Concours réservés simplifiés ?

50 première mesures de simplification de l’enseignement supérieur et de la recherche. La mesure 20 (accès simplifié aux concours réservés aux maîtres de conférences ayant exercé des responsabilités particulières) n’est pas une simplification. Déjà mise en œuvre (contrairement à ce que laisse croire le secrétariat d’État), la mesure 20 accroit la complexité.

P1460056Cliquer sur l’image pour l’agrandir

De quoi s’agit-il ? Les concours réservés sont régis par l’alinéa 5 de l’article 46 du décret du 6 juin 1984, modifié par décret du 2 septembre 2014. Dans la limite du neuvième des emplois mis aux concours dans l’ensemble des disciplines, des concours sont réservés aux maîtres de conférences et enseignants-chercheurs assimilés ayant exercé, au 1er janvier de l’année du concours, pendant au moins quatre ans dans les neuf ans qui précèdent, des responsabilités importantes dans un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel, dans les domaines de l’orientation, de la promotion sociale et de l’insertion professionnelle, de la formation continue, du transfert et de la valorisation des résultats de la recherche, de l’innovation pédagogique, de la gouvernance des établissements, du développement des ressources numériques, des partenariats internationaux, de la diffusion culturelle, scientifique et technique et de la liaison avec l’environnement économique, social et culturel, au titre des fonctions de président ou directeur d’établissement ou de président ou vice-président mentionnées dans les statuts de l’établissement, de directeur de composante mentionnée à l’article L. 713-1 du code de l’éducation ou de service commun dans les universités ou de toute autre structure interne équivalente dans les autres établissements.

La mesure 20 simplifie-t-elle l’accès ?

La réponse est « non » : la procédure (volet national et volet local) sera toujours aussi lourde à mettre en œuvre (image ci-dessus).

La réponse est « non » : le nombre de pièces à fournir est toujours aussi important (lire la note 1). Mais institution de la dématérialisation complète des procédures de candidatures, déclaration de candidature et dossier devant être transmis par voie électronique au ministère. La dématérialisation est à la mode (chronique : dématérialiser le secrétariat d’État). Elle ne conduit pas forcément à la simplification.

La réponse est « non ». Une commission nationale de qualification vient d’être mise en place par un arrêté du 1er mars 2016 : création d’une structure de plus et non suppression d’une structure existante (lire la note 2).

Conclusion. Celui ou celle qui a proposé, rédigé la mesure 20 ne comprend rien aux procédures de recrutement des enseignants-chercheurs, ignore les arrêtés du 1er mars. Dégraissons le mammouth de l’administration centrale et du cabinet de Thierry Mandon ! Simplifions ! Éjectons les incompétents !

Note 1. Arrêté du 1er mars 2016 relatif à la procédure d’inscription sur les listes de qualification aux fonctions de professeur des universités prévue par l’article 46 (5°) du décret n° 84-431 du 6 juin 1984 modifié.

Les candidats à une inscription sur la liste de qualification aux fonctions de professeur des universités établissent un dossier qui comporte les pièces suivantes :
1° Une déclaration de candidature établie à partir du document figurant en annexe I mentionnant notamment la section du Conseil national des universités dans laquelle le candidat présente sa candidature ;
2° Une pièce justificative permettant d’établir :
a) Soit la possession de l’habilitation à diriger des recherches ou d’un doctorat d’Etat ;
b) Soit la possession de diplômes universitaires, qualifications et titres de niveau équivalent justifiant une dispense accordée par le Conseil national des universités ;
c) Soit une attestation de l’établissement où l’intéressé a effectué un mandat complet de président d’université, président du conseil académique, de vice-président du conseil d’administration, de vice-président du conseil des études et de la vie universitaire ou de vice-président en charge des questions de formation d’une université ;
3° Un exemplaire du curriculum vitae limité à deux pages ;
4° Un exposé d’activité et de responsabilité du candidat limité à dix pages (annexes comprises) présentant ses activités en matière d’enseignement et de recherche ainsi que ses responsabilités en matière d’administration et d’action collective notamment dans les domaines de l’orientation, de la promotion sociale et de l’insertion professionnelle, de la formation continue, du transfert et de la valorisation des résultats de la recherche, de l’innovation pédagogique, de la gouvernance des établissements, du développement des ressources numériques, des partenariats internationaux, de la diffusion culturelle, scientifique et technique et de la liaison avec l’environnement économique, social et culturel.
Tout dossier incomplet est déclaré irrecevable par le ministre chargé de l’enseignement supérieur ;
5° Un exemplaire des travaux, ouvrages et articles.

Note 2. Composition de la commission nationale

Au titre des personnalités :
Fabienne Blaise, université Lille 3, 8e section.
Khaled Bouabdallah, université de Saint-Etienne, 5e section.
Manuelle Franck, Institut national des langues et civilisations orientales, 23e section.
François Germinet, université de Cergy-Pontoise, 25e section.
Pierre Mutzenhardt, université de Lorraine, 31e section.
Hélène Pauliat, université de Limoges, 2e section.
Brigitte Plateau, Institut polytechnique de Grenoble, 27e section.
Gilles Roussel, université Paris-Est Marne-la-Vallée, 27e section.

Au titre des membres élus du Conseil national des universités :
Fabrice Melleray, université Paris 1, 2e section.
Valérie Michel, université Aix-Marseille, 2e section.
Georges Zissis, université Toulouse 3, 63e section.
Geneviève Duchamp, université de Bordeaux, 63e section.
Brigitte Albero, université Rennes 2, 70e section.
Jean-Luc Rinaudo, université de Rouen, 70e section.
Vincent Nougier, université de Grenoble Alpes, 74e section.
Angèle Chopard, université de Montpellier, 74e section.

La commission est complétée pour l’examen de l’ensemble des candidatures relevant d’une même discipline, par deux professeurs des universités de cette discipline, un homme et une femme, nommés par le ministre chargé de l’enseignement supérieur parmi les membres du CNU.

Poster un commentaire

Classé dans Non classé

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s