Shanghai : Strasbourg recule

Le marronnier du 15 août : le classement de Shanghai. Les épisodes précédents, publiés par ce blog depuis 2009, font part des nombreuses critiques qui portent sur ce classement international pionnier et plus largement sur tous les classements internationaux.

Classement mondial de Shanghai 2016 : 22 Français dans le top 500, L’étudiant EducPros, 16 août 2016, par Baptiste Legout.

« Publiée lundi 15 août, l’édition 2016 du classement de Shanghai ne bouleverse pas la hiérarchie. Première depuis 2003, Harvard est de nouveau en tête, devant les universités de Stanford (2e en 2015) et Berkeley en Californie (5e en 2015). Cambridge (4e) est la première institution anglaise. Les États-Unis et la Grande-Bretagne trustent sans peine les 18 premières places du top 20, reléguant le Swiss Federal Institute of Technology Zurich et l’université de Tokyo (respectivement 20e et 21e en 2015) aux 19e et 20e rangs…

P1500956Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Premier établissement tricolore comme en 2015, l’UPMC se place au 39e rang (36e en 2015) et confirme sa place de 3e d’Europe continentale…

Les établissements français n’arrivent pas à progresser : 41e et 72e en 2015, l’université Paris-Sud (Paris 11) et l’École normale supérieure de Paris ont même reculé aux 46e et 87e rangs en 2016. L’université de Strasbourg, 87e en 2015, quitte le top 100.

Seule formation tricolore à tirer son épingle du jeu, l’université de Bordeaux intègre le top 200 cette année pour la première fois, après trois années à fluctuer entre les 200e et 300e places »…

Chronique du blog du 22 août 2015, Communiquer sur Shanghai ? « L’an dernier, l’université de Strasbourg avait publié un communiqué, le 17 août 2015 : l’Université figure au 87e rang, progressant de 8 places par rapport à l’an dernier. Elle reste la seule université française hors Paris à apparaitre dans « top 100 » du classement. A noter notamment : les chimistes de l’Unistra sont en 19ème position, les biologistes entre le 51e et 75e rang et les physiciens entre le 76e et le 100e. La progression importante de l’université dans le classement est certainement due à l’attribution récente du Nobel à Martin Karplus » (photo).

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Quelle sera la teneur du communiqué de l’université de Strasbourg cette année ?

Le président de l’université, Alain Beretz, a réagi dès ce jour sur France-Bleu. « C’est un classement qui n’est pas fiable, perdre presque 10% de la valeur de l’université, si l’on peut dire, c’est une aberration. Une université n’est pas un produit volatil, c’est un peu comme dire que le Mont Blanc a perdu 10% de sa hauteur, c’est impossible ! Une université ça bouge mais de manière très lente. Cette volatilité souligne que la précision de ce classement est faible« .

Alain Beretz doit avoir oublié la méthodologie du classement de Shanghai : elle fonctionne sur une période de référence. Si une université a, chaque année, un prix Nobel ou autre, un nombre important de publications, de citations de ses enseignants et chercheurs dans les meilleures revues internationales, elle se maintient dans le classement. Strasbourg n’a pas obtenu de prix Nobel ces deux dernières années et son prix Nobel le plus ancien ne doit plus être pris en compte dans le classement 2016. Cela suffit pour entraîner une chute dans le classement. Alain Beretz a donc tort de dire que le classement de Shanghai n’est pas fiable. Il l’est eu égard aux critères qu’il retient !

Strasbourg n’est pas la seule université française à reculer dans le classement : les trois premières classées dans le top 100 reculent de quelques places. En ce sens, l’article de L’étudiant est gentil : les établissements français n’arrivent pas à progresser. Le titre aurait pu être : les meilleures universités françaises reculent dans le classement de Shanghai.

8 Commentaires

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8 réponses à “Shanghai : Strasbourg recule

  1. Marianne

    Surprenant que le classement ne tienne pas compte de la fusion des trois universités de Grenoble et mentionne toujours l’Université Joseph Fourier qui n’existe pourtant plus….

  2. Le classement est fondé sur l’année 2015. Cette année-là, les universités de Grenoble n’avaient pas fusionné.

  3. Pierre

    Pour voir le sérieux de ce classement, il suffit de regarder le classement par matière, par exemple en mathématiques, voir
    http://www.shanghairanking.com/
    et prendre le troisième tableau, World Top 200 Universities in…
    Vous verrez que la sixième université du monde en mathématiques est l’université du roi Abdul-Aziz d’Arabie Séoudite (KAU)/
    Il suffit d’aller sur le site de l’université:
    http://math.kau.edu.sa/Default.aspx?Site_ID=13009&lng=EN
    ou de faire une recherche bibliographique pour voir qu’elle n’a pas de scientifiques connus. Elle a simplement acheté sa place en utilisant au mieux les failles du classement, et en achetant des citations.

    Le classement de Shanghai est fait pour indiquer aux étudiants chinois qui vont étudier à l’étranger quelles sont les bonnes universités, et il remplit très bien son rôle pour cela. L’utiliser comme principal instrument de notre politique universitaire est une aberration dont nous sommes seuls responsables, et qui doit laisser les chinois pantois.

  4. François

     » Strasbourg n’a pas obtenu de prix Nobel ces deux dernières années et son prix Nobel le plus ancien ne doit plus être pris en compte dans le classement 2016. Cela suffit pour entraîner une chute importante dans le classement  »

    Non, il me semble que la méthodologie de Shanghai est de prendre en compte :
    – la totalité des alumni diplômés de l’université ayant obtenu un Nobel au cours de leur carrière
    – la totalité des enseignants-chercheurs qui travaillaient à l’université l’année où un Nobel leur a été décerné
    les chiffres étant corrigés par un  » coefficient de vétestuté  » d’effet très lent.

  5. François

    Lire bien sûr « coefficient de vétusté »

    D’après Wikipédia :
    Alumni
     » Sont pris en compte les élèves ayant obtenu leurs diplômes de bachelor, master et doctorat de l’institution. Un coefficient de 1 est attribué aux promotions de 1991-2000, 0,9 aux promotions de 1981-1990 et ainsi de suite jusqu’à 0,1 pour les diplômes remis entre 1901-1910. Les personnes ayant obtenu plus d’un diplôme dans la même institution ne sont comptabilisées qu’une seule fois. Les prix Nobel de littérature et prix Nobel de la paix sont exclus du barème  »

    Enseignats-chercheurs
    « Est pris en compte le nombre de chercheurs travaillant dans l’institution lors de la remise du prix. Une pondération décroissante est appliquée : 1 pour les lauréats de 2001-2004, 0,9 pour les lauréats de 1991-2000, 0,8 pour 1981-1990, et ainsi de suite jusqu’à 0,1 pour les lauréats de 1911-1920. Si un lauréat a plusieurs affiliations, chaque affiliation se voit attribuer le même coefficient. Pour les prix Nobel qui sont partagés, les coefficients sont proportionnels à la part du prix Nobel qu’ils ont obtenu »

  6. Jean-Paul JOURDAN

    ShangaÎ prend-il en compte la réussite des étudiants, je veux dire les taux d’insertion professionnelle

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