2471000 : mauvaise nouvelle !

2,471 millions d’étudiants en 2014-2015. Diane Marlat, Les effectifs d’étudiants dans le supérieur en 2014-2015, en forte progression, notamment à l’université, Note d’information, N°15.08, décembre 2015. Cliquer sur les différents tableaux pour les agrandir.

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Le titre de la Note insiste sur la progression du nombre d’étudiants à l’université (+2,1% en un an). Il masque une stabilité des effectifs en IUT (116.000 étudiants), en STS (255.000 étudiants), en CPGE (84.000), en écoles de commerce, gestion et comptabilités (134.000), en écoles paramédicales et sociales (135.000).

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Certains se satisferont de cette évolution : l’université est non sélective ; elle en devient plus attractive ! D’autres, dont je suis, observeront que ces filières sélectives sont plus efficaces (meilleur taux de succès eu égard à celui de la licence), et ce parce qu’elles mobilisent une dépense supérieure par étudiant. L’État et les collectivités territoriales se désengagent donc des filières les plus coûteuses et ne le crient pas sur les toits. Le rapport STRANES n’avait pas prévu cette dissymétrie ; il faut l’enterrer.

La progression des effectifs étudiants, observée à la rentrée 2014 et centrée essentiellement sur les universités, est une mauvaise nouvelle. Mauvaise nouvelle car une hausse semblable à celle de 2014 a été observée à la rentrée 2015. Mauvaise nouvelle car les universités n’ont pas obtenu de budget supplémentaire en 2015 et 2016 pour faire face à cette progression.

La part des filles dans les différentes formations d’enseignement supérieur a progressé de 2000 à 2014. Elle est très variable d’une filière à l’autre ; elle est supérieure à 80% dans les écoles paramédicales et sociales ; elle a progressé dans les écoles d’ingénieurs, mais elle est encore à peine supérieure à 25%.

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L’origine sociale des étudiants français varie d’une filière à l’autre. Elle est la plus élevée (cadres et professions intellectuelles supérieures) dans les écoles normales supérieures et dans les CPGE. Elle est la plus populaire (ouvriers et employés) dans les STS et les Écoles paramédicales et sociales. Il faut manier prudemment ces données : elles résultent du déclaratif des étudiants au moment de leur inscription (le nombre de non-répondants à la question augmente avec la progression dans les études) ; elles sont par ailleurs polluées par l’existence de la catégorie de retraités et d’inactifs (pourquoi ceux-ci sont-ils nombreux parmi les parents des étudiants de STS et peu nombreux parmi les parents des étudiants des écoles paramédicales et sociales ?).

P1420029Ces données de composition de la population étudiante ne permettent pas de mesurer la démocratisation de l’accès à et du succès dans l’enseignement supérieur. Une autre mesure devrait être utilisée et se baser sur les études de mobilité sociale : quelle est la probabilité pour un fils d’ouvrier ou pour un fils de cadre d’accéder à l’enseignement supérieur et d’y obtenir tel ou tel niveau de diplôme ?

Les étudiants étrangers représentent 12,1% de la population étudiante. Ils sont peu nombreux dans les formations sélectives de 1er cycle (DUT, BTS, Écoles paramédicales et sociales, CPGE). Ils sont les plus nombreux dans l’université (en santé, en doctorat) et dans les écoles de commerce. La question des droits d’inscription demandés aux étudiants étrangers pour les études en master et en doctorat demeure posée.

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6 Commentaires

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6 réponses à “2471000 : mauvaise nouvelle !

  1. Marianne

    C’est effectivement une très mauvaise nouvelle. Dans mon université (grosse fac de science de province) nous avons eu +20% d’entrée en L1 dans nos filières scientifiques deux années de suite. Les TD sont donc blindés et faute de nouveaux recrutements en vue les collègues sont obligés de faire un barrage de plus en plus fort à l’entrée en L2 pour que les effectifs n’explosent pas afin que la situation reste un tantinet gérable.
    Bien sûr compliqué de faire de « l’innovation pédagogique » comme cela nous est préconisé dans ces conditions….
    Je souscris entièrement à cette phrase
    « L’État et les collectivités territoriales se désengagent donc des filières les plus coûteuses et ne le crient pas sur les toits »
    C’est à mon avis la clé de toutes les réformes en cours (COMUE et autres). L’état largue les amarres et nous demande de nous débrouiller en allant chercher de l’argent ailleurs : formation continue, contrats….et ne met plus des billes que dans quelques filières bien choisies (CPGE par exemple)
    Il n’y a plus de stratégie pour l’ESR : l’état met juste discrètement la clé sous la porte…..

  2. Marianne

    Et la situation est la même lorsque je discute avec d’autres collègues dans d’autres grosses universités de province. Ce n’est donc pas spécifique à notre établissement (je n’ai pas de chiffres globaux malheureusement à donner pour appuyer ce que je dis, c’est juste de l’ordre du ressenti)

  3. Martinville

    Super le chômage des jeunes va baisser, et Flamby aura gagné son pari et sa priorité… Université = voie de garage !

  4. Olivier

    C’est le problème de la gratuité des études (avec un financement public tout à fait opaque et non réactif). L’université en France est l’un des seuls domaines où être très attractif rapporte essentiellement des problèmes, puisque vous avez des coûts supplémentaires et quasiment aucun revenu en retour.

  5. Samuel BLIMAN

    Dans ce beau pays, il importe de retenir que: les filières sélectives, lorsque sous une pression « douce » acceptent d’admettre des effectifs plus importants le font à « vitesse calculée » et sous conditions d’accroissement des effectifs enseignants et des budgets. et cela est tenu pour « normal » puisque depuis beau temps, les sortants de ces filières seront les « féaux » du système monarchique républicain sous lequel nous vivons.
    Les autres , admis es universités, hormis ceux des candidats qui ont un projet, seront évidemment sélectionnés par l’échec . Ces derniers constituent un « réservoir de chômeurs ». Ceux qui réussissent un parcours au moins en licence auront le choix d’aller travailler-mais nous ne sommes pas en Grande-Bretagne où le Bachelor est effectivement tenu pour professionnalisant- ou de poursuivre en master…. mais pour quoi en faire?
    Parallèlement à cela, les E.S.R. deviennent de plus en plus des E.S. contraint à laisser tomber la recherche.. Et bien évidemment on leur reprochera leur faible niveau de R.
    Tout cela ne peut que s’aggraver avec une augmentation aberrante du nombre des entrants en université.Dans la période des années 60-70, on tenait que « small is beautiful » mais pour arranger le tableau on accroit la taille et les effectifs rendant le tout ingouvernable et on s’en fiche, on est en période pré-électorale.
    Penser que études payantes permettrait de résoudre le problème de l’admission? la contrepartie serait, en l’état de crise actuel une aggravation du nombre des chômeurs.

  6. alain quemin

    Et oui, toujours plus de jeunes qui font des études de plus en plus longues sans que l’on sache toujours si cela leur donnera un emploi en lien avec leur niveau de diplôme et / ou avec sa spécialisation, cela fait toujours des inscrits en moins à Pôle Emploi…. Idem pour la généralisation du service civique qui nous est annoncée. Ou comment te traitement statistique du chômage des jeunes se substitue à des mesures réellement efficaces pour lutter contre ce fléau. On prend vraiment les Français (et les électeurs en particulier) pour des neuneus…

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