15 Mns pour les recalés : non !

Les IDEX des COMUE Sorbonne Paris-Cité et Toulouse ont été arrêtées fin avril 2016, mais l’État s’apprête à leur filer 15 millions d’euros (respectivement 8 et 7) – lire en note finale l’article de Morgane Taquet. Il faut empêcher cette gabegie financière : les 15 millions doivent être donnés à 3 universités pauvres (Reims Champagne-Ardenne, Paris-Est Créteil, Versailles Saint-Quentin).

Depuis quand récompense-t-on les mauvais élèves ? Les deux COMUE ont eu 4 ans pour peaufiner un projet acceptable par le jury international du Programme d’Investissement d’Avenir, aux fins de pérenniser leur financement IDEX. Elles n’y sont point parvenues. Leurs gouvernances sont responsables de cet échec.

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Guillaume Gellé, président de l’URCA, introduit le colloque IUT (23 juin 2016). Cliquer sur les images pour les agrandir.

Bien plus et durant les quatre ans de la période expérimentale, les COMUE se sont comportées comme des cigales, gaspillant l’argent dans des appels à projets inutiles, n’anticipant aucunement un éventuel arrêt de l’IDEX. Elles auraient dû économiser comme des fourmis, pour faire face aux engagements pris pour 2016 et 2017 (en particulier pour les bourses doctorales). Elles devraient avoir honte d’être considérées par l’État comme des mendiants qui font la manche : 15 millions s’il vous plaît !

15 millions d’euros pour les recalés ! Non ! Certainement non ! Pas un seul contribuable ne pourrait admettre une telle faveur pour des COMUE qui ont failli parce que trop sûres d’elles-mêmes. Si les 15 millions étaient versés, il faudra crier aux conflits d’intérêts, aux petits arrangements entre amis, à des favoritismes inacceptables.

Ces 15 millions, il faut au contraire les verser à trois universités pauvres : Reims (président Guillaume Gellé), Paris Est Créteil (président Olivier Montagne), Versailles Saint-Quentin (président Didier Guilllemot). Pourquoi ce choix ?

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Parce que ces trois universités ont élu un nouveau président, qui a réussi à bouter dehors le président sortant qui voulait faire un second mandat. Ce cas du sortant-sorti n’est arrivé que 3 fois dans les élections universitaires de cette année. Ces trois universités sont en situation financière fragile et cela a dû jouer dans la volonté des électeurs de changer de président.

15 millions pour mettre les 3 nouveaux présidents en état de grâce en apportant à chacune de leurs universités une dotation de 5 millions. Cet argent sera plus utile dans des universités – qui n’ont pas ou qui n’ont guère bénéficié des investissements d’avenir – que dans des universités qui ont bénéficié de 4 années de financements IDEX. L’argent ne devrait pas aller systématiquement aux riches !

Note. Morgane Taquet, EducPros, 20 juin 2016, Idex : les universités Sorbonne-Paris-Cité et Toulouse accompagnées, mais pour quoi faire ? Le ministère et le CGI ont annoncé, lundi 20 juin, les mesures d’accompagnement des huit premiers IDEX, qu’ils soient poursuivis, soumis à une nouvelle période probatoire ou stoppés. Les recalés, Sorbonne-Paris-Cité et Toulouse, reçoivent un soutien financier (respectivement 8 et 7 millions d’euros), mais sans avoir reçu de directives sur la manières de réorienter leurs projets.

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2 Commentaires

Classé dans C. Ile-de-France

2 réponses à “15 Mns pour les recalés : non !

  1. Bien sûr qu’il faut cesser cette gabegie, mais pas seulement là !!
    Quant aux universités « pauvres », celles qui perdent 4 à 5 % de leurs effectifs/an en raison des calculs honteux de la subvention par le ministère de tutelle, elles ne sont pas 3, mais au moins 25 % de très pauvres et autant de pauvres parmi la petite centaine d’universités !!

  2. Olivier Frayssé

    Merci à Pierre Dubois pour l’ensemble de son oeuvre, qui permet à nombre d’universitaires de prendre connaissance d’une quantité imposante d’informations sûres, au plus près de l’actualité. Pierre Dubois a ses positions, ce qui est la moindre des choses pour un blogueur. Je réagis pour la première fois car mon attention a été attirée par la logique de ce post, une logique qui me semble différente de celle développée me semble-t’il blogueur dans nombre de ses attendus sur d’autres sujets. La proposition qu’il fait est en effet que l’état soutienne financièrement des universités, sans conditions, sans Idex, sans autre motif qu’elles sont dirigées par des gens qui ont la confiance de leurs électeurs et qui veulent aider ces derniers à remplir leur mission d’enseignement et de recherche avec des moyens décents. Cela nous ramène à une période fort ancienne, avant la contractualisation des établissements, avant que corps ne soit donné à l’autonomie / concurrence, que ne soit mis en avant la course à l’excellence, les regroupements imposés dans des cadres régionaux en harmonie avec la réalité des bassins d’emploi, les Responsabilités et Compétences étendues sous la houlette d’un « état-stratège », bref l’autonomie des universités atomisées, semblable à la liberté de l’écureuil dans la tournette. Une époque où la notion de service public d’enseignement supérieur et de recherche avait quelque réalité, où l’état était tenu pour responsable, et comptable de la qualité de ce service public, où les universitaires, les étudiants et les BIATSS s’adressaient directement à lui pour revendiquer l’octroi des moyens nécessaires à l’exercice de leur activité, et ne se perdaient pas trop dans des querelles intestines sur la meilleure manière de résister, de ruser ou de se plier aux injonctions du pilotage ministériel sans jamais se confronter au pilote.

    Olivier Frayssé, université Paris Sorbonne

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