Strasbourg. La CGT aime l’IDEX

Pérennisation de l’IDEX : point de vue de la CGT (SES et SNTRS), communiqué du 13 juillet 2016. Une CGT qui se réjouit publiquement du financement IDEX obtenu par l’université de Strasbourg et ses partenaires : une attitude politiquement courageuse avant le début de la campagne électorale à Strasbourg (les élections des conseils centraux et de la présidence auront lieu à l’automne 2016) et dans le pays (élections présidentielle et législatives du printemps 2017).

Certes, la CGT de l’ESR alsacienne aime l’IDEX, mais elle l’aimerait davantage encore si sept de ses demandes étaient satisfaites (cf. le communiqué).

Texte intégral du communiqué. Le SES-CGT et le SNTRS-CGT Strasbourg se réjouissent de la pérennité du financement IDEX obtenu par l’université de Strasbourg et les partenaires du projet UNISTRA (CNRS, INSERM …) le 29 avril dernier. Malgré la feuille de route extrêmement contraignante imposée par le gouvernement au jury IDEX, les aspects les plus ouverts de l’initiative, entre autres, les appels d’offres sans périmètre d’excellence en recherche et formation, ont été reconnus.

En recherche, les projets soutenus jusqu’à ce jour ont permis des collaborations nouvelles, en particulier dans le champ de l’interdisciplinarité. Dans le domaine des outils structurants en recherche, l’argent de l’IDEX a permis de financer nombre d’actions qui n’auraient pu l’être dans le contexte d’austérité ambiant. Nous reconnaissons que l’argent de l’IDEX a permis aux SHS des ex-universités Marc Bloch et Robert Schumann d’accéder à davantage de contrats doctoraux, et post-doc, de même qu’au financement d’ambitieux projets de recherche.

Il en est de même pour le volet formation de l’IDEX qui a permis de mener à bien des projets de rénovation pédagogique et de soutenir les étudiants dans leur réussite et leur mobilité…

Le SES-CGT et le SNTRS-CGT se félicitent en particulier du contrôle des volets formation et recherche par les conseils et de l’ouverture totale de la grande majorité des appels d’offre à l’ensemble de la communauté. Les procès verbaux des conseils témoignent du fait que les élu-e-s des listes Responsabilité Démocratie Collégialité (que nous avons portés et soutenus avec d’autres organisations syndicales) et les élu-e-s BIATSS/IT CGT sont intervenu-e-s en ce sens sans relâche, depuis la genèse du projet IDEX. Le rapport d’audit de la cour des comptes reconnaît également que les élus Responsabilité Démocratie Collégialité ont pris leur pleine place et leur pleine responsabilité pour faire vivre la démocratie dans les conseils centraux et les commissions de travail.

Cependant, le SES-CGT et le SNTRS-CGT ne peuvent se réjouir du retrait des financements IDEX à Toulouse et à Paris Cité : ces échecs, ce sont des projets concrets menacés, des collègues dont le salaire ne sera plus assuré à court terme et dont les CDD ne seront pas renouvelés. Au plan national, les financements IDEX permettent à certains de survivre tandis que l’austérité écrase la majeure partie des établissements, des laboratoires et des composantes. Les appels d’offre Programmes Investissements d’Avenir (PIA) obligent les établissements d’ESR à rentrer dans un moule défini en dehors d’eux. Les contraintes imposées par ce mode de financement restent inacceptables sur bien des plans.

La CGT, avec d’autres syndicats, ne cessera de réclamer des financements suffisants pour l’exercice de nos missions de service public sur tout le territoire. On ne doit pas « mériter » le droit d’être financé pour faire notre travail. On doit au contraire être financé correctement dès le départ et bien sur rendre des comptes a postériori de l’utilisation adéquate des financements pour la recherche et l’enseignement.

A Strasbourg même, nous continuerons de demander :

– une ouverture totale de l’utilisation des financements IDEX

– la stabilisation des emplois des collègues qui travaillent sur les projets pérennes soutenus par l’IDEX

– la remise en cause des financements hors de prix des projets « bing-bling » ou concurrentiels tels que les Archives Ouvertes de la Connaissance ou les Identités Complexes, alors même que des solutions moins chères ou plus collaboratives auraient pu être mises en place.

– le rééquilibrage entre la part des Appels d’offre et les financements plus stables d’opérations sur le long terme au sein même de l’argent issu de l’IDEX: le temps passé par les collègues à rédiger les projets et par d’autre collègues (ou les même) à les évaluer est totalement contre-productif.

– l’ouverture des crédits PIA actuellement réservés aux Institut hospitalo-universitaire (IHU), Labex, Equipex, dans la ligne de ce qui a été fait pour les Appels d’Offre IDEX, et l’accentuation du droit de regard sur l’University of Strasbourg institute of advanced studies (USIAS) exercé par la commission recherche.

– la réinternalisation des activités de la Société d’accélération des transferts de technologie (SATT) Connectus et de la valorisation au sein de nos établissements publics (par exemple sous la forme d’une Unité Mixte de Service à trois tutelles).

– la démocratisation des décisions concernant les leviers IDEX « pilotage », « économie », « culture », aujourd’hui concentrées dans les mains du comité de pilotage de façon non transparente. Ceci peut être accompli par l’intégration de membres élus des conseils dans le comité de pilotage et par une information régulière des conseils centraux et le contrôle a priori des principales décisions par les même conseils, à l’instar de ce qui se passe pour les leviers recherche et formation.

Demain, avec de nouvelles élections aux conseils centraux et l’élection d’une nouvelle équipe de direction à la tête de l’Université de Strasbourg, l’argent de l’IDEX pourra aussi servir un projet aidant mieux encore les missions fondamentales de l’ESR en Alsace. Un projet différent, plus solidaire, valorisant l’esprit critique, reconnaissant le travail des Enseignants-chercheurs, chercheurs et des BIATSS dans toutes leurs missions et se devant d’être au service des étudiants afin qu’ils deviennent des acteurs responsables, autonomes, émancipés de la vie publique et du monde économique.

Le SES-CGT et le SNTRS-CGT

IHU = structure lauréate de l’appel d’offre PIA du même nom. A Strasbourg il s’agit de l’institut de chirurgie guidée par l’image, créé en 2011 et géré par une fondation dont l’université est membre.

USIAS = Constitutif du levier « recherche » de l’IDEX, l’USIAS, créé en 2012, accueille en résidence un certain nombre de chercheurs strasbourgeois ou extérieurs à Strasbourg pour des périodes de 3 mois à 2 ans. Les évaluations sont confiées à des évaluateurs externes par un collège de membres permanents.

SATT Connectus : société de droit privée filiale de l’Université de Strasbourg, du CNRS et de l’INSERM, qui suite au succès de Strasbourg à l’AO PIA du même nom a repris tout ou partie de l’activité de valorisation des 3 tutelles : « gestion des brevets », « maturation et transfert », et dans le cas de l’Université et de l’INSERM, gestion d’une grosse partie des contrats de recherche.

1 commentaire

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Une réponse à “Strasbourg. La CGT aime l’IDEX

  1. bof

    On reconnait bien là, avec le titre, le sens du raccourci journalistique de Pierre !!!

    Sur le fond ce n’est pas qu’on « aime » l’IDEX, mais que sans cet argent le site de Strasbourg s’effondre. Encore faut il essayer de faire quelque chose d’integrateur et de réellement solidaire et collectif avec cet argent, qui n’est à priori pas vraiment fait pour çà. Des choses ont été réalisées, mais il y a encore du boulot !!!!

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