67 universités sont pauvres

« En France, un individu est considéré comme pauvre quand ses revenus mensuels sont inférieurs à 833 ou 1000 euros après impôts et prestations sociales (Insee, données 2013), selon la définition de la pauvreté utilisée (seuil à 50 % ou à 60 % du niveau de vie médian) ».

Par analogie, on pourrait considérer comme pauvres les universités qui, en 2015, n’ont pu dépenser, par étudiant, que moins de 12.000 euros (1000 euros par mois). Ces universités sont au nombre de 67, comme l’indique le document d’exécution budgétaire du programme 150 de la MIRES.

Huit universités seulement ont une dépense par étudiant qui dépasse le seuil de pauvreté (12.000 euros). Pour la moyenne de toutes les universités, le dépense moyenne est 9.189 euros.

Les grandes écoles, les universités technologiques, le CNAM peuvent, à trois exceptions près, engager des dépenses par étudiant bien supérieures. Le record est détenu par les Écoles normales supérieures, l’ENS ULM en tête (67.464 euros par étudiant).

C’est la première fois que j’ai connaissance d’un tel bilan financier : il me donne du tournis et de l’écœurement. Le pire est que cette grave inégalité de traitement va se poursuivre.

7 Commentaires

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7 réponses à “67 universités sont pauvres

  1. FUBAR

    Oui ces inégalité sont scandaleuses, mais dans ce que l’ENS dépense il y a la solde des élèves. Il faudrait comparer hors solde pour vraiment voir la différence.

    • D’accord Fulbar, mais pour que la dépense par étudiant Normalien Ulm descende sous le « seuil de pauvreté » à 12.000 euros, il faudrait que la rémunération annuelle brute de celui-ci soit supérieure à 55.000 euros. Ce qui n’est pas le cas, comme vous le savez. Le scandale existe donc, toutes choses étant égales par ailleurs. Surtout que, par ailleurs, l’obligation décennale à travailler pour l’éducation nationale est soumise à des variations injustifiables.

  2. Les disparités sont choquantes, certes, mais l’analogie ne tient pas et le titre non plus.
    La dépense par étudiants n’a rien à voir avec le revenu des étudiants. Et si on veut quand même faire une analogie avec le seuil de pauvreté, il faudrait appliquer la même méthode, c’est à dire par exemple considérer comme « pauvres » les université dont la dépense par étudiant est inférieure à 50% de la dépense médiane. Comme on sait que la dépense par étudiant varie considérablement selon la composition disciplinaire de l’université (ex. Lettres vs Sciences), on en conclut que ces données, très intéressantes, doivent être analysées autrement.

  3. Levron

    Deux questions restent en suspens: peut-on comparer la dépense par étudiant entre une université et un établissement proposant des filières comparables? Peut-on par exemple comparer une école d’ingénieurs avec une filière professionnalisante scientifique, ou une filière professionnalisante économique avec une école de commerce? Je trouverais intéressant que l’on tentât l’exercice, si tant est que cela soit possible. Je viens de tomber sur une publicité tapageuse pour une de ces « business schools » en rentrant des courses….

  4. Samuel BLIMAN

    cette chronique nous renvoie aux possibilités de dépenses et investissements de « Scinces Po Paris »… dont acte en république monarchique!!

  5. Pierre

    Comment calcule-t-on la dépense par étudiant? En divisant la dépense par le nombre d’étudiants inscrits, ou par le nombre d’étudiants ayant réussi les examens de l’année? Ou par le nombre d’étudiants présents aux examens? D’expérience, ces trois méthodes donnent des résultats très différents; dans certains cas, compter par diplôme délivré peut multiplier les coûts par 10…

  6. Univers Cité

    Pauvres ? Ou mal gérées ? On fait le compte des heures complémentaires payées et non faites ? Le nombre de « déjeuners de travail » de certains directeurs d’ufr, de labo qui sont en réalité des déjeuners normaux que n’importe quel agent paye avec ses propres deniers, payés par les fonds publics ? Le nombres d’agents qui ne font pas leurs heures et se décrètent surmenés… A en juger par la proportion de ces dépenses, on voit comment certaines universités n’ont plus un rond pour leur métier de base. D’abord, on assainit la gestion et ensuite on se hasarde à quelques comparaisons.

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