Promouvoir les MCF-HDR qualifiés

Pétition pour le déblocage de la situation des Maîtres de conférences, habilités à diriger des recherches et qualifiés par le Conseil national des universités

Les débats qui ont régulièrement lieu au sein de la communauté universitaire et au Parlement ont montré, à travers les multiples prises de paroles et témoignages, que les modalités de recrutements des Maîtres de Conférences (MCF) et des Professeurs des Universités (PR) sont dysfonctionnelles.

En cause notamment, le localisme et les recrutements arrangés par des comités de sélection ad hoc. Presque tous les observateurs appellent à ce que ces modalités soient entièrement revues car elles pénalisent bon nombre de candidats de valeur qui ne trouvent pas de poste faute d’appartenir au bon réseau ou d’être le candidat « local ». Le gouvernement a commandé un rapport visant à réformer ces modalités.

Par ailleurs, à une époque où la baisse des postes publiés est de plus en plus significative et où dans ce que l’on appelle les petites disciplines on est confronté pratiquement au néant, cela devient particulièrement urgent. Si on a désormais décidé de se passer de certaines disciplines, il faut au moins trouver des solutions pour celles et ceux qui sont déjà en poste.

Nous souhaitons attirer votre attention sur la situation particulièrement pénible des Maîtres de Conférences-Habilités à Diriger des Recherches (MCF-HDR) qualifiés, (dont certains ont atteint l’échelon Hors-classe (HC)), et qui se sont prêtés à la procédure des concours de PR. Ces personnes ont déjà fait la preuve de leur expérience et de leur engagement dans l’Enseignement supérieur et la recherche aux côtés de leurs collègues PR, pendant de nombreuses années, mais se trouvent plongées dans une situation de fragilité institutionnelle. Ils assument des tâches qui incombent à des PR (direction de thèse, de laboratoire, de département, d’équipes, montage de diplômes et leur coordination, etc.) mais sans la reconnaissance qui va avec. Ils ont vu leur carrière bloquée par le localisme et par les effets pervers de la loi LRU.

Lors des Assises de l’Enseignement Supérieur et de Recherche à l’automne 2012, une question du Snesup portait sur la transformation des postes de MCF-HDR qualifiés en postes de PR. Des sections CNU se sont prononcées en faveur de cette mesure. La Conférence des Présidents d’Université (CPU) s’est également faite l’écho de cette mesure. Au delà de l’injustice que ces personnes subissent, plusieurs arguments plaident en faveur de cette transformation :

1- aucun surcoût financier (la grille salariale des MCF-HC est identique à celle des PR 2ème classe);

2- désengorgement du flux de plus en plus important des MCF-HDR qualifiés par le CNU et candidats à des postes de professeurs par la voie classique du recrutement ;

3- reconnaître un chercheur actif en recherche par rapport à un chercheur démobilisé (certains collègues de notre génération ont abandonné la recherche).

4- la carrière de MCF est accomplie en 22 ans alors qu’un PR de 2ème classe peut espérer continuer sa carrière par un passage au moins en première classe.

Nous, signataires de cette pétition, demandons que l’on examine au niveau national (du CNU et du Ministère) le dossier de ces MCF-HDR qualifiés (parfois plusieurs fois) et qui ont postulé sur des postes de PR (certains à plusieurs reprises). Un recensement national, organisé par le Ministère, permettra de déterminer le nombre de personnes dans ce cas. Nous demandons que leur situation soit prise en compte de manière urgente.

Nous demandons la transformation de ces postes de MCF-HDR qualifiés en postes de PR 2ème classe pour que ces collègues puissent garder leur motivation intacte.

11 Commentaires

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11 réponses à “Promouvoir les MCF-HDR qualifiés

  1. Christophe Bonnet

    dans ce cas, pourquoi ne pas fusionner carrément les corps des MCF et des PR? Avec les négociations PPCR qui s’ouvrent, il y a une vraie fenêtre de tir pour cela.

  2. Fabien

    et du coup tous les docteur.e.s qualifié.e.s devraient automatiquement avoir un poste de MCF par un raisonnement identique…

    • Con-Ferré

      Mais non, il y aurait une évolution sur dossier avec des critères à définir de type passage à la HC… on parle là de MCF, donc de titulaires, de personnes déjà évaluées par le CNU et par les universités de recrutement càd de personnes qui ont un poste à l’université déjà !…. Je crois qu’il ne faut pas tout mélanger pour faire croire que la fusion des corps est une fausse-bonne idée. C’est une vraie bonne idée… la seule d’ailleurs qui soit juste et qui évite le triste mandarinat qui revient à grand bruit dans nos université

  3. Jpvallat Vallat

    La plupart des mcf hdr ne se présentent pas sur les postes de pr et meprisent les « petites facs de banlieue ou de province » estimant légitime leur maintien sur place surtout en ile de France. L’iéee de mutation et de créer des parcours de masters en province leur fait horreur.

    • Pascale

      C’est tout à fait inexact, J. P. Vallat. Vous semblez oublier qu’il n’y a quasiment plus de postes de PR ouverts aux concours. Paris et sa banlieue ? N’en parlons pas ! Dans ma discipline, les quadra et quinquagénaires occupent les chaires, et partiront à la retraite dans quinze ans. Morale de l’histoire : les MCF HDR se bagarrent pour obtenir un poste en province, en concurrence avec des PR qui se présentent à la mutation pour essayer de changer d’air. Ca fait beaucoup de candidats sur les postes offerts en province, et beaucoup d’EC condamnés à rester dans leur établissement d’origine, même après plusieurs tours de piste. Celui qui soutient une HDR puis se qualifie dans sa section désire se présenter sur les postes de PR, autrement on ne voit pas pourquoi il se coltinerait cette double épreuve. Malheureusement, la raréfaction des postes a perturbé la dynamique des élections : entre les candidats locaux, les favoris des réseaux, et les PR en mutation, les chances de décrocher un poste sont devenus infimes.

  4. TonnerredeBrest

    Pardon, mais j’en suis à ma sixième audition cette année (en ayant été classé 2e et 3e ici et là, de Lille à Toulouse en passant par Besançon et Jussieu), ma seconde qualification par le CNU. Entre temps j’ai obtenu la hors-classe du premier coup récemment, ce qui laisse à penser que mon dossier n’est pas complètement nul. Le problème c’est que ma discipline est en train de couler, le nombre de postes de PR aussi, et du coup la situation est assez désespérée. J’ai commencé à candidater à l’étranger, et je ne crois pas au vu de la situation en France que j’y finirai mon cursus.

  5. Une parisienne...

    Je confirme : je suis MCF dans une fac parisienne, qualifiée et titulaire de la PEDR, et je fais mon tour de France tous les ans, toujours classée derrière les locaux. Je suis prête à m’investir ailleurs et rien ne me « fait horreur » !!!

  6. Con-Ferré

    N’oublions pas le fait que dans certaines sections, notamment certaines des 6 premières sections (Droit, Sciences politiques et Histoire du droit, mais droit notamment), la seule façon jugée légitime par les sections CNU concernées pour devenir PR ,est l’agrégation externe (qui ne nécessite que le doctorat, donc ni poste de MCF ni HDR préalable ni même activité administrative quelconque auprès ou à la place de PR puisque vous pouvez passer du statut de docteur à celui de PR en ayant été recalé entre temps à la qualification MCF par le CNU !). Les sections 01 et 02 notamment du coup restent extrêmement « économes » tant pour la voie de la qualification (46-1 qui ressemble à une sorte d’évaluation des candidats dits « agrégeables », avec ou sans expérience administrative, auprès de PR etc) que pour celle du 46-3 dite « voie longue » tant le modèle de l’agrégé domine l’évaluation par les membres du CNU, qui en sont majoritairement issus, dans toutes les hypothèses. Au passage, alors qu’un MCF HDR qui a été 4 ans directeur de composante peut être PR via le 46-5, la section 02 a pu estimer qu’ un décannat + une direction de département +une direction de master recherche + une co-direction de labo en cours (par le même MCF dans sa carrière, avec publications régulières et appréciées, publiées dans des revues à comité de lecture exclusivement et des ouvrages écrits) ne méritait pas autre chose, concernant l’item « investissement administratif » qu’un avis « réservé ». La section du CNU a estimé que ces fonctions ne relevaient pas de ce que devait faire un PR (alors que les postes de directeurs de composantes et de labo sont par les textes réservés prioritairement aux PR)… Il serait bon dans ces demandes de penser à ces situations qui perdurent malgré leur coût social (coût d’un jury d’agrégation) et humain (désoeuvrement de ces personnels qui se donnent à l’institution pour une telle évaluation in fine et qui voient arriver des tout jeunes docteurs fraîchement PR qui ont connu de l’université le temps des étudiants et qui prétendent apprendre la vie à l’Université d’accueil aux collègues MCF investis depuis longtemps)… et de repenser l’uniformité stricte des moyens – toutes sections confondues – pour devenir PR et de fermer enfin les concours qui ne subsistent que pour quelques uns (ou les ouvrir pour tous, mais là..) et dont les critères qualitatifs de sélection ne pas irréprochables….Car la qualification ne représente rien en droit, en sciences politiques aussi, peut-être en histoire du droit… alors on fait comment (bien sûr la qualité recherche doit rester un critère rigoureux par contre pour la qualification)

  7. Je souscris à tout ce qui est dit. Pour ma part je suis HDR depuis presque trente ans et n’ai jamais cessé d’écrire ! ou de préparer et animer des collo-
    ques. Mais tout cela ne compte guère dans un système sclérosé où il n’y plus d’argent pour promouvoir correctement les collègues.

    Dominique A Mignot hdr hors classe (histoire du droit sect. 03 )
    avocat

  8. Anonyme MCF

    Bonjour j’ai 37 ans je suis MCF HDR qualifié en sciences dures et j’ai la PEDR.
    Je commence sérieusement à me démotiver au vu de la rareté des postes et de mon engagement profond et motivé en recherche.
    Il est grand temps de faire quelquechose car comme d’autres collègues EC du même âge nous regardons de plus en plus outre atlantique ou les perspectives de carrière sont bien plus attractives pour un chercheur motivé.
    Je voulais rester en France mais si d’ici mes 40 and rien ne change je partirai
    avec famille et enfants là où on reconnaîtra mon travail .

  9. Olivier

    Le système universitaire français est sclérosé et à bout de souffle sur tous les points de vue. L’idée même de carrière, d’incitations, de performance, de politique des RH ou ce genre de choses lui est totalement étranger (il suffit de voir le fonctionnement de la PEDR, seule et unique prime de performance, pour bien résumer la situation). Les chercheurs n’ont aucun moyen individuel pour faire leur recherche et on voit se développer de plus en plus une forme d’asservissement de la part de ceux qui ont des fonds à l’encontre des jeunes, consistant à mettre leur nom sur des publications sans participer au travail de recherche, en échange de quelques euros sur des financements de recherche pour pouvoir faire des colloques ou acheter un ordinateur, des logiciels et des bouquins.
    Et on parle là du coté recherche. On attend le jour où une caméra de télévision viendra filmer en caméra cachée un jury d’année fait sur la base du logiciel Apogée et révèlera au pays à quel point il s’y passe n’importe quoi, à un niveau inimaginable pour le grand public et mêmes pour les étudiants (et même pour la moitié des collègues qui ne met jamais les pieds dans un jury d’année).

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