Gens de métier, requêtes, révoltes

6 avril 2016, Strasbourg, place de la République, 10 heures, une quinzaine de jeunes en petit attroupement sur les pelouses. Est-ce là ce qui reste de la #NuitDebout ? 10 heures 15, Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (BNU), 3ème étage, espace des périodiques. J’ouvre le dernier numéro de la Revue historique, 677, janvier 2016.

Je tombe sur un article de Jelle Haemers, professeur d’histoire médiévale à l’université de Louvain, spécialiste de l’histoire sociale et politique des villes aux Pays-Bas méridionaux et des révoltes médiévales.

P1440854Cliquer sur les images pour les agrandir

Résumé de l’article (en ligne). L’étude présentée ici montre que, avant tout, c’est par la requête et le dialogue politique que les gens de métiers des villes du comté de Flandre au bas Moyen Âge ont proposé des transformations concrètes de l’administration urbaine, et moins par la violence. Le but « commun » des rebelles était la modification d’une certaine situation sociale, économique ou administrative, vécue comme injuste – ce qui explique l’intensité de la lutte parfois acharnée dans laquelle ils se sont engagés. Cette étude suggère que l’usage de la violence ne paraît que comme deuxième ou ultime option pour les chefs des corps de métiers après l’usage des rituels de mobilisation, tandis que les manouvriers et les compagnons étaient plus enclins à recourir à la force. Cette hypothèse, à vérifier par d’autres études, pourrait expliquer pourquoi le dialogue et la violence sont des éléments essentiels et presque indissociables dans les révoltes urbaines au bas Moyen Âge. Par conséquent, cette étude montre que, si les historiens veulent vraiment comprendre les révoltes urbaines, mieux vaut étudier les traces d’encre que les rebelles ont laissées dans les archives, que celles du sang qu’on retrouve dans les récits de l’époque.

Pour aller plus loin : photos des trois dernières pages de l’article.

P1440851

Les syndicats étudiants qui luttent pour le retrait de la loi « Travail » ou pour la modification de certains de ses articles pourraient lire avec profit l’article de Jelle Haemers. Il indique que les gens de métier se faisaient aider par des experts ; ceux-ci rédigeaient les requêtes adressées aux gouvernements urbains de telle manière qu’elles pouvaient être immédiatement introduites dans les statuts régissant l’administration de la ville, des métiers, des finances…

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Classé dans A. Histoire médiévale, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), D. Europe (autres)

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