SUP : 56.903 ou 59.868 EC ?

Combien d’enseignants-chercheurs dans l’enseignement supérieur public dépendant du MENESR en 2014-2015 ? 56.903 ou 59.868 ? Une différence de 3.000, ce n’est pas rien !

Le premier chiffre est issu de la 9ème édition de l’état de l’ESR (édition qui vient de paraître) et le second des Repères et Références Statistiques. Par ailleurs, l’état 2016 donne une population totale d’enseignants du Sup de 90.939 (incluant les enseignants détachés du second degré et les enseignants non permanents) et les RERS 2015 une population de 91.716 ; la différence entre les deux sources est inférieure à 1000.

P1480881Source : édition 2016 de l’état de l’ESR

Cliquer sur les images pour les agrandir

P1480880Source : RERS 2015, Indicateur 9.15

Vu ces différences d’effectifs dans les deux sources, il est difficile de prendre pour argent comptant les commentaires des auteurs.

Commentaires issus de l’état 2016 de l’ESR. « En 2014-15, 91.000 enseignants exercent dans les établissements publics d’enseignement supérieur sous tutelle du MENESR, sur un total d’environ 155.000 personnes. La France compte, en 2012, 17,3 étudiants par enseignant contre seulement 15,8 en moyenne dans les pays de l’OCDE. Le quart de ces personnels est affecté en Ile-de-France.

En 2015, le potentiel d’enseignement et de recherche dans l’enseignement supérieur public sous tutelle du MENESR recule de 0,8 % par rapport à l’année précédente pour s’établir à 91 000 enseignants dont 57 000 enseignants-chercheurs et assimilés, soit 62,6 % de l’ensemble (graphique 04.01a). Les enseignants du second degré et les enseignants non permanents représentent respectivement 14,4 % et 23 % des enseignants. Ces personnels sont affectés pour 93,6% d’entre eux dans les universités (graphique 04.01b).

L’ensemble des effectifs d’enseignants titulaires et stagiaires a sensiblement augmenté au cours de la dernière décennie (+ 4,8% entre 2005 et 2015), après avoir enregistré des taux de croissance encore plus élevés lors de la décennie précédente (graphique 04.03a et graphique 04.03b). Ces évolutions reflètent la forte progression du nombre d’étudiants sur ces mêmes périodes. Entre 2005 et 2015, le taux de progression est similaire pour les professeurs des universités (PR) (+ 6,3%) et pour les maîtres de conférences (MCF) (+ 6,7 %). La catégorie des enseignants non permanents enregistre des évolutions plus contrastées sur l’ensemble de la période. Son effectif, après avoir fortement augmenté entre 1993 et 2003 (+ 61 %), a continué à progresser, mais à un rythme plus lent, jusqu’en 2009. Il décroit depuis ».

La présentation des données (tableaux, graphiques, histogrammes, cercles) est différente d’une source à l’autre. Les RERS privilégient les tableaux et les chiffres bruts (je préfère !). La 9ème édition de l’état 2016 de l’ESR se veut plus moderne. « Elle permet au lecteur de s’approprier les données, de relayer les informations sur les principaux réseaux sociaux, notamment les chiffres-clés. Elle propose des fonctionnalités avancées de recherche, lexique et suggestion de contenus associés. Il est également possible d’accéder à une description détaillée des principales sources mobilisées et de leur mode d’élaboration ». Mon point de vue : trop de gadgets, trop de clics, trop de tape à l’oeil.

La disparition des tableaux de chiffres bruts dans l’état 2016 me laisse sceptique. Par exemple, les deux graphiques ci-dessous, qui portent sur l’évolution du nombre d’enseignants du supérieur public de 1992 à 2015, donnent des résultats fort différents pour certaines catégories d’enseignants. Pourquoi ? Question subsidiaire : pourquoi une base 100 en 1992 ?

P1480878

P1480882

Conclusion surprenante : impossible de comparer l’évolution du nombre d’enseignants du supérieur, et plus particulièrement du nombre d’enseignants-chercheurs de 2007 à 2012 (quinquennat N. Sarkozy) et de 2012 à 2015-2016 (4 premières années du quinquennat F. Hollande).

La promesse de 5000 postes pour le SUP a-t-elle été tenue ? Les gels de postes, pratiqués par un certain nombre d’universités, ont-ils eu de conséquences sur leurs effectifs, sur l’évolution de ceux-ci, sur la répartition entre titulaires et précaires ? Dans l’état actuel des publications du MENESR, on ne peut répondre à ces questions !!!

Une piste à explorer : analyser et comparer les bilans sociaux des universités en matière de masse salariale, d’effectifs, de statuts…

Pour aller plus loin, lire aussi. Les personnels enseignants de l’enseignement supérieur en 2013-2014, MENESR, Note de la DGRH, Enseignement supérieur, n°1, Janvier 2016.

2 Commentaires

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2 réponses à “SUP : 56.903 ou 59.868 EC ?

  1. Quelqu'un du Sies que vous aimez critiquer

    Rers et eesr ont les mêmes auteurs, les mêmes sources. La différence, dans le rers il y a un passage par une pao externe qui peut ajouter des erreurs !
    Sur eesr, cliquez sur le bouton # < base 100 et vous obtiendrez le graphique en valeurs brutes. Vous pouvez également télécharger la série au format excel ou csv.

    • Détrompez-vous : si le SIES n’existait pas, il faudrait l’inventer ! Si je me permets de temps en temps des critiques ou des suggestions, c’est pour que la statistique publique soit encore plus performante, rigoureuse.
      Dans le cas de cette chronique, vous confirmez qu’il peut y avoir des erreurs, mais, pour arriver à des résultats identiques dans les deux publications, vous faites quoi ?

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