Les diplômées sont ségréguées

Louis-Alexandre Erb, Les inégalités femmes / hommes dans l’insertion professionnelle des diplômé-e-s de master, DEPP, Note d’information, 16/06, septembre.

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… La situation sur le marché du travail est plus difficile pour les femmes [diplômées de master] du fait de la combinaison de trois séries de facteurs :

une ségrégation éducative : à elles seules, les spécialisations disciplinaires expliquent deux tiers des écarts femmes-hommes d’accès aux emplois stables et à ceux à temps plein.  Elles expliquent 29 % des écarts d’accès aux salaires les plus élevés et un tiers des écarts d’accès aux emplois de catégorie de cadre. Les formations féminisées sont celles qui débouchent sur une insertion plus difficile et une moindre qualité d’emploi.

une ségrégation professionnelle : à discipline équivalente, les catégories d’employeur et de secteurs d’activité expliquent 20 % des écarts femmes/hommes d’accès aux emplois stables et 10 % de l’accès aux emplois de catégorie cadre. La trajectoire professionnelle vers des secteurs ou des employeurs différents selon le genre conduit à une ségrégation des diplômé.e.s .

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une ségrégation socio-culturelle : est ainsi désignée la part « inexpliquée» par les précédents facteurs des inégalités subies par les femmes, c’est-à-dire non due à la discipline ou au type d’employeur.

Cette ségrégation intervient pour 58 % des écarts d’accès à un emploi cadre et pour deux tiers des écarts d’accès aux salaires les plus élevés. Ce différentiel restant peut trouver sa source parmi différents facteurs : des professions différentes selon le genre, relevant soit d’appétences différentes, soit de phénomènes d’autocensure, une dévalorisation des compétences des femmes diplômées sur le marché du travail, ou encore des discriminations à l’embauche par les employeurs.

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Intervenant dès les premières années d’emploi, ces phénomènes conjugués créent une situation d’emblée défavorable aux femmes actives, qui pourra s’accentuer dans la suite du parcours professionnel.

Remarque. Le tableau 1 de l’enquête sur le devenir des diplômés de master en 2012 révèle que 40% des diplômés et des diplômées sont en poursuites d’études fin 2015. C’est la 1ère fois qu’un tel taux est publié. Il est très élevé : il comprend bien sûr le taux de poursuite d’études en doctorat, mais aussi le taux de reprise d’études (dans un autre master, dans une licence pro…). Cette poursuite d’études est coûteuse pour les finances publiques. Je confirme que je suis en faveur de droits d’inscription correspondant au coût de la formation, pour les poursuites d’études immédiates et non doctorales après un master.

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