SPC mergitur nec fluctuat

La devise de l’université Sorbonne Paris Cité (USPC) est l’inverse de celle de la ville de Paris : mergitur nec fluctuat. Suite de Autopsie d’une IDEX. 33 chroniques du blog sur SPC.

Après le désaveu des ComUE franciliennes, tribune du Groupe Jean-Pierre Vernant, 19 mai 2016, 3 pages.

Les résultats de l’évaluation des Idex de la première vague ont récemment été rendus publics. Ils constituent des preuves irréfutables, visibles par tous, de l’échec de la partition du réseau universitaire francilien en ComUE, et de l’échec de la forme fédérale d’organisation universitaire. Nous rappelons ici l’urgence à ce que l’organisation territoriale francilienne soit enfin pensée en fonction des besoins de l’enseignement et de la recherche, au plus près du terrain, et la nécessité de mettre en place un réseau confédéral d’universités à taille humaine, adapté du modèle britannique aux spécificités françaises.

Le Premier ministre a décidé de ne confirmer aucun des Idex franciliens, en s’appuyant sur les conclusions d’un « jury d’experts » dont le mode de constitution et la démission fracassante de ses deux membres les plus connus (M. Gillet et M. Aghion), suffisent à montrer qu’il n’a rien d’indépendant. Cette décision vient sanctionner le découpage aberrant du maillage universitaire francilien en plusieurs ComUE, destinées dans la grande couronne à assurer sans moyens l’enseignement de masse et sur son axe central, à constituer, selon la nov’lang en vigueur, des « universités de recherche intégrées, visibles au plan international et reconnues comme telles »…

Conclusion de la tribune : le Groupe Jean-Pierre Vernant demeure favorable au 3ème regroupement qui serait prévu par la loi ESR de juillet 2013, la confédération d’universités et d’établissements

Reste la troisième forme de regroupement : la confédération d’universités et d’établissements qui, dans un cadre institutionnel souple et efficace, garderaient une taille humaine. Formule encore inexploitée, et pour cause : la DGESIP a tout mis en œuvre (mensonges, pressions, chantage aux ressources) pour qu’elle ne puisse être ni choisie ni même discutée. Notre groupe s’est précisément constitué pour proposer cette solution sous forme d’amendements à la représentation nationale. Et de fait, la forme confédérale de regroupement figure bien dans la loi. La confédération est le modèle britannique par excellence, avec des exemples aussi célèbres qu’Oxford, Cambridge ou University of London. Elle présente deux avantages essentiels : l’étendue et la souplesse.

Un réseau de coopération comme celui que nous envisageons permet à la fois d’étendre à l’échelle de l’Île-de-France le maillage collaboratif, sans superstructures coûteuses, et de laisser toute leur autonomie aux établissements. Il évite ainsi l’îlotage absurde qui émiette aujourd’hui les ComUE de la région-capitale et la lourdeur contre-productive de structures pyramidales inspirées de modèles d’organisation dépassés. Vue de l’extérieur (par exemple, du classement de Shangaï qui constitue le B-A-BA de la pensée manageriale, seule la confédération (la Sorbonne) apparaîtrait, entraînant une “lisibilité” et une “visibilité” sans équivalent.

Nous disposons aujourd’hui d’un créneau politique favorable pour procéder à une recomposition du paysage de l’enseignement et de la recherche de l’Île-de-France. Quand M. Mandon déclare qu’“une structure fédérale peut tout à fait permettre une intégration poussée” et que la Région semble enfin décidée à “élaborer une stratégie régionale universitaire et de recherche”, quand tous les Idex franciliens ont été sanctionnés par le jury, le moment est venu de repenser, sur de nouvelles bases, l’organisation d’un ensemble cohérent et efficace, coopératif et confédéral.

La tribune du Groupe JPV en format pdf.

Commentaires. Cette tribune du Groupe Jean-Pierre Vernant est décevante. Tout se passe comme si sa pensée, ses objectifs, son argumentation n’avaient pas évolué d’un iota depuis la création de la COMUE SPC. L’IDEX SPC a échoué. La Confédération Sorbonne ne sera jamais reconnue comme IDEX dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir, ni avant mai 2017, ni après. Que faire alors ? Une révolution structurelle dans l’ESR.

Je demeure pour ma part favorable au regroupement de type fusion : création de trois universités de recherche en Ile-de-France, mais des universités de recherche dédiées aux seuls masters et doctorats, création de nouveaux établissements, les Instituts d’Enseignement Supérieurs de proximité, dédiés aux premiers cycles (licences en 3 ans, mettant fin à la dispersion illisible et coûteuse des premières années du supérieur – CPGE, BTS, DUT, licences générales, licences professionnelles -). Oui, plus que jamais l’heure est venue de mener le combat du blog jusqu’au bout : créer des IES, établissements juridiquement distincts des universités, mais associés aux universités de recherche.

5 Commentaires

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5 réponses à “SPC mergitur nec fluctuat

  1. Malik

    Revenir aux collèges universitaire de Devaquet ? Voilà qui rappellera bien des souvenirs aux anciens des luttes de 1986.

  2. JP

    Oxford et Cambridge ne sont pas des confédérations d’universités. University of London oui.

    • University of London n’est pas une confédération d’université.C’est une sorte de mini-ministère de l’enseignement supérieur qui chapeaute administrativement la moitié des universités londoniennes. Créé au milieu du XIXème siècle, il porte le nom « University of London » comme le ministère de l’éducation français s’est appelé « Université impériale » puis Université de France » au XIXéme siècle. University of California et d’autres systèmes sont créés à la même époque sur le même modèle.

  3. Dire que la tribune du prétendu Groupe J-P Vernant est décevante est un euphémisme. Il reprend toujours les mêmes arguments et ceux-ci sont tout simplement faux. L’association existe dans la loi Fiorasso, mais pas le concept d »université confédérale. Les exemples donnés sont fantasmatiques (cf. ci-dessus). Et imaginer que les auteurs des classements internationaux sont assez bêtes pour se laisser berner par une signature unique (La Sorbonne) utilisée par des établissements qui restent indépendants est totalement illusoire.

    • Joel Pothier

      Imaginer que la science peut se borner à une université « indépendante » est un non sens consacré, entre autres, par les auteurs des classements internationaux. Ou on garde un peu de sérieux, et on développe la fluidité entre universités dans la recherche (et dans l’enseignement), ou bien on se verrouille façon LRU avec pour seul horizon de dépasser les autres dans un pauvre classement… (qui ne montre que l’aptitude à avoir de bonnes notes).

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