Saint-Eutrope, 2 églises superposées

Suite des chroniques sur l’Art médiéval. Basilique Saint-Eutrope, Saintes (source principale de la chronique : Wikipédia). Album de 46 photos.

P1390728

Ier siècle ou IIIe siècle ? Deux hypothèses. « Eutrope aurait vécu au Ier siècle et aurait été l’un des premiers organisateurs de la communauté chrétienne naissante. Une seconde hypothèse en fait un contemporain de l’empereur Dèce. Ces imprécisions ne doivent cependant pas occulter son action d’organisateur des premières communautés chrétiennes en Saintonge : il est ainsi reconnu comme premier évêque de Saintes. Les textes hagiographiques rapportent qu’il subit le martyre pour avoir converti la fille du gouverneur de la ville, Eustelle ».

VIe siècle. Une première basilique funéraire est attestée.

IXe siècle. La basilique est sérieusement endommagée et pillée par les envahisseurs normands. Reconstruite assez sommairement, elle apparaît comme fort vétuste au début du XIe siècle.

1081-1096. « Fondée en 1081, à l’instigation du duc d’Aquitaine et comte de Poitou Guillaume VIII, consacrée par le pape Urbain II en 1096, la basilique honore saint Eutrope. Son tombeau, déposé dans la crypte, est visité depuis cette époque par de nombreux pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle. L’abbaye de Cluny, à qui l’église est confiée dès l’origine, favorise l’implantation d’un prieuré comptant jusqu’à une vingtaine de moines ».

Église basse ou crypte, partie la plus ancienne de l’édifice (sources : Wikipédia ; Plan de l’édifice ; Focus : une vidéo 5’14 de par Isabelle Oberson, médiatrice du patrimoine).

L’église basse comprend deux croisillons à absidioles orientées, un triple vaisseau comprenant quatre travées droites couvertes dans leur partie centrale d’une voûte d’arêtes surbaissée supportée par de puissants tores, ainsi qu’une abside intégrant un déambulatoire et une série de trois chapelles rayonnantes voûtées en cul-de-four. Des baies en plein cintre assurent un éclairage régulier du sanctuaire.

PlanQuatre paires de piles massives, aux socles circulaires ou cruciformes, marquent la limite entre le vaisseau principal et les bas-côtés. Les sculptures des chapiteaux, ornés principalement de motifs végétaux et d’entrelacs d’inspiration antique, constituent l’un des ensembles remarquables du sanctuaire.

P1390706

Les dimensions de l’église basse en font l’une des plus vastes cryptes romanes d’Europe : sa longueur totale est ainsi de 35 mètres de long pour une hauteur sous voûte de 5 mètres. Au centre de la crypte, le cénotaphe monolithe rappelle la mémoire du saint.

Église haute (source Wikipédia).

La longueur totale de la basilique atteint 42 mètres pour une hauteur sous voûte de 10 mètres, ce qui représentait en soi une prouesse pour l’époque. La hauteur est portée à 14 mètres sous la coupole de la croisée.

Dans sa configuration actuelle, l’église haute se compose des deux bras du transept et d’une profonde abside servant aujourd’hui de nef. Cette dernière se compose de quatre travées droites couvertes d’une voûte en berceau brisé, doublées par des bas-côtés aux voûtes en demi-berceau, et se prolonge par une chapelle axiale servant désormais de chœur liturgique. Composé d’une travée et d’un rond-point à cinq pans, l’ensemble est voûté d’ogives. Deux chapelles latérales romanes bordent la chapelle axiale.

P1390678

Murs extérieurs des collatéraux et chapelles latérales du chœur. Les murs s’élèvent sur trois niveaux, soit deux niveaux d’arcatures en plein cintre séparés par un mur plein. Des contreforts-colonnes séparent de grands arcs ornés de dents-de-loups ou s’ouvrent, dans la partie supérieure, de grandes baies romanes surmontées d’oculi, tandis que le niveau inférieur témoigne d’une plus grande sobriété, mais reprend un schéma assez proche. Ainsi, de petites baies en plein cintre éclairent-elles l’église basse. Les chapelles latérales développent quatre niveaux d’élévation : frise d’arcatures en plein-cintre dans la partie supérieure, puis baies encadrées de colonnettes en alternance avec des arcades aveugles, mur plein et nouvelle série de baies en plein-cintre au niveau inférieur.

P1390732

Les chapiteaux (50 différents dans les deux églises superposées).

Pesée des âmes dont la réalisation a dû intervenir au début du XIIe siècle. Les fléaux de la balance sont des paniers en vannerie fort curieux dans ce genre de sculpture… La scène représente l’archange saint Michel pesant l’âme d’un juste : le panier du Bien est plus lourd que le panier du Mal. C’est pourquoi le démon appuie avec son bâton sur le panier du Mal situé de son côté… Sur la partie droite de la sculpture, un damné (ou une damnée) se tient derrière lui tandis que, sur la partie gauche, un juste attend près d’un ange (commentaire sur la Pesée des âmes et nombreuses photos sur le site Patrimoine Histoire).

SaintSE28XV° siècle. La flèche, pur produit du gothique flamboyant, construite grâce à une donation du roi Louis XI. Œuvre de l’architecte Jean Lebas (Source Wikipédia).

Pour aller plus loin. Inventaire du patrimoine de la région : bonne description. Églises en Charente-Maritime.

Poster un commentaire

Classé dans A. Art médiéval, A. Histoire médiévale

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s