Le FN, la Région et le SUP

Chronique du 25 août 2015 : NOTRe, une loi boursouflée. « La loi n°2015-991 du 7 août 2015 portant Nouvelle Organisation Territoriale de la République (loi NOTRE)) était censée renforcer le rôle des régions. Elle tente de le faire au prix de boursouflures. Ainsi, le chapitre unique de la loi ne mentionne pas moins de trois schémas régionaux : schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation, schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, schéma régional de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. L’enseignement supérieur et la recherche devraient être associés à l’élaboration de ces trois schémas : dans les nouvelles grandes régions issues des fusions, les coûts de coordination vont exploser« .

La responsabilité financière des Régions en matière d’enseignement supérieur et de recherche est loin d’être négligeable. Elles financent les lycées et donc les classes supérieures de ceux-ci (sections de techniciens supérieurs, classes préparatoires aux grand écoles). Elles ont en charge la formation tout au long de la vie et l’alternance (cette dernière est en continuelle progression dans le SUP). Elles participent aux investissements immobiliers (Opérations Campus) et à la recherche par le biais des contrats de programmes État-Régions (chronique : L’argent du CPER en PACA).

La progression du Front National, observée dans les élections régionales en cours, n’est évidemment pas due à ses positions sur l’enseignement supérieur et la recherche.

D’ailleurs en a-t-il ? La première référence, qui apparaît quand on interroge un moteur de recherche : FN + Enseignement supérieur, est celle-ci : Vers une politique dynamique de l’enseignement supérieur (le texte est vraisemblablement ancien : il n’est pas daté, mentionne la LRU et non la loi ESR).

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Un texte plus récent. Allocution d’Alain Avello, président du Collectif Racine et candidat FN aux élections régionales en Pays de la Loire. Colloque sur l’éducation, la famille et la culture, Le Mans, 27 novembre 2015.

Extraits du texte. « De ce point de vue, l’attribution automatique de bourses pour les étudiants étrangers se situe aux antipodes de la reconnaissance du mérite, outre qu’elle constitue un cas d’école de « préférence étrangère » : en Pays de la Loire, 15% des étudiants sont de nationalité étrangère, soit environ 9000 étudiants, et ils se voient octroyer une bourse de 7000 euros… Quel mépris pour les étudiants français et leurs familles appartenant à la classe moyenne, qui ne peuvent, pour leur part, bénéficier de ce type d’aides, et doivent dans la majorité des cas travailler pour financer leurs études, ce qui concerne environ la moitié des étudiants ! Ainsi, nous nous prononçons clairement pour que soit revu en profondeur le système d’attribution des bourses d’études : il faut que le recrutement des étudiants étrangers soit conditionné à leur niveau de maîtrise de la langue française, ce qui par ailleurs limiterait leur taux d’échec, supérieur à celui des étudiants français, et que les droits d’inscription s’appliquant à ces étudiants soit, comme au Royaume Uni, augmenté de façon significative ; il faut surtout que soient instaurées des bourses régionales au mérite pour les néo-bacheliers qu’ils s’orientent vers des études supérieures courtes ou longues ; il faut enfin mettre en place un dispositif raisonné et efficace d’orientation, ce qui dépend de la Région depuis l’année dernière, qui promeuvent les filières courtes, ce qui diminuerait le taux d’échec et les coûts pour la collectivité.

L’égalité exige par ailleurs des enseignements et des formations de proximité. Si l’enseignement supérieur ne relève pas des compétences obligatoires de la Région, celle-ci investit de façon croissante, depuis plusieurs années maintenant, dans des opérations de restructuration et de construction d’établissements, universitaires surtout. Or, au titre du principe d’égalité, il nous paraît nécessaire de favoriser l’implantation des enseignements universitaires les plus généralistes, dans les villes de taille moyenne, au niveau de la licence, tout du moins. Cela limiterait les coûts, souvent importants, pour les familles et faciliterait les réorientations qui sont nombreuses (rappelons qu’un étudiant sur deux n’obtient pas sa Licence 1 dans la filière initialement choisie).

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Classé dans C. Pays de Loire

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