Manifestations à l’Étoile

Ce matin, défilé militaire du 14 juillet 2016 sur les Champs-Élysées, de la place de l’Étoile à la Concorde. Sur le pilier droit de l’Arc de Triomphe, la grande sculpture réalisée par François Rude en 1836, évoquant Le départ des volontaires de 1792, appelée plus communément La Marseillaise. Album de 19 photos, prises le 3 juillet 2016.

P1490336Cliquer sur les images pour les agrandir

Alain Monchablon, La manifestation des étudiants, à l’Étoile le 11 novembre 1940, Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2011/2 (n° 110), pp.67-81 (texte intégralement en ligne).

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Résumé de l’article. La « manifestation des étudiants » du 11 novembre 1940 occupe une place bien identifiée dans l’histoire de la résistance française, celle de la première forme d’opposition publique aux Allemands, et elle suscite à ce titre l’objet d’un récit assez consensuel sur son déroulement et ses suites.

Sources universitaires, policières et allemandes à l’appui, Alain Monchablon vient opportunément rappeler le caractère spontané de l’événement ainsi que la complexité de la composition des participants, des différents acteurs institutionnels impliqués comme des réactions allemandes et françaises, très dures même si elles ne firent pas de morts comme on l’a longtemps cru. Ces faits permettent alors, dans un bel exercice d’histoire de la mémoire, de dégager les logiques à l’œuvre dans la lente reconstitution du souvenir et notamment dans sa réappropriation communiste après-guerre. Les épisodes apparemment les plus balisés de l’histoire des réactions françaises à l’occupant recèlent ainsi des surprises qui permettent de mieux comprendre les situations du moment.

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Tract appelant à la manifestation. Étudiant de France ! Le 11 novembre est resté pour toi jour de Fête nationale

Malgré l’ordre des autorités opprimantes, il sera Jour de recueillement. Tu n’assisteras à aucun cours. Tu iras honorer le Soldat Inconnu, 17 h 30

Le 11 novembre 1918 fut le jour d’une grande victoire. Le 11 novembre 1940 sera le signal d’une plus grande encore

Tous les étudiants sont solidaires pour que Vive la France !

Recopie ces lignes et diffuse-les !…

Nombre de participants à la manifestation… Le rapport du commandement militaire allemand estime entre 500 et 1.000 le nombre des manifestants présents à 17 heures. À 18 heures, la police française évalue à 24.500 le nombre cumulé des visiteurs de l’après-midi, certes pas tous étudiants, à la tombe du Soldat inconnu, et à 1.550 le nombre de bouquets déposés. Ces décomptes n’indiquent pas le nombre des manifestants ? mais ils rendent plausible l’évaluation minimale de 3.000 participants

… Le 12 novembre au soir, le commandement allemand communique ses décisions à la préfecture. Tous les établissements d’enseignement supérieur de la capitale sont fermés jusqu’à nouvel ordre, les étudiants non domiciliés à Paris doivent rejoindre leur famille en province et les étudiants parisiens doivent quotidiennement pointer au commissariat de police de leur domicile. Gustave Roussy apprend le 13 novembre qu’il est relevé de ses fonctions, ainsi que le secrétaire général Maurice Guyot, et immédiatement remplacé à titre temporaire par Jérôme Carcopino qui conserve sa fonction de directeur de l’ENS. Ce dernier s’efforce tout au long des semaines qui suivent de faire atténuer les mesures prises, voire d’en obtenir la levée, et pour cela donne les gages de sa bonne volonté aux autorités allemandes. Il est aidé par la FEP, dont le président, François de Lescure, diffuse aux lycéens parisiens et aux étudiants de province des appels au calme, soumis préalablement au recteur.

Jérôme Carcopino obtient progressivement divers aménagements, notamment en faveur des étudiants internes, dont ceux de la rue d’Ulm. Le 17 novembre un certain nombre d’établissements spécialisés sont autorisés à rouvrir. Il ignore qu’à cette date, le commandement militaire de Paris prône auprès de Berlin une reprise rapide des enseignements?  C’est le 8 décembre qu’il apprend la décision allemande de rouvrir l’Université le 20 décembre, mesure rendue publique le 14 seulement. Le commandement allemand avait libéré les prisonniers en trois vagues successives, le 20 novembre, le 3 décembre puis le 11. Restèrent cinq personnes condamnées par les tribunaux militaires allemands, dont René Baudoin

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Classé dans C. Ile-de-France, F. 19ème et 20ème siècles

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