Tristan Tzara, 30 ans en 1926

Tristan Tzara (1896-1963), poète, écrivain d’art, collectionneur. Exposition L’Homme approximatif au MAMCS (Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, jusqu’au 17 janvier 2016). Suite des chroniques Qu’ont-elles/ils fait avant 30 ans ?

Exposition : album de 30 photos. Citations de l’article de Wikipédia pour les années 1896-1919, de la biographie d’Henri Behar pour les années 1921 à 1931.

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1896. Naissance à Moinesti (Roumanie) de Samuel Rosenstock. Sa famille fait partie des 800.000 personnes juives recensées à qui le code civil en vigueur à l’époque refuse la citoyenneté roumaine. Élevé dans une certaine aisance matérielle grâce à son père qui est cadre dans une société d’exploitation pétrolière, Samuel connaît une enfance et une adolescence sans histoires. Il suit un cours sur la culture française dans un institut privé, s’éveille à la littérature au lycée Saint-Sava et s’inscrit en section scientifique pour le certificat de fin d’études au lycée Mihai-Viteazul. C’est un bon élève et ses professeurs notent son ouverture d’esprit et sa curiosité intellectuelle infatigable.

1912 (16 ans). Avec son camarade de lycée Marcel Janco, Samuel crée sa première revue, Simbolul, qui transpose en roumain les acquis du symbolisme, notamment de Maeterlinck, Laforgue et Verhaeren2. Il s’imagine en « ange noir du symbolisme triomphant ». Il y publie l’un de ses premiers poèmes, Sur la rivière de la vie.

1914 (18 ans). Ayant obtenu son certificat de fin d’études, Tzara s’inscrit à l‘université de Bucarest en mathématiques et philosophie. Son ami Janco s’inscrit en polytechnique.

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1915 (19 ans). Il adopte le pseudonyme de Tristan Tzara : Tristan en référence au héros de l’opéra de Richard Wagner, Tristan et Isolde, et Tzara parce que cela se prononce comme le mot roumain țara qui signifie terre ou pays.

Départ pour Zurich (Suisse) L’atmosphère provinciale de Bucarest ennuie Tzara qui rêve de partir. Contre l’avis de son père, mais encouragé par Janco qui le presse de le rejoindre à Zurich, il quitte la Roumanie pour la Suisse, pays neutre accueillant la jeunesse d’Europe refusant la guerre. Il s’inscrit à l’université en classe de philosophie. Mais l’ennui le gagne à nouveau.

Le peintre Francis Picabia vient en Suisse pour soigner une dépression nerveuse: Tzara et lui se lient d’amitié et entrent également en correspondance. Ci-dessous : Tzara par Picabia (1918).

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1916 (20 ans). Le 5 février, Ball, Hennings, Richard Huelsenbeck, Tzara et les peintres Jean Arp, Janco et Sophie Taeuber inaugurent le Cabaret Voltaire et transforment l’endroit en café littéraire et artistique dont les murs sont couverts de tableaux créant une ambiance à la fois intime et oppressante. Le succès est immédiat.

Tzara participe à la naissance du mot Dada et a été le plus actif propagandiste du mouvement. La légende veut que Tzara et Huelsenbeck aient glissé un papier au hasard dans un dictionnaire Larousse, qui serait tombé sur le mot Dada, donc choisi comme nom du mouvement. Il a écrit lui-même les premiers textes Dada : La Première Aventure céleste de Mr Antipyrine. Archives INA, L’Europe des cultures : Tzara parle du mouvement Dada (diffusion en septembre 1963).

1918 (22 ans). Vingt-cinq poèmes.

1920, janvier (24 ans). Tzara débarque inopinément à Paris, dans l’appartement de Picabia… Il rencontre Breton, Aragon, Éluard et Soupault et participe activement aux manifestations tapageuses et provocatrices qu’ils organisent.

1921 (25 ans). Des tensions se dessinent entre Tzara et Breton.

P14103551923, juillet (27 ans). La soirée du Cœur à Barbe organisée par Tzara est violemment perturbée par les Surréalistes (Breton, Aragon, Éluard et Péret). C’est « l’agonie des amitiés » dira Philippe Soupault.

1924 (28 ans). Sept manifestes Dada, recueil de manifestes lus ou écrits entre 1916 et 1924. Tzara marque son refus du surréalisme face à la publication du Manifeste du surréalisme par André Breton.

1924-1929. Le repli : urant cinq années, Tzara se tient en retrait de l’agitation qu’il a connue.

1925 (29 ans). Mariage avec Greta Knutson, artiste et poète suédoise.

1926 (30 ans). Il fait construire par l’architecte autrichien Adolf Loos une maison au n°15 de l’avenue Junot (Paris). L’auteur de Ornement et Crime conçoit une maison aux lignes épurées où Tzara installe ses collections (l’art de son temps mais aussi des objets venus d’Afrique, d’Océanie ou de Méso-Amérique – collection commencée dès 1916) ainsi que son abondante bibliothèque.

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1929-1935 (33 à 39 ans). En décembre 1929, Tzara renoue avec André Breton et le groupe surréaliste.

1931 (35 ans). L’Homme approximatif. Vidéo YouTube (6’46) : premier poème du recueil dit sur un montage d’images tirées du film de Dziga Vertov « L’homme à la caméra » (1929).

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Classé dans F. 19ème et 20ème siècles

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