Sélestat, abbatiale Sainte-Foy

Profiter du beau temps de cette fin d’année pour visiter quelques églises de la route romane d’Alsace. Sainte-Foy de Sélestat : extérieur (42 photos), intérieur (28 photos). Cliquer sur les photos pour les agrandir.

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Source : CRDP Strasbourg. Le plan général. L’église actuelle n’est pas celle qui fut érigée en 1095 sur ordre d’Hildegarde. Elle fut construite entre 1150 et 1200 sur l’ancienne chapelle primitive transformée en crypte : elle est de plan basilical avec nef à trois travées doubles, collatéraux à six travées, transept peu saillant à trois travées s’ouvrant à l’est sur le chœur flanqué de deux chapelles. La nef est précédée d’un porche à deux tours, et sur la croisée s’élève une puissante tour octogonale coiffée d’une flèche de pierre.

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La nef centrale. Elle compte trois travées doubles de plan carré voûtées d’ogives, auxquelles correspondent les six travées barlongues voûtées d’arêtes des bas-côtés. Surmontant le porche, la tribune est couverte en berceau. L’élévation se compose des grandes arcades et des fenêtres hautes. Il y a alternance des supports selon l’usage rhénan. Le fait nouveau est la forme donnée aux supports : massif carré flanqué de quatre demi-colonnes pour les piliers principaux et faisceau de quatre demi-colonnes pour les piliers intermédiaires. Les piliers principaux supportent toute la voûte alors que les piliers intermédiaires ne jouent aucun rôle dans la structure des voûtes : leur utilité serait plutôt de raidir les murs comme dans certaines églises de France (contreforts intérieurs).

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Source : Alsace, visite guidée. Malgré la relative modestie de ses proportions, Sainte-Foy étonne par son allure grandiose, surtout lorsqu’on l’approche par sa façade occidentale. Le dispositif à deux tours de façade et une tour de croisée rappelle la manière bourguignonne. Il faut cependant savoir que l’aspect actuel de l’édifice résulte d’importants remaniements opérés entre 1888 et 1895. L’architecte allemand Winkler poursuivait alors un double objectif : celui – louable – de rendre à l’église sa primitive harmonie romane et celui – contestable -d’en faire un monument de pur style germanique. C’est ainsi que furent rectifiées dans le sens de la symétrie les deux tours occidentales qu’au XVIIème siècle les Jésuites, nouveaux occupants du couvent, s’étaient permis de violemment modifier. On peut évidemment critiquer le parti ayant consisté à coiffer ces tours de flèches rhomboïdales (polyèdres losangés) puisque cette esthétique n’était pas d’usage dans l’Alsace médiévale.

Surprenant est aussi le choix de ce pignon néo-roman pour relier les deux tours, pignon dont le grès très « neuf » jure avec le gris-argent du granite et le rose-saumon du grès ancien.

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Le chevet, parfaitement équilibré, dominé par l’extraordinaire tour de croisée – une des plus belles réussites de l’art roman alsacien – constitue la partie la plus ancienne de l’édifice. Avec sa double rangée d’arcades richement décorées (aveugles au niveau inférieur), cette tour peut faire penser à une tiare pontificale.

P1380671Pour aller plus loin : chroniques du blog sur l’Art médiéval.

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