CPU : démission du Bureau

C’est par un bref communiqué que la Conférence des Présidents d’Université a annoncé dans la soirée d’hier la démission des trois membres de son bureau : « Le bureau de la CPU – président et vice-présidents – a présenté sa démission. Celle-ci prend effet immédiatement. Le conseil d’administration prendra en charge les tâches et les missions assurées par le bureau ».

Jean-Loup Salzmann – qu’il faut désormais appeler ex-président de la CPU – a accepté ce matin un court entretien téléphonique. Pourquoi cette démission?

La raison est simple. Nous ne sommes plus présidents d’université. Quelque part, nous n’avons plus la légitimité de présider la CPU, de représenter les intérêts des établissements.

C’est effectivement vrai pour Gérard Blanchard, ancien président de l’université de la Rochelle.

Oui. Il m’avait d’ailleurs demandé de pouvoir démissionner de la vice-présidence quand il s’est lancé dans la campagne pour les élections régionales. Je l’ai supplié de rester. Il est maintenant conseiller régional de la Grande Région Aquitaine et vice-président en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche. Je lui souhaite de réussir.

Et Khaled Bouabdallah ?

Comme vous le savez, il n’est plus président de l’université de Saint-Étienne. Il a été élu en juillet dernier président de la COMUE Université de Lyon. A ce titre, il pouvait bien entendu demeurer vice-président de la CPU.

Il ne l’a pas souhaité car il est particulièrement ulcéré par les dérives du salaire des présidents de COMUE [salaire net annuel de 150.000 euros pour le président de PSL]. Il vient d’apprendre le montant actuellement négocié par Pascal Olivard, qui a commencé sa tournée pour convaincre les personnels et les étudiants du bien-fondé de son élection à la présidence de l’Université Bretagne Loire [Lire la Note infra]. Sept universités dans cette COMUE, vous pouvez imaginer le montant espéré par l’ancien président de Bretagne Occidentale !

Et vous-même ? Pourquoi avoir accepté d’être désigné administrateur provisoire de l’université Paris 13 que vous avez présidée pendant huit ans ?

Une grande lassitude m’a gagné ces mois derniers. Je m’attendais – c’est humain – à ce que mes amis politiques au pouvoir reconnaissent mon investissement au service des universités et du pays. Vous avez-vous même suggéré dans une de vos chroniques que je sois nommé Conseiller d’État comme un de mes prédécesseurs à la tête de la CPU. Rien ! Rien de rien ! Et me voilà obligé de faire l’administrateur provisoire pour me trouver un successeur. Je n’aime pas ces ironies de l’histoire ! La moindre des choses pour moi, dans un contexte délétère pour les universités, était de démissionner de la présidence de la CPU.

A quand l’élection d’un nouveau bureau de la CPU ?

Ce n’est plus guère mon problème, même si je pense qu’il faut s’interroger sur l’existence même de la CPU ! Dans l’immédiat, le conseil d’administration peut et doit collégialement assurer les tâches du bureau.

Note. Pascal Olivard, candidat à la présidence de l’UBL

Cher-e-s collègues, cher-e-s étudiant-e-s. Monsieur Pascal Olivard sera présent le lundi 18 avril de 12h30 à 14h00 à l’Université Bretagne Sud, afin d’échanger avec l’ensemble de la Communauté universitaire sur l’UBL et présenter son projet.

Cette rencontre se déroulera à Lorient dans le télé-amphithéâtre de l’IUT et sera retransmise dans le télé-amphithéâtre de la Faculté DSEG à Vannes.

Monsieur Pascal Olivard est Président de l’UBO depuis le 18 juin 2007. Son mandat prendra fin le 5 avril prochain. Pour plus d’informations sur son projet, nous vous invitons à vous rendre sur le site internet : http://www.batissons-l-ubl.fr/

6 Commentaires

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6 réponses à “CPU : démission du Bureau

  1. Corbin

    Merci pour ces excellentes nouvelles.
    On se prend à lire cela comme une info extraordinairement motivante : « Mon dieu… Que se passe-t-il ?? Comment autant de lucidité peut leur venir d’un seul coup ?? C’est extraordinaire ! Enfin !! ».
    Voila qui fait bien sourire… Et pleurer dès qu’on a fini de sourire… malheureusement.

  2. Jean-Paul JOURDAN

    Bonsoir Pierre Dubois et lecteurs de son blog,
    je suis un peu surpris par tout cela, mais au fond pas très étonné à la réflexion. Tout ceci survient tandis que sort la premère vague des présidents LRU qui ont accompli deux mandats.

    C’est, en effet, d’une certaine façon, une conséquence de la loi LRU qui visait à faire très clairement des présidents des universités des managers; et puis également une conséquence de la transformation radicale, je crois, de la fonction de président qui s’est professionnalisée ces dernières années.

    L’enseignant-chercheur devenu président change de métier. Deux mandats, cela fait huit ans. Ajoutons, pour la plupart d’entre eux, les années antérieures de vice-présidence. Les uns et les autres acquièrent ainsi un capital gestionnaire – ici l’adjectif n’est pas péjoratif – c’est-à-dire une somme de connaissances et de vues précises du système universitaire et de son environnement, au sens large du terme, au point qu’il est, pour nombre d’entre eux, impensable d’avoir à retourner à l’état originel d’enseignant-chercheur qui était le leur, sans avoir un sentiment de frustration.

    Beaucoup cherchent à se recaser, se recycler – là encore, je ne suis pas péjoratif – c’est-à-dire à continuer autrement, ailleurs, dans d’autres fonctions, d’autres missions. Cela est très compréhensible, très humain. Il ne s’agit pas forcément d’orgueil mal placé ou de carriérisme; cela relève aussi de l’idée que l’on peut-être encore utile.

    Je passe sur la question de l’intéressement financier. Si le chiffre que vous donnez pour PSL est avéré, il est scandaleux, et je comprends l’écoeurement de Khaled Bouabdallah.

    Je suggère en conséquence que l’on en revienne à ce qui était auparavant, c’est-à-dire au mandat unique, quatre ou cinq ans, secs.

    Jean-Paul JOURDAN, ex-président de l’Université Bordeaux Montaigne 2012-2016.

  3. Olivard

    Il est énorme ce poisson d’avril 😉

  4. Bonjour
    Comment dire ? ce poisson d’avril est autant excellent que détestable. Excellent car il est tellement criant de vérité que l’on s y prends les pieds dedans et l’on trébuche la tête la première. Détestable car il nomme des personnes et porte des propos qu’ils n’ont pas tenu. Je n’ai aucun lien avec ces personnes mais à leur place…je n’apprécierai pas..même en ayant un sens de l’humour développé.

    • WADEL

      L’humour, JLS n’a plus la place de le ranger, son égo lui a tout pris, à tel point qu’à deux jours de la fin de son mandat, il usait encore de son pouvoir discrétionnaire pour prolonger de 8 mois la suspension d’un directeur de composante qui s’opposait à lui et avec un motif obsolète

  5. Wargnier

    Prémonitoire !.
    Le Pr Salzmann est attendu à Bobigny où il est PUPH, Professeur des Universités Praticien Hospitalier.

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