Reims. Sévère défaite du sortant

2012. Gilles Baillat, président de l’université Reims Champagne-Ardenne, avait battu le président sortant Richard Vistelle, à la tête d’une liste soutenue par le SNESUP (entretien du 26 mars 2012) et avait été élu, au final, grâce aux voix des 4 élus d’Intercampus (FAGE). Guillaume Gellé était alors vice-président du CEVU, dans l’équipe défaite.

2016. Guillaume Gellé tient -ce qu’il faut bien appeler- sa revanche. Après les élections du 8 mars (PV des résultats pour le Conseil d’administration), il a des chances d’être élu président de l’université. Les listes qui soutenaient sa candidature – Ensemble pour l’URCA – l’ont en effet emporté dans les trois collèges des personnels : quatre sièges sur huit dans le collège A des professeurs, quatre sur huit dans le collège B (autres enseignants), un siège sur six dans le collège des BIATSS.

Un total de neuf sièges pour Guillaume Gellé sur… 28 élus. Les autres listes ont – par définition – moins d’élus : 2 seulement pour la liste Gilles Baillat, qui n’arrive qu’en 3ème position, après Qualité Recherche Formation.

Dans le collège des usagers, Intercampus est arrivé en tête, obtenant 3 sièges, un de moins qu’en 2012. Les élus d’Intercampus ont voté Richard Vistelle en 2007, Gilles Baillat en 2012. Voteront-ils Guillaume Gellé en 2016 ?

Et que voteront les huit personnalités extérieures ? Ce qui est sûr : elles ne peuvent sauver le président sortant ; à elles seules, elle ne peuvent faire gagner Guillaume Gellé.

Une situation de blocage n’est pas impossible lors du Conseil d’administration qui élira le président. Guillaume Gellé devra aller à la chasse aux voix, une par une. Quelle tristesse ! S’il ne parvenait pas à réunir les 10 voix qui lui manquent pour atteindre une majorité absolue d’administrateurs votant pour lui, il faudrait que le recteur nomme un administrateur provisoire. Une honte absolue !

L’université de Reims Champagne-Ardenne sort affaiblie de ce scrutin. La pléthore de listes (quatre dans chacun des collèges enseignants, sept dans le collège des BIATSS, six dans le collège des usagers) a entraîné la dispersion des voix.

En dépit d’une bon taux de participation aux élections (83,1% dans le collège des professeurs, 75,1% dans le collège des autres enseignants, 75,4% dans le collège des BIATSS), Guillaume Gellé n’a réussi à mobiliser qu’une minorité des suffrages exprimés (respectivement dans les 3 collèges : 39,5%, 36,7%, 24,7%) et une minorité des inscrits (32,8%, 27,2%, 17,7%).

Gilles Baillat, arrivé en 3ème position, fait un score bien plus faible encore. Comment expliquer une défaite aussi cuisante ? La première d’une telle importance dans cette campagne présidentielle 2016. Sans doute, les dérapages de la campagne ont joué.

Mais il faut surtout invoquer les causes de longue durée, les serpents de mer qui hantent l’université, ses échecs depuis des lustres : échec au plan campus, échec au PIA (ni IDEX ni I Site), faible soutien des collectivités territoriales (et donc impossibilité de centraliser tous les campus à Croix rouge), échec des regroupements (PRES avec l’université de Picardie, puis COMUE avec l’Université de Technologie de Troyes), auquel s’est ajoutée dans la période récente une crise financière d’importance.

Difficile de trouver aujourd’hui des points forts à l’URCA. Pourtant, c’est une université que j’aime, ayant vécu trois années à Reims, entre 2006 et 2009.

Que faire ?

13 Commentaires

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13 réponses à “Reims. Sévère défaite du sortant

  1. nieddu

    Cher Pierre,

    J’ai toujours apprécié vos commentaires sportifs –inexactitudes comprises, mais que l’on peut attribuer au grand enthousiasme dont vous faire preuve dans votre volonté de défendre l’Université.

    Mais là, quel mépris et quelles méprises…

    Que les universités soient dans des processus complexes à chacune de leurs élections particulièrement depuis la LRU, ce n’est ni nouveau, ni spécifique à Reims, mais je suppose que çà ce n’est pas vendeur.
    Et là, le processus n’est pas terminé, vous pourriez attendre.

    Apparemment tout ce qui vous intéresse, mais cela ne me surprend pas, c’est le match des présidentiables. Avez-vous à ce point intégré ce monarchisme bien français que la LRU a si bien reproduit, que vous n’avez plus que çà à regarder ? Ne pourriez-vous pas lire la profession de foi de la liste soutenue par le SNEsup ? ou son blog auservicedelurca.fr ? Reste d’une rancœur vis-à-vis de vos anciens collègues appartenant à cette organisation ?

    Vous dénoncez l’absence de soutien des collectivités locales. Bien sûr, j’aurais préféré que l’argent donné à sciences po ou à d’autres grands de ce monde aille à ceux qui en ont besoin, et que l’ancien site de l’université dans lequel Sciences po a été installé nous soit rendu. Mais nous avons avec nos collectivités Région, municipalités (toutes couleurs politiques confondues) un ensemble de dispositifs de soutien à des programmes de recherche courts ou longs, qui forment une stratégie cohérente de soutien ; elle compte probablement parmi les dispositifs les mieux nourris en France dans un contexte contraint ; on espère d’ailleurs que la grande région aura à cœur de les préserver et de les amplifier…

    Vous avez du mal à voir les forces de l’URCA. Ah ! Enfin, le bon petit « URCA bashing » qui fait avancer le schmilblic. Voilà qui va nous aider à faire l’état lucide de nos forces et de nos faiblesses (il y en a, mais je ne vois pas en quoi votre commisération méprisante nous aide). Bien sûr, que nous nous sommes plantés sur le I-Site. Et alors ? D’autres que nous et des plus gros aussi, au point que même un président de la république s’émeut des procédures de sélection (voir dépêche AEF sur Hollande et les I-site). Fallait-il ne rien faire ? Avons-nous fait ce travail si bêtement que nous n’avons rien appris, ni rien laissé, en travaillant ensemble entre nous, et avec d’autres, notamment transfrontaliers ?

    Le problème budgétaire ! Oui, il a pesé clairement sur l’élection car c’est difficile de gagner une élection quand le recteur refuse votre budget et qu’il n’a toujours pas été adopté à ce jour (voir notre blog) ; mais que je sache, l’équipe de direction ne s’est pas contentée de vider les réserves de champagne, mais a dépensé au service d’une stratégie. Et quand, à l’audience syndicale consécutive à l’action de l’ensemble des organisations de personnels et d’étudiants, la rectrice nous dit que sans modification des arbitrages en faveur de l’Enseignement Supérieur, toutes les Universités vont dans le mur, je ne vois pas en quoi notre cas est spécifique…

    Difficile de voir les forces de l’URCA ? Venez voir ! Et si vous ne pouvez pas vous déplacer écoutez France culture, ou lisez la vie des idées. Nous sommes nuls, mais on nous demande de servir d’experts dans des initiatives d’excellence (et oui)… voire même de travailler à l’HCERES…. Nous n’avons pas ou peu d’UMR, mais nous sommes sollicités pour animer des écoles-chercheurs INRA ou CNRS.
    Oui, le bassin de vie de l’URCA est essentiellement une agglomération de 200 000 habitants, et on est plus petits que Strasbourg (qui a un tissu d’emplois quaternaires autrement développé pour soutenir des débouchés pour ses étudiants avec ses 760 000 habitants), ou le bloc Metz Nancy (800 000). Certes, et alors ? on va transporter leurs habitants et leurs entreprises en Champagne ?

    Revoilà le commentateur sportif qui distribue les (mauvais points) ; certes il y faut tenir le lecteur en haleine, et les bons vieux marronniers fonctionnent bien dans ce cas. Mais en quoi nous aidez vous de vos analyses pour qu’on puisse travailler sur nos forces et nos faiblesses ? Juste en nous disant qu’on est nul ?

    Martino Nieddu

      • nieddu

        je crois que tous mes collègues rémois connaissent la réponse ! et que mon texte est clair sur ce point.
        Excusez moi d’être un peu vif, mais je trouve que le travail fait à l’URCA et par l’URCA sur son territoire et ailleurs est un peu trop souvent méprisé. Dans un contexte de recherche où on nous vend la soupe des grosses machines hyperspécialisées, je trouve qu’on n’a pas à rougir de notre boulot de petits paysans pluriactifs à la fois en recherche et en formation, ni à plier l’échine !
        Et il y a une chose dont je suis sur : c’est que si ce n’est pas nous qui faisons ce travail, personne ne le fera sur notre territoire.

  2. nieddu

    suite : voir
    Les liens ci-dessous permettent d’accéder à quelques éléments de bilans d’activités par thématiques, de nos élus de 2012, syndiqués ou non syndiqués, notamment les collègues en responsabilité.

    Recherche
    Ressources humaines
    Relations internationales (et présentation CPRI)
    Numérique
    Grand Campus

    sur le site auservicedelurca

    martino nieddu

  3. J'en rigole (jaune)

    Description partielle et partiale. Il y a en effet une sévère défaite du candidat sortant. Et, en effet, G. Gellé a le plus de sièges au CA. Mais apparemment, Monsieur Dubois, vous occultez complètement la liste et le candidat arrivé en 2eme position et qui ouvre des perspectives. C’est curieux ce besoin de tout simplifier. Le choix final reste ouvert et avant d’appeler la rectrice au secours, il y a des discussions et des votes encore à venir. Sinon, on peut aussi nommer directement votre préféré – une bonne dictature universitaire… ça doit être bien plus simple. Ou, selon votre logique, ne confier le choix qu’aux listes d’EC constituées avec un candidat (puisque les autres voix semblent jetter le trouble et que ce que vous retenez, ce sont les 9 voix directement attribuées à G.G. par rapport aux 5 voix QRF et 2 voix SNESUP).

    Et donc, en toute objectivité, voici le résultat du vote au CA (en nombre de
    sièges) :

    9- Ensemble pour l’URCA (E.C+BIATSS) (Candidat Gellé)
    5- QRF (E.C+BIATSS) (Candidat G. Durry)
    3- Alternative Indépendante Responsable (E.C+BIATSS)
    3- Intercampus (Liste Etudiante)
    2- Au service de l’URCA (Candidat Baillat)
    1- SPURGA-CGT (Liste BIATSS)
    1- SNPTES (Liste BIATSS)
    1- SGEN -CFDT (Liste BIATSS)
    1- UNEF (Liste Etudiants)
    1- Campus 3 (Liste Etudiants)
    1- CEMR (Liste Etudiants)

  4. Eric

    C’est sûr que, si l’on est objectif, le candidat arrivé en tête n’a 9 sièges que parce qu’il a bénéficié de 4 sièges de la prime accordée d’office dans les collèges EC à la liste qui arrive en tête.
    Ce que montrent les résultats, c’est un extraordinaire éparpillement. Mais au final sera élu celui qui sera capable de fédérer autour de lui le plus d’élus.
    Ce sera encore plus le cas dans les autres conseils, où il n’existe pas de prime majoritaire.
    Est-ce vraiment un mal? En bons démocrates, on ne peut que se réjouir de voir une communauté universitaire obligée de discuter pour se retrouver autour du meilleur rassembleur.

  5. De Reims

    En bons démocrates… il faut tenir compte du message des électeurs qui ont manifestement tenu à placer en tête dans l’ensemble des collèges de personnels, la liste de l’un des candidats !
    Par ailleurs, si la prime majoritaire a effectivement pu bénéficier à la liste en tête, la mécanique électorale (au plus fort reste) a également objectivement bénéficier à d’autres listes….
    Donc démocrates pour démocrates, restons le jusqu’au bout.

  6. CC

    Tout à fait d’accord avec le dernier commentaire. Les collèges des personnels ont placé les listes de Guillaume Gellé en tête avec près de 200 voix d’avance. J’ai du mal à saisir dans quelle mesure les autres candidats – et en particulier M. Baillat, qui est totalement désavoué par ses personnels! – sont légitimes à se maintenir. Ils n’ont pour seule solution que de s’allier entre eux (ce qui serait grotesque compte tenu des propos tenus pendant la campagne) pour faire front contre le vainqueur. Voilà qui donnerait une piètre image de notre université.
    Tout cela nous laisse présager plusieurs tours de scrutins et des rebondissements qui risquent d’être assez pathétiques…

  7. J'en rigole (jaune)

    CC : « J’ai du mal à saisir dans quelle mesure les autres candidats (…) sont légitimes à se maintenir ». C’est une phrase savoureuse, dans l’absolu car cela signifie qu’un scrutin à un tour doit suffire selon ce qui semble devenir l’opinion majoritaire sur ce blog (et on se fout de ce que pensent les BIATSS, les étudiants et les extérieurs). Et aussi, c’est très savoureux quand on se souvient comment l’équipe Vistelle (et donc son dauphin Gellé) ont pris la présidence en 2007 – en arrivant pourtant troisième au congrès (les 3 commissions réunies).
    Petit rappel à CC sur ce même blog, ou « Comment on arrive troisième et on passe quand même », ou encore « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Au choix : (https://histoiresduniversites.wordpress.com/2012/02/14/yann-jeune-et-engage/)

    • CC

      On ne se fiche pas des Biatss, ceux ayant également placé en tête les listes de Guillaume Gellé. Il est vrai que comme beaucoup j’ai tendance à penser que ce sont les personnels qui devraient faire l’élection – ce sont eux qui sont là pour rester, eux qui connaissent le mieux les problématiques. La faible participation des étudiants les rend de plus peu légitimes à élire un Président. Mais ce n’est que mon avis et je conçois qu’il ne soit pas partagé.
      Pour le 2eme point, n’étant pas à Reims à l’époque, j’avoue que je l’ignorais. Cela eclaire en effet cette situation d’un jour nouveau et je vous en remercie.
      Toutefois Gellé n’est pas Vistelle. Mais c’est en effet un point qui ne manque pas de piquant.

      • Henri Golant

        En effet Gellé n’est pas Vistelle. « J’en rigole (jaune) » tiraillé entre un irrépressible besoin de fustiger la présidence de R.Vistelle et la retenue que le sort subi par ce dernier impose en est réduit à jeter son fiel sur G.Gellé…grosse confusion qui en dit long, s’il le fallait, sur le sens du discernement de ce monsieur « J’en rigole (jaune) »

      • J'en rigole (jaune)

        H Golant : Ce n’est pas jeter son fiel que de dire que les élections sont le 21 mars, que les candidats en lice sont légitimes à se maintenir plutôt que de s’effacer et que par le passé un exemple au moins a montré qu’une élection peut recéler des surprises jusqu’à la fin (il se trouve que c’est celle de R. Vistelle qui a mené G. Gellé au poste de VP)… ça ne s’appelle pas « jeter son fiel ». J’espère que la discussion contradictoire est encore possible à l’URCA… sinon, ça va vite devenir étouffant !

  8. Henri Golant

    A en effet, mais il ne s’agit pas de çà. En revanche, de qualifier son adversaire de « gratte-papier » laisse tout de même entendre quelques accents fielleux qui ne trompent personne.
    Et de supposer comme vous le faîtes que la discussion contradictoire serait menacée alors que rien ne le montre, sinon son application en réponse à vos propres propos, laisserait poindre de vous une mécanique intellectuelle un tantinet malhonnête… Vous pouvez aussi ouvrir la fenêtre et respirer ; c’est déjà un peu le printemps n’est-ce pas ?

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