Maîtres et étudiants au 12ème

L’université médiévale ou Studium generale n’apparaît pas dans un désert. Les enseignements supérieurs (théologie, droit canon, droit romain, médecine, arts) n’ont jamais totalement disparu depuis la chute de l’empire romain. Au 12ème siècle (davantage qu’au 11ème), ils ont d’abord été organisés dans des écoles spécialisées, laïques ou liées à l’Église (écoles monastiques, écoles épiscopales, écoles collégiales, écoles canoniales).

Dans le chapitre 8 de son ouvrage (Du royaume franc aux origines de la France et de l’Allemagne, 800-1214), Rolf Große explique le développement de ces écoles dans le royaume de France et leur quasi absence dans le Saint Empire (lire la note finale).

Dès lors, l’auteur va s’intéresser à la mobilité de maîtres et d’étudiants « allemands » vers Paris (chronique à suivre).

Album de 7 photos : le chapitre 8 dans son intégralité.

Page 193. « L’effervescence scientifique s’accompagne d’une multiplication des écoles. Fruit d’initiatives privées, fréquemment dirigées par des maître laïques, ces nouveaux lieux d’enseignement échappaient en partie à l’emprise de l’église. On venait se former à Paris, Laon, Chartres, Reims ou Angers, mais aussi à Orléans et Montpellier. Le royaume de Germanie ne proposant rien de comparable à ces écoles, il fallait se rendre en France pour étudier les arts, la théologie ou encore le droit canon.

Le profil des étudiants n’était pas celui d’individus en rupture de ban, à la recherche d’un autre mode de vie, mais bien plutôt celui de jeunes gens avides de savoir et prêts pour cela à assumer une existence matériellement précaire, parfois même au péril de leur vie. S’ils passaient au Moyen Age pour les étudiants les plus mobiles, les Allemands ne jouissaient pas toujours d’une bonne réputation. Le célèbre prédicateur Jacques de Vitry les dit par exemple « colériques et volontiers portés aux obscénités ».

L’usage du latin, langue des savants, donnait aux études un caractère international, ce qui ne veut pas dire que les étudiants originaires du royaume de Germanie n’apprenaient pas le français en prévision de leur séjour en France. Nombre d’écoles durent leur dynamisme à des maîtres et des étudiants venus d’ailleurs. La nouvelle organisation de la transmission du savoir faisait que les étudiants se considéraient comme les disciples d’un enseignant particulier plutôt que comme les membres d’une même école.

A Paris l’école cathédrale conserva toutefois sa prééminence dans un premier temps. Au milieu du 12ème siècle, les leçons qui s’y déroulaient attiraient trois cents étudiants » (page 193)…

P1500829Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Note. L’université de Paris, la plus ancienne université de France, apparait au 12ème siècle comme une corporation liée à la cathédrale de Notre Dame de Paris. Elle est reconnue par le roi Philippe Auguste en 1200 et par le pape Innocent III en 1215.

L’université de Heidelberg, la première fondée en Allemagne, est bien plus récente. Elle naît en 1385, dans le contexte du Grand Schisme. Le 23 octobre 1385, le Pape Urbain VI en approuve la fondation par l’Électeur Palatin Rupert 1. Le premier recteur est Marsilius von Inghen des Pays-Bas. Les premiers professeurs viennent de Paris et de Prague.

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Classé dans A. Histoire médiévale, C. Ile-de-France, D. Allemagne, E. Médecine Pharmacie, E. Sciences humaines et sociales

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