Beretz, la fiabilité des classements

Le communiqué du conseil des ministres du 7 septembre 2017 devait annoncer la nomination d’Alain Beretz, président de l’université de Strasbourg, comme directeur général pour la recherche et de l’innovation au MENESR. « La DGRI pilote l’élaboration de la stratégie nationale de recherche… Elle la décline par grands domaines scientifiques et dans ses dimensions transversales. Elle s’assure de sa mise en œuvre et veille à son évaluation… Elle définit les objectifs et indicateurs de performance des programmes dont elle a la charge et en assure le suivi ».

Indicateurs de performance ? Alain Beretz a une vision très critique des classements internationaux (lire en note ses déclarations sur le classement de Shanghai en 2015 et 2016). Or Shanghai 2016 et QS World University Rankings 2016-2017 observent un recul des établissements français. Le nouveau DGRI devra donc s’enquérir rapidement de l’évolution des indicateurs de performance que sa direction produit : sont-ils aussi orientés à la baisse ? On attend un communiqué sans langue de bois !

Au classement QS, l’université de Strasbourg est classée 260ème. Les six critères pondérés par QS (explication de la méthodologie)

  • Réputation de l’établissement auprès de près de 75.000 Academics (sondage auprès des enseignants et chercheurs) : 40 %.
  • Réputation de l’établissement auprès de près de 38.000 employeurs eux-mêmes diplômés du supérieur (par sondage) : 10 %.
  • Nombre d’étudiants rapporté au nombre d’enseignants-chercheurs : 20 %.
  • Nombre de citations rapporté au nombre d’enseignants-chercheurs (base Scopus) : 20 %.
  • Pourcentage d’étudiants étrangers (5 %)
  • Pourcentage d’enseignants-chercheurs étrangers (5 %).

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Selon QS, la baisse de la performance des universités françaises est principalement due à leur affaiblissement dans trois des six critères

  • 74 % des 39 universités françaises qui figurent dans le classement voient une baisse de leur réputation académique.
  • Diminution de 72 % dans le domaine « performance de la recherche », qui entraine une baisse pour le critère citations rapporté au nombre d’enseignants-chercheurs.
  • 62 % des universités voient une baisse du ratio professeurs/étudiants. Sept chutent de plus de cinquante places.

Note. Déclarations d’Alain Beretz.

Classement Shanghai 2015. L’Université de Strasbourg y figure au 87e rang, progressant de 8 places par rapport à l’an dernier. Elle reste la seule université française hors Paris à apparaitre dans « top 100 » du classement. Un résultat qui fait plaisir, bien sûr, même si le milieu universitaire est critique sur les critères qui permettent d’établir le classement. « Ce classement reflète, même imparfaitement, la qualité de nos recherches et la valeur de l’engagement de celles et ceux qui y contribuent ; il nous donne aussi une meilleure visibilité à l’international », explique Alain Beretz. Mais le président de l’Université de Strasbourg rappelle la « fiabilité toute relative » du classement de Shanghai qui ne prend en compte ni la formation, ni la recherche en sciences humaines et sociales, ni l’activité culturelle, ni l’insertion dans les territoires des universités…

Classement Shanghai 2016. L’évaluation des universités, ce n’est ni TripAdvisor, ni les Jeux Olympiques ! L’évolution très importante de notre classement nous interpelle certainement, notre performance a-t-elle réellement baissé ? Seule une analyse plus détaillée de ces données nous donnera la réponse. Mais surtout cette chute importante questionne la fiabilité de la méthode utilisée, car chacun sait qu’une université, comme un gros paquebot, ne change pas aussi vite de cap ou de vitesse. Rappelons-le encore une fois, ce classement utilise des données souvent discutables, à la fiabilité très relative. La volatilité importante de notre classement cette année questionne ainsi directement la fiabilité de la méthode employée, car tour le monde sait bien que le niveau de performances d’une université n’est pas soumis à ce type de variations brusques. L’analyse des publications faite par des robots n’est pas sans faille.

1 commentaire

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Une réponse à “Beretz, la fiabilité des classements

  1. S. Bliman

    Le « petit monde » de l’ESR et les officiels qui nous gouvernent devraient , pour faire bonne mesure, passer à l’évaluation quotidienne ; ils se seraient ainsi aligner sur le « jeu » de la bourse.On obtiendrait de « belles courbes » permettant à des esprits éclairés de dauber sur les tendances ,,à terme, court ou long…!
    Tout cela est affligeant et montre combien ESR est en dégradation!

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