Antilles, de Charybde en Scylla

Actualisation 25 mars 2016 : la présidente de l’Université des Antilles informe l’ensemble des usagers de la réouverture de la BU du campus de Schoelcher.

Chroniques du blog sur l’université des Antilles: suite. Après l’affaire du CEREGMIA (mises en examen en cours), l’affaire des archives dans le vide-sanitaire. De Charybde en Scylla, CEREGMIA d’une affaire à l’autre, du 7 au 12 mars 2016 !

7 mars 2016. Les étudiants du campus de Schoelcher privés de bibliothèque. 400m3 de cartons d’archives entreposés au mauvais endroit. Vidéo de 2 minutes 20 : témoignages et entretien avec la présidente de l’université, Corinne Mencé-Caster.

8 mars 2016, Montray Kreyol. Bibliothèque universitaire de Martinique : remplir un vide sanitaire est un crime. Depuis de nombreuses années, on ne construit plus systématiquement de plein pied maisons individuelles et bâtiments publics. Les architectes ont conçu ce qu’ils appellent un « vide sanitaire », c’est-à-dire un espace non habitable situé entre le sol et le plancher de la maison ou du bâtiment. Cet espace peu élevé (1,30m en général), dans lequel on doit avancé courbé, est fait pour demeurer… vide.

Un vide sanitaire n’est pas un gadget, une simple coquetterie architecturale. C’est tout au contraire un élément fondamental dans la conception des bâtiments publics, surtout dans un pays soumis aux catastrophes naturelles de toutes sortes comme c’est le cas de la Martinique.

Entreposer donc 400 mètres-cube d’archives dans le vide sanitaire de la Bibliothèque Universitaire de Schoelcher est un véritable crime. Pourquoi ? Parce qu’un vide sanitaire, même s’il comporte une ou des porte (s) d’accès, doit pouvoir être ventilé en permanence. Il ne peut en aucune façon être fermé par une porte blindée par exemple. Ce qui veut dire que si on a l’idée saugrenue de le remplir de cartons, par exemple, n’importe qui peut passer le bras par les barreaux de la porte et y lancer un engin incendiaire. S’agissant d’un bâtiment tel que la nouvelle bibliothèque du campus de Schoelcher, cela revient à mettre gravement en danger la vie des centaines d’étudiants qui la fréquentent chaque jour ainsi que du personnel de la bibliothèque.

Fred CELIMENE et le CEREGMIA ont donc délibérément joué avec le feu au sens propre du terme en signant une convention, illégale en plus car dépourvu de marché, avec l’ex-Conseil régional, alors dirigé par Serge LETCHIMY, afin d’entreposer plus d’une centaine de cartons d’archives dans le vide sanitaire de la BU du campus de Schoelcher.

Mais faisons confiance à ces mafieux : ils sauront manipuler certains étudiants pour faire peser la responsabilité de ce qui est rien moins qu’un crime sur le dos de la Présidente de l’Université et de la gouvernance. Nou ja konnet yo !…

9 mars 2016, France-Antilles. Des archives bien encombrantes sous la BU. C’est de façon totalement fortuite que les autorités de l’université des Antilles ont fait une découverte plus que surprenante : près de 400 m3 d’archives de la Région Martinique (en grande majorité) et de l’Institut océanographique (1) sont entreposés dans le vide sanitaire de la bibliothèque universitaire du campus de Schoelcher. Or, entreposer un tel volume de papier dans un vide sanitaire qui, par définition, doit être « vide » pour des raisons de sécurité, c’est multiplier d’une part le risque d’incendie et d’autre part le nombre de victimes potentielles (étudiants, personnels, visiteurs).

Hier, à l’occasion d’une conférence de presse, la présidente de l’université des Antilles, Corinne Mencé-Caster, a expliqué avec plus de détails sa décision de fermer jusqu’à nouvel ordre la BU. « Dès lors que nous avons découvert ces archives, nous avons engagé diverses démarches auprès de l’ex-Région Martinique, mais aussi auprès du rectorat, qui nous a aussi saisis par un courrier, dans lequel il nous a indiqué qu’il était extrêmement important de prendre des mesures puisque la sécurité des étudiants et des personnels était en jeu. Nous avons fait un signalement au procureur de la République parce que nous ne savons pas ce que contiennent ces cartons, de plus les avocats de l’université ont indiqué qu’il pouvait s’agir de recel ».

UNE CONVENTION SIGNÉE ENTRE L’UAG-CEREGMIA ET LA RÉGION MARTINIQUE. Dans une délibération prise à l’unanimité, le conseil d’administration de l’université s’est engagé à appuyer l’ensemble des démarches de la présidence. « Fermer une bibliothèque universitaire n’est pas une décision facile, puisque les étudiants y travaillent régulièrement », poursuit Corinne Mencé-Caster. « Nous avons saisi par courrier le préfet, accompagné de la délibération du 22 février 2016, pour demander l’intervention urgente de la commission départementale de sécurité. N’ayant pas obtenu de réponse, nous avons sollicité un rendez-vous en urgence le 29 février auprès des autorités préfectorales et sans réponse concrète de leur part, je me suis trouvée contrainte de prendre un arrêté de fermeture de la bibliothèque universitaire. Ma responsabilité restant pleinement engagée et ne pouvant me substituer aux autorités préfectorales, j’ai donc pris les mesures requises pour assurer la sécurité des étudiants, des personnels et des usagers ». Corinne Mencé-Caster ajoute : « Finalement, ce n’est qu’aujourd’hui (hier) que nous avons eu le secrétaire général du rectorat qui nous a proposé une réunion sur la question avec la préfecture, le rectorat, le Sdis, et la CTM ».

Selon la présidente de l’UA, ces cartons ont été entreposés dans le vide sanitaire de la BU en 2011, à la suite d’une convention, relative au stockage d’archives et à leur numérisation, signée la même année entre l’UAG-Ceregmia et la Région Martinique.

« Cependant, nous ne sommes pas un centre d’archivage, par conséquent, cette convention n’aurait jamais dû être signée. Par ailleurs, nous n’avons pas d’éléments nous permettant de savoir précisément ce que contiennent ces archives. Ce qui peut être problématique, s’agissant de leur restitution ».

En attendant la réouverture de la bibliothèque, les étudiants peuvent accéder aux ebooks via la bibliothèque en ligne ou se rendre à la bibliothèque universitaire de formation des maîtres, sur le campus de l’Espé, ainsi qu’à la bibliothèque hospitalo-universitaire sur le site du CHU.

Pour une réouverture avant les vacances de Pâques. La réunion qui s’est tenue hier avec la préfecture, le Sdis, le rectorat et l’université a permis de dégager les éléments suivants : la mesure conservatoire de fermeture de la BU s’avérait indispensable, en regard du risque élevé d’incendie lié à la présence d’une matière calorifique ; la commission de sécurité départementale sera réunie en urgence avant la fin de la présente semaine. Elle rendra dans les plus brefs délais un rapport incluant ses principales préconisations ; la sécurité pleine et entière des étudiants, usagers et personnels de la BU ne sera pleinement rétablie qu’une fois les archives retirées de l’espace du vide sanitaire. La présidence de l’université s’est engagée à prendre l’attache de la CTM, dès aujourd’hui, pour organiser le déplacement des archives ; trouver des aménagements provisoires avec la direction de la BU pour identifier des solutions pour le prêt ; mettre à disposition des étudiants des salles d’études dans les différentes composantes.

La présidence s’est aussi engagée à mettre tout en œuvre pour une réouverture de la bibliothèque avant les vacances de Pâques, ce qui suppose une collaboration étroite avec la CTM qui doit proposer des solutions rapides pour le déménagement. Un point avec les élus étudiants sur les avancées du dossier est prévu au plus tard le vendredi 11 mars 2016.

9 mars 2016, Montray Kreyol. Archives de la Bibliothèque Universitaire : l’ultime gesticulation médiatique de Fred Célimène, 7 fois inculpé

Ce matin, sur RCI, la parole a été donnée à l’ex-directeur du CEREGMIA, pour lui permettre une fois de plus, d’évoquer « le saccage » de l’actuelle présidence de l’université. Évoquant une convention de numérisation entre l’ex-UAG et l’Institut océanographique de Monaco, Fred Célimène, comme d’habitude, essaie de faire diversion, en masquant le cœur du problème du scandale des archives à l’université.

Le plus troublant, c’est que la journaliste qui l’interroge, oublie ou omet de lui poser les bonnes questions, de lui parler des archives de la région entreposées dans le vide-sanitaire de la Bibliothèque Universitaire. Car, la seule, la vraie question est la suivante :

Pourquoi et comment une université se transforme-t-elle en centre d’archivage, avec la complicité d’un ex-président de région et un ex-président d’université, sous l’égide d’un ex-directeur de laboratoire, interdit de gestion de laboratoire pendant 5 ans ?

Comment une bibliothèque universitaire, temple du savoir des étudiants, lieu de construction des apprentissages, devient-elle un dépôt d’archives ?

A ces questions, des réponses simples et directes peuvent être apportées :

L’ex-directeur du CEREGMIA, Fred Célimène, n’a aucune limite dans le saccage de l’éthique et de la déontologie. Pour faire prospérer ses intérêts financiers et politiques, il est prêt à sacrifier la jeunesse de notre pays, de son pays, en mettant en danger la vie de milliers de jeunes.

Voilà ce que la presse officielle devrait dire et qu’elle tait scandaleusement ! Un professeur d’université, qui, soi-disant a tant fait pour la Martinique, accepte contre toute logique de recevoir à l’université 400 m3 d’archives de la Région, archives qu’il transfère en catimini dans un vide-sanitaire de la BU !

Au lieu de mettre le focus sur cet acte criminel, sur le dévoiement de lieux de savoirs, sur le sacrifice de notre jeunesse, on essaie d’ergoter sur la légitimité de la décision de la présidente de fermer la BU, quand cette décision a pour unique objet d’assurer la sécurité des étudiants et du personnel.

Quand arrêtera-t-on donc de SOUTIRER des mafieux, des personnes inconséquentes qu’on devrait tenir loin de nos jeunes ?

Face à ce qui est scandaleux : des archives régionales dans une Bibliothèque Universitaire, sans procédure de marché, sans respect des règles minimales de sécurité, quand dénoncera-t-on enfin des pratiques inadmissibles pour des fonctionnaires du service public ?

La presse de notre pays est indigne et le restera, tant qu’elle choisira de donner la parole, sans débat contradictoire, à des personnes qui détournent les fonds de notre jeunesse, qui la met consciencieusement en danger et qui parle de « saccage » de l’université orchestré par une présidente, dont le seul tort est de ne craindre ni la mafia, ni leurs complices.

10 mars 2016, Martinique 1ère. Affaire Ceregmia : Une information judiciaire est ouverte pour favoritisme, afin d’examiner la convention passée en 2011 entre le Conseil Régional et le Ceregmia, sur les archives de la région qui se trouvent dans les sous-sols de la Bibliothèque Universitaire.

Comment ces cartons sont-ils arrivés là ? En vertu d’une convention passée entre le Conseil Régional et l’UAG Ceregmia en 2011. La convention prévoyait en termes plutôt flous de « réfléchir à la numérisation  » des archives. Un marché de 110.000 euros qui pourrait avoir été passé sans appel d’offres.

La commission de sécurité a donné ce jeudi 10 mars son avis. La bibliothèque ne devra pas rouvrir tant que les cartons n’auront pas été évacués.

11 mars 2016, Montray Kreyol. Scandale des archives de la région Martinique. Suite à la plainte contre X déposée par la présidente de l’Université et à une enquête préliminaire diligentée par le Procureur de la République, une information judiciaire vient d’être ouverte pour chef de favoritisme, dans le dossier des Archives régionales déposées à la Bibliothèque Universitaire.

12 mars 2016, Free Pawol. Sous l’Université une bombe à retardement signée par Serge Letchimy.

Tous les élus vous diront qu’ils aiment la jeunesse du pays, mais difficile d’y croire quand on apprend que depuis des années, la Région Martinique présidée par Serge Letchmy, avait confié les archives de la collectivité au CEREGMIA dirigé par son ami Fred Célimène (mis en examen pour escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux en écritures publiques, atteinte à la liberté d’accès aux marchés publics, recel, destruction, soustraction et détérioration de biens).

Alors que l’Université n’est pas un centre d’archivage, une convention a été signée, sans mise en concurrence, entre l’ancien président de Région et celui de l’UAG de l’époque, Pascal Saffache, lui aussi mis en examen dans l’affaire de détournements de fonds européens du Ceregmia.

Pire, on apprend que ces centaines de carton (400 m3) sont entreposés depuis 2011 dans le vide sanitaire de l’Université des Antilles, au mépris des règles de sécurité.

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  1. Tout mon soutien à Corinne Mencé-Caster

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