Quel avenir pour le conseiller ?

Avril 2016, Thomas Lardeau est nommé conseiller de Thierry Mandon pour assumer la charge des relations avec les établissements d’enseignement supérieur. L’université de Limoges publie un communiqué (ci-dessous) car le conseiller y a obtenu une maîtrise de sciences économiques en… 1997. Il a atteint aujourd’hui la 1ère partie de la quarantaine.

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L’université de Limoges est allée vite en besogne pour se féliciter d’un aussi beau parcours ! Être nommé conseiller de Mandon un an avant 2017, ce n’est pas la gloire ! D’ailleurs à quoi peut bien servir aujourd’hui un conseiller pour les relations avec les établissements ? Cette nomination ressemble à un recasage précaire.

Le profil Linkedin de Thomas Lardeau révèle qu’il n’a pas réussi à percer en politique depuis qu’il s’y est lancé : collaborateur parlementaire de Laurent Fabius de 2009 à 2012, chef de cabinet de Bernard Cazeneuve dans deux ministères différents de mai 2012 à avril 2014, conseiller parlementaire de Ségolène Royal de mai 2014 à novembre 2015, chargé de mission au ministère de l’environnement de novembre 2015 à mars 2016.

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Avant de fréquenter les allées du pouvoir, Thomas Lardeau avait commencé une carrière plus traditionnelle, celle d’un enseignant à Sciences Po (2002 à 2012) : conférences de méthodes de 1ère année en analyse économique : microéconomie, macroéconomie, enseignements dispensés sur les campus de Poitiers (cycle ibéro-américain) et de Paris. 10 ans comme maître de conférences à Sciences Po, titre pompeux et ambigu car il s’agit d’une fonction qui n’exige pas le doctorat.

Une carrière d’enseignant précaire à Sciences Po, une carrière de conseiller du pouvoir qui tire à sa fin… Thomas Lardeau a décidé de tenter de s’en sortir. Il prépare et soutient un doctorat d’économie en 2014 à Paris 13 : Équilibre du marché du crédit et cycle économique : un nouvelle accélérateur financier. Cette thèse est en intégralité en ligne.

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Une thèse soutenue à 40 ans : je ne suis pas sûr qu’elle rende possible une carrière d’enseignant-chercheur (fonctionnaire) ; la qualification – par le CNU – aux fonctions de maître de conférences ne sera pas facile à obtenir!

Le conseiller aux relations avec les établissements d’enseignement supérieur a moins d’un an pour se faire repérer et recruter par l’un d’entre eux sur un emploi d’enseignant en CDI (contrat de droit privé des lois Pécresse et Fioraso). Au fond, il a peut-être un meilleur avenir que je ne le croyais au prime abord !

11 Commentaires

Classé dans C. Ile-de-France

11 réponses à “Quel avenir pour le conseiller ?

  1. kebs

    Pour info, la qualilfication par le CNU n’est (heureusement !) aucunement liée à l’age mais uniquement au dossier. J’ai été qualifié MCF par deux sections à 40 ans (largement) passé. Après, qu’il y ait des discriminations de fait liée à ce facteur dans certaines sections, ça n’est évidemment pas impossible mais ça sera très difficile à démontrer. Et de toute façon, ce type de profil ne base pas sa carrière sur son dossier mais plutôt sur son carnet d’adresse…

  2. Alain Vergelesses

    C’est fou ce que vous êtes prompt à critiquer de manière négative! Que ce soient des personnes qui ne pensent pas comme vous, ont d’autres options politiques, sont proches de l’actuel gouvernement ou des éléments novateurs comme l’utilisation du numérique par exemple.
    Et alors, qu’est ce qui vous gêne dans le fait d’obtenir un doctorat à 40 ans? Qu’il ne passe pas par la CNU?
    Mon fils, dans la foulée de son diplôme d’ingénieur d’une grande école, a obtenu un doctorat d’une université française puis un PhD à Georgia Tech. A 28 ans il n’a pas souhaité de qualification par le CNU. Il a vu, entre autres comment s’effectuaient certains recrutements… Il a débuté comme chercheur dans un labo d’une entreprise de pointe dans son domaine et en est devenu à 36 ans un des dirigeants…
    Une vie est donc possible sans être MCF et pourquoi cette personne le souhaiterait-elle?
    Je vous laisse donc ruminer sans cesse les mêmes choses, inutile de me repondre, je ne lirai plus votre blog, le comique de répétition a ses limites.
    Dommage, je ne connaîtrai pas votre opinion sur la pédagogie inversée ou l’enseignement à distance…

  3. alain quemin

    Ce qui est fascinant, c’est que quelqu’un puisse conseiller des ministres dans n’importe quel domaine ! Il doit être rudement fort pour conseiller de la sorte sur tout et n’importe quoi, budget, sécurité, écologie, enseignement supérieur… Cela force l’admiration !

  4. Olivier

    Le problème n’est ni son âge ni sa potentielle carrière universitaire, c’est tout simplement d’être conseiller ministériel dans un domaine où l’on ne possède à peu près aucune expérience de haut niveau. Que le ministre ne soit pas un spécialiste de son domaine, pourquoi pas, à partir du moment où ses conseillers le sont eux-mêmes. Mais si même eux n’y connaissent à peu près rien, la situation pose réellement problème.

  5. Lannes

    Cher Monsieur,

    Sans doctorat point de salut et sans qualification point de statut. Sans ces deux sésames on ne peut donc selon vous être un enseignant et/ou un chercheur.
    Tous ceux qui donc enseignent sans être au minimum MCF, ne sont donc que des sous-enseignants et en aucune façon des chercheurs. Et n’essayez même pas après 30 ans de décrocher une qualification, c’est impossible.
    Vous oubliez tous ces enseignants-chercheurs qui venus de l’entreprise ou de l’administration sont un jour devenus MCF voire Professeur et ont apporté toute leur expérience pour le plus grand bénéfice des étudiants et de la recherche.
    Vous niez la qualité des professeurs du secondaire, des professionnels du public et du privé, des BIATOSS qui apportent tous les jours aux établissements.
    Je suis IGR, avec une carrière dans d’autres administrations avant. J’enseigne et je participe à la recherche. J’ai conscience que pour certains collègues je ne suis pas un vrai enseignant parce que je n’ai pas de doctorat, certains ne me disent même pas bonjour. J’enseigne, entre autres les finances publiques et quand j’aborde la LOLF, je sais de quoi je parle car je l’ai mise en œuvre, vécu la préparation, appliqué tous les jours, ai formé les fonctionnaires qui font marcher les services publics. Je fais passer toute mon expérience dans mon cours: est-ce négatif?
    Est-ce que ce monsieur que vous dénigrez, ne peut comme beaucoup dans les établissements, apporter ses compétences, son expérience, son envie au même titre que les vrais enseignants avec doctorat et qualification.

    Si tu n’as pas un doctorat et une qualification à 30 ans, tu as raté ta vie.

    Tous les enseignants-chercheurs sans doctorat mais qui tous les jours assurent de très bons enseignements et participent activement à la recherche vous saluent à genoux.

    • alain quemin

      Je note que vous vous présentez comme un spécialiste. Comme le relève le commentaire juste avant le vôtre, ce conseiller ne semble spécialiste de… rien (ou alors, si on veut être bienveillant, il est spécialiste vraiment en… tout). Est-ce que cela fait sens à l’université ? Peut-on sérieusement être enseignant et chercheur … en tout ? Personnellement, je ne le pense pas. Vous dites vous-même que vous avez capitalisé sur une série d’expériences qui semblent, dans votre cas, parfaitement cohérentes. Mais, dans le cas évoqué par ce blog, ce sont quoi les compétences spécialisées qui peuvent être transmises ???

      • Lannes

        Je n’ai pas indiqué que j’étais un spécialiste, mais que j’avais acquis une expérience complétée par des compétences.
        Que savons-nous de l’expérience et des compétences que ce monsieur a acquises et de celles qu’il pourrait encore acquérir.
        Mon but n’est pas de le défendre en particulier, je ne le connais pas.
        Ce qui me dérange c’est que l’on puisse remettre en question la valeur de cette personne simplement parce qu’il n’a pas de doctorat ou qu’il ne l’a pas eu comme la majorité des MCF ou Professeur. Qu’est ce que cela sous-entend pour tous ceux qui enseignent, font de la recherche et qui ne sont pas titulaire d’un doctorat ?
        Suis-je dans mon cas aussi un spécialiste (et un enseignant) de rien du tout ?

      • alain quemin

        Ah, mis justement, personnellement, je ne demande pas mieux que de savoir quelles sont les compétences et la spécialisation de ce conseiller qui a conseillé des ministres dans tous les domaines ! Et je comprends votre point de vue sur le doctorat mais si vous pensez qu’il n’est nécessaire d’avoir un doctorat pour être enseignant chercheur, c’est le système universitaire tout entier qui doit être revu. Et faut-il le bac ? Et votre position réformiste se limite-t-elle à l’université ou a-t-elle aussi cours dans les autres milieux professionnels ? Et faut-il supprimer tous les diplômes pour accéder à certaines fonctions ou seulement le doctorat pour être enseignant-chercheur ?

  6. Lannes

    Je ne remets pas en question le doctorat pour accéder aux fonctions d’enseignants-chercheur, je remets juste en question le fait que l’on puisse sur ce blog s’attaquer à une personne sans la connaître, que l’on puisse sous-entendre que ses semblables ne sont pas de véritables enseignants.
    Le respect des personnes n’est-il plus d’actualité dans le monde universitaire ?

    • alain quemin

      Souligner que quelqu’un est conseiller de ministres dans tous les domaines, alors que les ministres sont rarement eux-mêmes spécialistes du secteur qu’ils couvrent, ce n’est pas une attaque, c’est un constat, non ? Mais merci de signaler que vous ne remettez pas en cause le doctorat pour accéder aux fonctions d’enseignant-chercheur même si, à vous lire – et c’est d’ailleurs votre droit – il ne semble pas y avoir de compétences propres attestées par la détention du doctorat, celui-ci ne vous semble pas nécessaire ou incontournable pour un enseignant-chercheur. Personnellement, je ne suis pas convaincu que tous les docteurs possèdent vraiment les compétences qu’est censé garantir leur titre, mais dire que l’on peut faire aussi bien comme enseignant et chercheur avec ou sans doctorat, avoir une même légitimité, me semble logiquement poser la question de l’utilité du doctorat et de son maintien ou non.

  7. @Lannes. @alain quemin Ma chronique n’est centrée ni le doctorat, ni sur l’accès à la fonction d’enseignant-chercheur, d’enseignant dans le supérieur

    Elle porte sur l’avenir des conseillers ministériels au travers d’un exemple, celui de Thomas Lardeau. Il ne s’agit en aucun cas d’une attaque contre lui j’ai au contraire de l’empathie pour lui car il risque de se retrouver dans une position difficile dans un an, après les élections de 2017, même si, vous l’oubliez, il est titulaire d’un doctorat depuis 2014.

    Vous avez tort de croire que je ne le connais pas. Il s’expose dans tous les réseaux sociaux (tout au moins jusqu’à ces derniers jours). Sa photo continue cependant d’être sur Twitter https://twitter.com/thomaslardeau

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