SPC. La fusion est mort-née

Collectif « Force Faiblesse Opportunité Menace« , communiqué du 19 septembre 2016. Pour aller plus loin : toutes les chroniques du blog sur Sorbonne Paris Cité (SPC).

La course à la fusion, avec un vote des conseils d’administration avant Noël, était motivée par une seule perspective : obtenir de l’Etat une réévaluation de l’Idex USPC en PIA1 ou en PIA2, sous 18 mois. Cette réévaluation, soutenue par le ministère, aurait dû figurer par écrit dans une lettre d’engagement en précisant le calendrier et les critères et être accompagnée de 8 millions d’euros.

Cependant, le Commissariat Général à l’Investissement (CGI) s’est opposé à cette réévaluation et a emporté l’arbitrage du premier ministre, puis du président de la République. Le verdict est tombé de la bouche même du CGI, Louis Schweitzer, le 14 septembre: il n’y aura pas de réévaluation de l’Idex USPC en PIA1 ou en PIA2.

Quant au PIA3, il n’y aura pas d’appel d’offre Idex mais une possible réévaluation de l’Idex USPC en 2019, dont il faut étudier de près les conditions pour comprendre que les chances d’y satisfaire sont inexistantes. Cet éventuel retour à l’Idex n’a pas été budgété, alors même que le budget est l’une des causes de l’arrêt de l’Idex USPC et que le budget du PIA3 est très limité. Elle suppose donc l’arrêt d’autres Idex, alors même que ceux-là connaissent maintenant les règles du jeu de chamboule-tout. La réévaluation en 2019 suppose encore que le prochain président de la République ne mette pas fin aux fusions gargantuesques imposées par en haut. Elle suppose encore que la ComUE SPC, porteuse du projet Idex, revienne devant le jury international en ayant achevé une transformation structurelle comparable à celle promise dans le projet Idex initial, c’est-à-dire la fusion des quatre établissements et des quatre universités de SPC. Une fusion autour des secteurs santé de Paris 5 et Paris 7 ne saurait en aucun cas constituer un projet transformant de Sorbonne Paris Cité dans son ensemble et le jury Idex ne pourra plus se contenter d’une succession de promesses non tenues – tantôt vis-à-vis du jury et tantôt vis-à-vis de la communauté universitaire.

Bref : la récupération de l’Idex en échange d’une fusion tient maintenant de la fiction. Les présidences qui portent la responsabilité entière du gâchis ont subi une fois de plus un échec retentissant.

Du reste, la fusion censée, dans une pensée magique indigne de l’Université, permettre de récupérer le « label » Idex, n’a toujours pas de contour défini. C’est dire si cette fusion est motivée par les besoins de la Recherche et de l’Enseignement… Le Conseil d’Administration de Paris 5 a été formel : hors de question de fusionner avec Paris 13. On a pu y entendre des arguments tels que : Nos enseignants et nos étudiants ne seraient pas en sécurité sur le campus de Paris 13 (sic). On le voit, l’esprit du Plan Panzer II (sic) concocté pour que Paris 5 absorbe la médecine et la biosanté de Paris 7 est toujours là. M. Dardel s’est donc déplacé en personne à Villetaneuse le 16 septembre, pour signifier à l’équipe présidentielle de Paris 13 qu’aucune composante de Paris 5 ne voulait d’eux.

Paris 13 a signifié en retour qu’elle serait partie prenante de cette fusion, que Paris 5 le veuille ou pas, et qu’elle lançait comme ailleurs ses groupes de travail fantoches.

On le comprend, l’avortement de la fusion est proche.

Les établissements de Sorbonne Paris Cité ayant été écartés des discussions (on se souvient de la rage froide de Science Po’), se passe-t-il encore quelque chose à la ComUE ? Oui. Et là encore, on sombre. Les statuts de SPC concoctés par M. Merindol sont fort clairs : après démission du président, il y a appel à candidatures et nouvelle élection.

Cependant, cette caricature de démocratie mise en place à la ComUE doit être encore de trop pour les dirigeants de Sorbonne Paris Cité puisqu’on a parachuté à sa tête un ancien élève de l’École polytechnique et de l’ENGREF, membre depuis 2015 de l’Académie d’Agriculture de France dans la section « Forêts et filière bois ». Condisciple dans son jeune temps de M. Dardel, M. Houllier n’avait pas hésité à le faire nommer à la présidence du conseil scientifique de l’INRA qu’il dirigeait. Juste retour des choses, M. Dardel a fait coopter en retour M. Houllier à la tête de la ComUE dans un renvoi d’ascenseur qui force le respect.

Sorbonne Paris Cité avait des airs de Titanic. Elle vise désormais le remake de Tintin chez les Picaros.

1 commentaire

Classé dans Non classé

Une réponse à “SPC. La fusion est mort-née

  1. CEYTE Jacqueline (retraitée de P3)

    Chronique oh combien savoureuse! merci

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s