Blanchard : après moi, le déluge !

Gérard Blanchard doit démissionner en urgence de la vice-présidence de la CPU: il est en effet le plus mauvais élève de la classe des présidents d’université. Lire les chroniques du 21 novembre 2015 (Blanchard, candidat aux régionales) et du 4 décembre 2015 (Blanchard doit démissionner).

Avant de démissionner de la présidence de l’université de La Rochelle parce qu’il a accepté d’être vice-président de l’assemblée régionale Aquitaine en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, il a fait voter un budget 2016 équilibré, mais insincère. Après moi, le déluge !

Communiqué des élus des syndicats de la FSU dans les conseils de l’Université de La Rochelle.

Gérard Blanchard, président de l’Université de La Rochelle (ULR), élu conseiller régional en décembre dernier, est devenu depuis vice-président de l’assemblée régionale en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche. Après une période d’incertitude quant à son avenir à l’ULR, il a, pour des raisons déontologiques, finalement annoncé sa démission de la présidence de notre université, tout en demeurant, pour l’instant, vice-président de la Conférence des Présidents d’Université. Mais avant de prendre sa décision, il a tenu à faire voter par son Conseil d’Administration un budget 2016 à l’équilibre alors que, de son propre aveu, la subvention de fonctionnement de l’État était insuffisante. Le 14 décembre 2015 le vote a eu lieu malgré tout et le budget initial a été adopté par 18 voix contre 5, à la satisfaction des autorités de tutelle, malgré les mesures d’économie qui l’accompagnaient et dont le détail figure ci-dessous (chronique à suivre).

Ces mesures d’économie visent à réduire la masse salariale, par exemple, en suspendant la campagne d’emplois à la rentrée, qui avait pourtant été votée le 23 novembre, et en imposant aux enseignants chercheurs la transformation de leurs heures de cours en heures de travaux dirigés (TD) pour les cours dispensés devant un nombre d’étudiants inférieur à 40. Ce procédé permet de réduire de façon artificielle le nombre d’heures de l’enseignant sans diminuer le nombre d’heures effectuées, mais en attaquant la rémunération et l’offre de formation.

L’équipe présidentielle a depuis engagé des discussions avec les directeurs de composantes pour proposer des mesures alternatives mais dont les conséquences seront tout aussi désastreuses pour les personnels et les étudiants. Il ne revient pas aux enseignants et aux enseignants-chercheurs d’assumer la responsabilité d’une dégradation de leurs conditions d’enseignement ou d’une réduction de l’offre des formations qui incombe en premier lieu à l’État.

Cette opération comptable, nouvelle illustration des conséquences de l’autonomie des universités sans moyens, va réduire les maquettes d’enseignement et alourdir les tâches d’enseignement des enseignants et enseignants chercheurs au détriment de la recherche et ce d’autant plus qu’elle intervient alors que nos effectifs continuent de croître. Elle envoie, en outre, un message assez négatif au moment où notre université ouvre ses portes aux futurs bacheliers. Enfin, ces mesures vont empêcher la création d’emplois et accroître la précarité au sein de notre établissement. Par ailleurs elles aggraveront les disparités entre les enseignants du supérieur, et confirment la mise en place d’un enseignement supérieur à deux vitesses avec des universités riches, et d’autres qui le sont moins !

Ajoutons que les discussions budgétaires se poursuivent alors que commence la campagne électorale pour le renouvellement des conseils centraux à l’ULR, avec deux des candidats en lice issus de l’équipe sortante. Il est à craindre que la politique d’austérité engagée aujourd’hui ne soit donc pas remise en question. L’équipe présidentielle ne peut se contenter d’appeler chacun à ses responsabilités quand l’État n’assume pas les siennes en ne nous fournissant pas les moyens d’assurer nos missions de service public. Il fallait effectivement prendre la responsabilité de refuser de voter le budget faute de subvention suffisante.

Des efforts ont déjà été consentis par les collègues, on ne peut leur demander à nouveau aujourd’hui d’arbitrer entre différentes hypothèses de restriction, d’autant moins que les mêmes causes produisant les mêmes effets, cette situation risque de se reproduire l’année prochaine.

Les décisions votées le 14 décembre (extrait du RAA du 18 décembre) : chronique à suivre.

1 commentaire

Classé dans C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes)

Une réponse à “Blanchard : après moi, le déluge !

  1. john

    On peut toujours s’indigner sur les différentes mesures d’économie telles qu’elles sont présentées mais la réalité est là : la France qui s’appauvrit n’a plus les moyens d’avoir un enseignement supérieur tel qu’il était il y a encore 10 ans…
    Alors quelles alternatives ?….
    – faire payer aux utilisateurs (étudiants) l’usage de cet enseignement supérieur (mais augmenter néanmoins le nombre de bourses) ?… On y vient doucement…
    – présenter un budget systématiquement en déficit et être mis sous la tutelle du recteur (qui lui ne se privera pas de faire des coupes budgétaires à l’emporte-pièce) ?… Est-ce mieux ?… D’un point de vue moral certainement car nous n’avons pas à assumer ces mesures difficiles à prendre mais dans le même temps doit-on laisser d’autres personnes décider des économies à notre place ?…
    – se mettre en grève ?… cela fera plaisir aux étudiants (au moins dans un premier temps) et ça ne gênera pas grand monde avant un certain temps…

    Il faut surtout tout faire pour que notre pays redevienne prospère (quitte à faire maintenant quelques sacrifices) et puisse avoir de nouveau les moyens de ses ambitions…
    Pensons quand même à ces générations de politiques (droite et gauche) qui nous endettés depuis 35 ans et qui nous permettent ainsi de débourser annuellement plus de 250 milliards d’euros d’intérêt !… Avec seulement 5% de cette somme, nous pourrions faire beaucoup de choses pour améliorer l’enseignement supérieur…

    Un enseignant-chercheur qui n’est pas encore persuadé que le pire est à venir…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s