs d’enseignants-chercheurs pour 52 sections, c’est-à-dire à un niveau disciplinaire très fin. Une surprise pour moi : c’est l’informatique qui compte le plus d’enseignants : 1025 professeurs, 2425 maîtres de conférences ; dans cette discipline, 56,9% des professeurs ont voté et 43,1% des maîtres de conférences.

Pour aller plus loin : 37 chroniques du blog sur le Conseil national des universités.

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3 Commentaires

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3 réponses à “Élections CNU : forte abstention

  1. Intéressant, mais en tant qu’informaticien, l’effectif de ces derniers ne me surprends pas du tout. Les enseignants en informatique enseignent dans leur UFR de rattachement (maths & info en général) ou dans des écolés publiques en informatique/ingéniérie ainsi que dans la plupart des disciplines scientifiques ou un à deux cours d’informatique sont au programme de chaque année de cours.

  2. Guilbaud fabrice

    Les OS réagiront aux résultats du scrutin ; il faut seulement leur laisser un peu de temps… réagir à chaud ne sert à rien ; il est nécessaire de prendre le temps de l’analyse d’une élection difficile à analyser.

  3. Au sujet de l’informatique: la section 27 a un spectre très large, allant de l’interface homme-machine à la théorie de la calculabilité en passant par les architectures matérielles (avec des gens qui donc travaillent sur des sujets tellement différents qu’ils ont du mal à se parler). Il y a beaucoup d’enseignement (je pense que la plupart des maîtres de conférence font des heures supplémentaires), et peu de PRAGs (comme il n’y a pas d’agrégation d’informatique… parfois des PRAGs de maths en tiennent lieu).

    Il y a également beaucoup de doctorants (je ne serais pas surpris que ce soit la section la plus abondante) et peu de problèmes de débouchés pour eux, contrairement à d’autres disciplines.

    Je vous accorde que c’est une discipline très discrète : peu d’interventions dans les médias, pas de prétention à parler au nom de l’Université. 😉