Suivi de carrière : pétition ?

Pour que le suivi de carrière des enseignants-chercheurs par le CNU ne soit pas mis en œuvre : pétition lancée le 31 janvier 2016 et signée à ce jour par près de 2.500 personnes. Il y a 55.000 enseignants-chercheurs (professeurs et maîtres de conférences) dans l’enseignement supérieur : combien vont signer la pétition ? Plus de 10.000 ? 10.000, seuil de visibilité et de crédibilité ?

Rappels. 9 février 2015. Article 18-1 du décret du 2 septembre 2014, circulaire du 28 octobre 2014. Le rapport d’activité mentionné à l’article 7-1 sert de base au suivi de carrière de l’enseignant-chercheur, réalisé par la section dont il relève au sein des instances mentionnées au même article. Le suivi de carrière est réalisé cinq ans après la première nomination dans un corps d’enseignant-chercheur ou après un changement de corps, puis tous les cinq ans. Toutefois, un enseignant-chercheur peut demander un suivi de carrière à tout moment, dans le respect de la procédure prévue au présent article. Le suivi de carrière prend en compte l’ensemble des activités de l’enseignant-chercheur. Les établissements prennent en considération ce suivi de carrière en matière d’accompagnement professionnel. Plusieurs sections du Conseil National des universités (CNU) ont voté des motions refusant ce suivi des carrières.

23 novembre 2015. La CP-CNU n’appelle pas à un boycott du suivi de carrière.

p1400775

31 janvier 2016. Pétition. Pour que le « suivi de carrière » ne soit pas mis en œuvre.

Nous, signataires de ce texte, alertons nos collègues universitaires sur l’imminence de la mise en place du suivi de carrière par le Ministère. Cette nouvelle forme d’évaluation devient une mission du Conseil National des Universités (CNU). L’application Internet ALYA est déjà prévue à cet effet et les dossiers doivent être déposés sur la plateforme Galaxie dès le 25 mars prochain par tous les enseignants-chercheurs des établissements appartenant à la vague B. Si nous ne la refusons pas massivement, cette évaluation se fera.

Nous, signataires de ce texte, observons que les enseignants-chercheurs sont déjà régulièrement évalués, que ce soit au niveau de leur carrière (demande de qualification, de promotion, de congés, de prime, de recrutement, de mutation) et de leur production scientifique (réponses à appels à projet, soumission d’articles, d’ouvrages, etc.).

Au mieux, ce suivi de carrière ne servira à rien et représentera une perte de temps considérable pour tous.

Au pire, dans le contexte actuel de pénurie budgétaire et de gel des postes, ce suivi de carrière constituera un outil de gestion que les présidents d’université seront conduits à utiliser pour combler les déficits en alourdissant les services obligatoires d’enseignement. Cette mesure réduira le temps consacré à la recherche scientifique.

Nous demandons au Ministère d’abandonner toute mesure d’évaluation récurrente et obligatoire des enseignants-chercheurs, comme figurant dans le décret n° 2014-997 du 2 septembre 2014.

A défaut, nous demandons aux membres du CNU de ne pas mettre en œuvre le suivi de carrière, qui nuira gravement à la science et à l’enseignement supérieur.

Texte soutenu par l’ASES (Association des Sociologues Enseignant(e)s du Supérieur).

Motion de la 64e section du CNU biochimie et biologie moléculaire, votée lundi 1 février (62 pour et 1 abstention). Les membres de la 64ème section du CNU, réunis en assemblée générale le 1er février 2016 expriment leur stupéfaction de voir figurer au nombre de leurs missions le suivi de carrière des enseignants-chercheurs, dès mars 2016. Les finalités de cette procédure ne sont toujours pas définies, entre autres l’utilisation par les établissements des recommandations émises par le CNU et ce, dans un contexte budgétaire extrêmement contraint. La 64ème section réaffirme son opposition à cette nouvelle procédure récurrente et obligatoire du suivi de carrière, telle que proposée actuellement. Néanmoins, la 64ème section pourrait jouer pleinement son rôle de conseil et d’accompagnement auprès des enseignants-chercheurs qui la solliciteraient volontairement et ce, dans le cadre d’une nouvelle procédure élaborée en réelle concertation avec le CNU.

1 commentaire

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Une réponse à “Suivi de carrière : pétition ?

  1. Martinville

    Tel que c’est actuellement prévu, le suivi des carrière est une ânerie née dans les cerveaux des bureaucrates destructeurs de l’Université. On arrête pas d’être pistés, localement, lors des avancements, avec l’AERES. Par contre, si un jour ce suivi doit être mis en place, c’est bien au CNU qu’il faut le confier, lui seul a la légitimité : il sait évaluer, il est issu des pairs, élus par eux et non nommés par le fait du prince et des réseaux obscur des apparatchiks du ministère. Il est d’ailleurs étrange de voir que la gauche n’aime plus l’élection et les instances élues… parce qu’elle ne les maîtrise pas certainement…

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