L’examen continu intégral !

Association des Étudiants en Sciences Historiques (Strasbourg). Appel aux étudiants diffusé sur Facebook : pour ou contre l’examen continu intégral ?

Le ministère de l’éducation nationale a envoyé une note à toutes les facultés pour proposer la mise en application d’une expérimentions de 3 ans qui commencera à la rentrée 2016/2017.

C’est l’examen continu intégral (ECI), et cela consiste en :

Suppression des rattrapages

Trois  examens par grosse matière et 2 minimum par petite matière

Changement des coefficients des examens afin que tous les examens aient à peu prés le même poids

Création d’une session de substitution pour les absents à l’examen sous présentation d’un justificatif

Allongement de l’année jusqu’à fin mai

Argumentaire des professeurs

Les rattrapages coutent trop d’argent avec peu de présents par rapport au nombre d’inscrits et un taux de réussite bas

L’ECI offre l’avantage de bosser toute l’année dans une logique de progression avec des séances de correction

Les vacances d’hiver s’allongent, ce qui permettrait de faire des stages

Normalement la compensation et les rattrapages ne vont pas ensemble. La compensation ne peut aller qu’avec l’examen continu.

Cette expérimentation sera votée au conseil le 29 Juin. Donc on fait un petit sondage pour avoir un avis général qui nous permettrait de faire peser nos arguments, mais surtout vous devez vous exprimer afin de nous parler de tous les cas particuliers auxquels on n’aurait pas pensé, puisque si cette expérience passe, on devra essayer de minimiser la casse pour chaque profil d’étudiant (salariés, étrangers…)

Mon commentaire en tant qu’auditeur libre en Histoire médiévale et en Histoire de l’art médiéval, auditeur non astreint aux contrôles, mais dont les cours sont perturbés par des séances fréquentes de contrôle sur table. Et surtout, auditeur mécontent du petit nombre de semaines de cours dans l’année (au second semestre, un des cours que j’ai suivis s’est terminé fin mars !).

Le terme choisi, Examen continu intégral, me donne froid dans le dos : il me laisse croire que la mission prioritaire des universités est d’organiser des examens en continu !

Mes souhaits : d’abord et avant tout supprimer la semestrialisation (elle a doublé le nombre de semaines de contrôle). Autres souhaits : augmenter le nombre de semaines de cours jusqu’à atteindre 32  dans l’année, n’avoir que des « grosses matières » pour diminuer la pléthore  de contrôles, limiter le nombre de cours optionnels (plus il y a de cours optionnels, plus il y a de contrôles à organiser et moins il y a de semaines de cours)

3 Commentaires

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3 réponses à “L’examen continu intégral !

  1. fabi

    Bonjour,

    En fait le contrôle continu intégral n’arrive pas tout seul mais associé dans beaucoup d’universités à des réformes pédagogiques dont notamment la fameuse approche par compétences.
    Il semble assez clair, et l’arrivée des bachelor le confirme, que l ‘université n’est plus le lieu ou l’on va former des « savants » et le lieu de transfert de connaissances. Le rôle que l’on veut faire jouer, notamment au L , c’est de donner une formation professionnelle basique (mais pas au niveau des écoles, faut pas pousser) basées sur des compétences génériques (les compétences dites transversales savoir -faire, savoir agir et savoir obéir pardon savoir -être) matinées d’un peu de vernis disciplinaire ou ce qu’il va en rester.
    Dans une société de services on a pas vraiment besoin de bcp de connaissances qui en plus sont par nature élitaires voire bourgeoises, on vaut des gens formés à appliquer, à peu près bien, des consignes et capable de mettre en œuvre des procédures qui peuvent changer rapidement « en flux tendu » en fonction du marché.
    On peut parier que ces réformes vont augmenter le taux de réussite comme par magie ce qui servira à leurs justifications.

    Amicalement

    • fabi

      Bonjour,

      Pour préciser les choses, je ne suis pas par principe opposé au contrôle continu (CC), que j’ai et que je pratique, si il permet d’une part d’inciter les étudiants à travailler plus régulièrement et de faire un bilan progressif de leurs connaissances. Il permet aussi aux enseignants de suivre l’acquisition de leurs enseignements. Dans cette vision dite formative, c’est certainement une aide pour les étudiants.
      Cependant , et je rejoins là Jacques, avec de grosse promotions et avec le fait qu’il n’y a pas d’heures prévues pour ces CC, on se borne le plus souvent à faire des « mini-interro » de 10-15 mins qui, si elles peuvent être une aide, ne donnent qu’une évaluation partielle des connaissances acquises et du fait de leur format court et leur contenu, sont in fine sur-notées. Par ailleurs, elles ne favorisent pas l’amélioration des « compétences » rédactionnelles et la capacité d’abstraction. Il est à peu clair cependant que la passage au CC intégral à moyen constant augmente de manière significative les moyennes et peuvent entraîner plus de bachotage, ce que l’on est censé vouloir réduire. Il ne s’agit pas de garder un examen « couperet » qui d’ailleurs n’existe plus à la fac mais de définir le but que l’on veut assigner aux examens et pour quels contenus. Dans ce cadre le discours sur les compétences à la place des connaissances est assez inquiétant. Si nous devons réfléchir et mettre en place des approches pédagogiques adaptées aux « nouveaux publics », il faut essayer d’évaluer nous-mêmes les valeurs et limites des différents courants pédagogiques sans oublier l’épistémologie propre à chaque discipline. Les approches imposées « par en haut » (du ministère et trans-misent par la bureaucratie managériale des universités ) sont le plus souvent sans base théorique ou empirique (ou en tous cas ses bases ne sont pas comprises par ceux qui décident de les imposer).

      Le pédagogisme a assez fait de dégâts dans le secondaire, soyons vigilants

      Amicalement

  2. Jacques A Gilbert

    Bonjour, j’ai pratiqué le CC intégral dans certaines disciplines depuis des années. Le bilan est nuancé. Il est très utile avec des pédagogies interactives fondées sur des projet. Dans ce cas, il permet un suivi des projets mais sans doute aussi une évaluation moins distancée . Ce qui est une très bonne chose dans certaines matières
    En faire la norme posera des difficultés pour les cours cm à gros effectifs. C’est pratiquement impossible. Il faut aussi prendre en compte le volume d’heure et le nombre de semaines. L’idéal pour le Cc intégral est un gros volume d’heures de cours et un effectif limité. Il ne faut pas oublier que sur peu de semaines on finit par ne plus faire que du Cc.
    En fait ce qu’il faut c’est réduire le nombre des examens pour avoir une évaluation robuste sur des disciplines qui le sont également.
    Le systématiser est certainement un erreur. En réalité il dépend énormément de l’écosystème universitaire où il se situe. Si c’est pour faire seulement des économies… On risque d’être déçu.

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