Fusionner Paris 6 et Paris 7 ?

Copie de noir

Les quatre universités, membres fondateurs de Sorbonne Paris Cité (SPC), fusionneront-elles le plus rapidement possible ? Leurs 4 présidents se sont déclaré favorables à cette fusion, séparément puis dans un communiqué commun. Pour reprendre le fil de l’histoire de ce regroupement d’établissements: toutes les chroniques du blog sur SPC.

Mais des voix s’élèvent contre cette fusion, avançant un certain nombre d’arguments forts, dont celui du nécessaire temps de réflexion et de débats : il faut éviter la précipitation après la décision du gouvernement d’arrêter l’IDEX SPC. Faut-il rester dans le cadre des trois regroupements, inscrits dans la loi ESR de juillet 2013 (fusion, COMUE, association) ? Ou inventer un nouveau modèle, avec un nouveau périmètre d’établissements ?

La première voix, opposée à la fusion, est celle Laurent Creton, président du Conseil académique de Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Dans une lettre du 8 juillet 2016 , il rejette le projet de fusion des 4 universités de la COMUE Sorbonne Paris Cité. Il prend ainsi la contrepied de son président, Carle Bonafous-Murat. Les propositions de Laurent Creton demeurent floues, sans doute parce qu’il veut laisser ouvert le débat.

Deux extraits de la lettre de Laurent Creton

P1500185Cliquer sur les images pour les agrandir

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La seconde voix est celle de trois physiciens de Paris 7 Diderot, Bruno Andreotti, Etienne Parizont et Frédéric van Wijland, dans une tribune publiée par le Monde du 6 juillet 2016, et intitulée Unissons le potentiel scientifique de Paris. Ils sont opposés à la fusion des 4 universités de Sorbonne Paris Cité. Le projet qu’ils défendent suppose de rebattre toutes les cartes. « En sciences « dures », il existe une reconfiguration qui a les ­faveurs d’une part croissante de la communauté universitaire : réunifier le secteur scientifique des universités de Paris centre pour constituer, au sein d’une unique université pluridisciplinaire, un pôle conjuguant une ­recherche au plus au [sic] niveau international et un enseignement exigeant et démocratisé ».

Ce projet ne me convainc pas. Souhaite-t-il, sans le dire, la fusion Paris 6 Pierre et Marie Curie et Paris 7 Diderot pour faire jeu égal en sciences dures avec Paris Saclay ? Concrètement, cela consisterait à créer une université qui ne serait que la renaissance de la Faculté des Sciences de l’ex-université de Paris. Cette université serait certes pluridisciplinaire, mais seulement en fédérant les différentes disciplines des sciences dures. Au final, ce regroupement serait pire que ceux réalisés en 1968, car il serait suivi de la renaissance, dans Paris intra-muros, de chacune des facultés de l’ancienne Sorbonne. Et ainsi, le Recteur d’académie deviendrait le vrai chef des universités de Paris intra-muros, comme il l’était avant la loi de 1968. Fin de l’autonomie des universités !

Si, un jour, la Sorbonne devait renaître de ses cendres dans Paris intra-muros et constituer une seule université pluridisciplinaire, souhaitons que la grande fusion alors réalisée ne concerne que les seconds et troisièmes cycles, les premiers cycles actuels étant affectés à des Instituts d’enseignement supérieurs (chronique Le combat du blog : créer des IES).

2 Commentaires

Classé dans C. Ile-de-France, E. Ingénierie, E. Sciences

2 réponses à “Fusionner Paris 6 et Paris 7 ?

  1. Nathalie

    L’UPMC Paris 6 est engagée dans un processus de fusion avec Paris Sorbonne Paris 4. Le président de Parsi Sorbonne a annoncé le lancement de la nouvelle université.

  2. La position de Laurent Creton étant inconnue, elle ne peut être commentée. Il en est différemment de celle de Bruno Andréotti, qui s’est déjà beaucoup exprimé, sous son nom ou sous celui du « Groupe Jean-Pierre Vernant ». Ce nouvel article marque une évolution.

    Il voulait jusqu’alors regrouper les 17 universités d’Ile de France (17) dans une soi-disant « université confédérale ». En fait et en droit, il ne s’agissait de créer qu’une « association » au sens de la Loi Fioraso, donc ne pouvant prétendre ni au statut, ni au titre d’université.

    Il se « limite » aujourd’hui aux 7 universités de Paris intra-muros. Il ne s’agit donc pas seulement de P6 et P7. La répétition du mot « scientifique » peut laisser croire à un regroupement limité aux sciences dures, mais celui-ci inclurait forcément Paris Diderot. Ces universités seraient regroupées dans une « université interdisciplinaire ». Mais de quelle « université » s’agirait-il ? Une véritable université, résultant d’une fusion ? Celle-ci créerait une « université mastodonte », que les auteurs stigmatisent par ailleurs. Ou une simple association? C’est à dire le statu quo plus quelques liens contractuels, qui ne font pas une université.

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