UPEC. Une contre-analyse du rififi

Suite des chroniques Rififi à la COMUE Paris-Est (28 juin 2016) et OPA hostile contre l’UPEC (30 juin 2016).

Une 3ème chronique : une contre-analyse du rififi (28 juin 2016), émanant de la liste Penser l’avenir, agir ensemble, liste qui avait soutenu en mars 2016 la réélection à la présidence de Luc Hittinger. La liste est arrivée en tête dans les deux collèges enseignants, mais le président sortant s’est fait battre par Olivier Montagne.

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Lundi matin, les membres du comité exécutif de la COMUE UPE ont décidé d’exclure l’UPEC de la partie « trajectoire institutionnelle » du dossier I-SITE. L’après-midi, le président de l’UPEC en Commission Recherche a dit qu’il allait se battre contre cette décision qu’il a présentée comme une injustice.

Mais qu’a fait la direction de l’UPEC au juste pour faire partie de l’I-SITE ? Pas grand-chose :

  • absences aux réunions de travail ;
  • Dénigrements de toutes les propositions, y compris celles d’un projet d’université fédérale qui avait pourtant sa préférence ;
  • Incapacité à faire des propositions constructives.

Philippe Tchamitchian, de son côté, a su faire collaborer l’École Nationale des Ponts et Chaussées (ENPC) avec l’UPEM, l’ESIEE et l’IFFSTAR. Mais l’UPEC, qui mène activement une politique de repli sur soi, a cru (quelle erreur !) qu’elle était intouchable et qu’on lui passerait tous ses caprices.

La décision – hélas inéluctable compte tenu des événements récents – d’exclure l’UPEC du volet le plus important de l’I-SITE est la réponse d’UPE au refus manifesté par la direction de l’UPEC depuis plusieurs semaines de participer à une réflexion collective ouverte sur l’évolution de la gouvernance de la COMUE, dans le cadre des exigences attendues par le jury international relativement aux candidatures IDEX / I-SITE.

Ce refus s’est notamment manifesté par l’accueil méprisant fait aux propositions de travail formulées par Philippe Tchamitchian de la part de certaines composantes et de certains membres de l’équipe présidentielle lors d’un comité de direction (CODIR) qui s’est tenu le 14 juin – CODIR qui se transforme ainsi en organe de direction de l’université parallèle aux conseils centraux –, et par l’attitude de chantage dont l’équipe présidentielle a fait preuve lors du débat qui s’est déroulé en conseil d’administration de l’UPEC vendredi dernier sur ce même sujet, la position de fond de l’université se résumant à un coup de poing sur la table : « les éléments de gouvernance proposés dans le cadre du projet I-SITE sont inacceptables et il n’y aura pas de candidature I-SITE sans l’UPEC».

Clairement, la réponse de la COMUE est logique : on ne peut pas forcer les gens à rentrer dans le jeu, s’ils ne sont pas d’accord avec les règles. Dont acte.

Alors pourquoi Olivier Montagne veut-il aujourd’hui se battre pour revenir dans le projet I-SITE ?

Certes, il s’était engagé à faire réussir l’I-SITE grâce à un projet de gouvernance fédérale dont on n’a jamais eu le moindre avant-goût. Avec cette promesse, il devait réussir là où l’ancienne équipe, raillée par certains à la faculté de médecine, aurait échoué… Mais sans I-SITE, les moyens des Labex pour les unités de recherche UPEC ne seront pas pérennisés (au premier rang desquels le Labex de médecine VRI et Bezout de la FST). Sans I-SITE, on peut aussi faire une croix, à terme, sur nos masters recherche moribonds.

Si on laisse la direction de l’UPEC se croire plus maligne que les autres, et entrer dans le rôle des irréductibles Gaulois, nous avons tous beaucoup à perdre. Veut-on vraiment devenir un collège universitaire sans ambition en recherche ou en innovation pédagogique ?

Les épisodes récents nous font penser qu’on se dirige tout droit vers cette cible-là, avec une équipe de direction qui a détruit en 4 mois ce qui avait été patiemment construit au cours d’une décennie ?

Retour sur les faits en 4 épisodes.

Épisode 1 : une présidence sans stratégie…

Épisode 2 : l’arroseur arrosé…

Épisode 3 : Ce n’est pas moi, ce sont les autres…

Épisode 4 : Quelle gouvernance pour quelle université ou plutôt, quelle université dans dix ans ?…

En parvenant aux responsabilités, certains n’ont pas compris qu’ils devaient changer de posture. On ne pilote pas un établissement sur la base de revendications syndicales nationales ou corporatistes.

On peut être contre la LRU, les IDEX, les COMUE, l’ANR pour telle ou telle raison. Mais on ne peut pas prendre en otage tout un établissement. Les trains passeront au seul profit d’un projet syndical et l’UPEC restera sur le quai. Ça ne changera rien à la politique nationale, mais nous aura conduits au déclin en balayant plus de dix ans d’une construction patiente porteuse de sens.

6 Commentaires

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6 réponses à “UPEC. Une contre-analyse du rififi

  1. Observateur

    J’avoue avoir le plus grand mal à comprendre comment des gens qui, jusqu’à très récemment, ont eu en charge les destinées de l’UPEC peuvent à présent utiliser le cheval de Troie de la COMUE pour se venger bêtement et bassement de leur défaite aux élections. Comment peut-on ainsi mettre en danger l’avenir même de l’UPEC au nom d’un bien suprême qu’ils incarneraient, en accusant les autres de ne pas rentrer dans le carcan antidémocratique qu’ils veulent imposer ? J’avoue que ça me dépasse, une telle attitude autoritariste et destructrice.

  2. Contempteur

    La longueur de ce texte indigeste, dans la même veine revancharde que celui du 1er avril truffé d’attaques ad personam, est à la mesure du temps libre dont cette engeance dispose depuis son éviction ! Car, bien sûr, leurs mandats se sont achevés en mars mais ils n’ont pas renoncé à leurs décharges d’enseignement qui courent jusqu’à cette fin d’année universitaire…

  3. Guillaume Marche

    « En parvenant aux responsabilités, certains n’ont pas compris qu’ils devaient changer de posture. On ne pilote pas un établissement sur la base de revendications syndicales nationales ou corporatistes. » Ah oui, vraiment ? Les auteurs de ce texte édifiant (au demeurant fort mal rédigé) considèrent donc que l’abandon des promesses électorales est une vertu politique du plus haut niveau ? C’est donc cela la « responsabilité » ? Il est vrai que, s’agissant des priorités de la COMUE Paris-Est, M. Tchamithcian n’a pas perdu de temps pour changer son fusil d’épaule (retourner sa veste ?), lui qui s’était engagé au moment de son élection à donner la priorité au contenu scientifique : il a rapidement trahi ce mandat pour se mettre aux ordres de la DGSIP et donner la priorité à des considérations de « gouvernance » qui vident le projet scientifique de sa substance (et, accessoirement, la COMUE de toute apparence de démocratie) ! Certains considèrent que la responsabilité, c’est se sentir comptable de ses actes, en répondre devant la communauté universitaire, bref : tenir ses engagements. Je suis par ailleurs émerveillé de voir qu’une fois de plus, « syndicales » est employé comme un gros mot, moi qui croyais naïvement que l’action syndicale c’est la défense collective des intérêts communs : je ne dois pas être assez responsable, réaliste ; il est vrai que la Realpolitik et la trahison des promesses ne sont pas mon idée de la politique universitaire.

  4. tuti frutti

    Un texte truffé d’à-peu-près et/ou de mensonges ; un seul exemple, les auteurs écrivent qu’Olivier Montagne « s’était engagé à faire réussir l’I-SITE grâce à un projet de gouvernance fédérale dont on n’a jamais eu le moindre avant-goût ». Pour avoir suivi de près la campagne de janvier 2016 et ce qui a suivi, j’ai retenu que la proposition d’Olivier Montagne dans sa profession de foi était justement de séparer le projet i-site et la question des formes de rapprochement avec l’UPEM.

  5. Syndiqué

    « En parvenant aux responsabilités, certains n’ont pas compris qu’ils devaient changer de posture. On ne pilote pas un établissement sur la base de revendications syndicales nationales ou corporatistes. » Ah oui, vraiment ? Il me semblait au contraire que « responsabilité » signifiait, lorsqu’on est élu, qu’on est comptable de ses actes devant ceux qui nous ont mandaté, élu. Or, justement, M. Tchamitichian, élu Président de la COMUE sur le mandat de concevoir le nouveau projet ISITE en accordant la priorité au contenu scientifique, sans faire des enjeux de gouvernance des prérequis, vient de renier ce mandat en mettant au premier plan la question de la gouvernance pour tenter de forcer une fusion que 60% des suffrages exprimés à Paris-Est Créteil début 2016 ont clairement rejetée. Par ailleurs, je m’étonne de voir « syndical » employé comme un chiffon rouge et un gros mot, moi qui croyais (naïvement, sans doute) que l’action syndicale était la défense collective des intérêts communs.

  6. Universitaire

    Dans ce texte, l’ancienne direction de l’UPEC ne prend pas acte de son double échec:
    – électoral puisque 60% des enseignants chercheurs ont désapprouvés sa marche forcée vers la fusion et sa gouvernance en général, sans contenu scientifique,
    – scientifique puis qu’après avoir été classé 17ème sur 17 pour la candidature IDEX (précédente mandature, mais même équipe essentiellement), le projet I-site a été sèchement sanctionné par le jury d’experts scientifiques malgré le soutien politique ostensible de la présidente de région.

    C’est qu’il ne suffit pas d’avoir de grands propos de chef d’état major…

    Lors de la présentation du dernier projet i-site devant l’ancienne commission recherche, les élus avaient pu constater l’indigence du projet scientifique masqué par un verbiage qu’on n’attendrait pas de la part d’ universitaires et qui marquent un glissement inquiétant: sommes-nous devenus des bonimenteurs ou des vendeurs de poudre de perlimpimpin ? Est-ce cela l’autonomie ? Or, semble-t-il, aucune leçon n’a été tirée de cet échec, ni au sein de l’ancienne équipe de direction de l’UPEC, ni à la tête de la COMUE.

    Perseverare diabolicum…

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