Hallucinante réunion à Paris 7

Suite des chroniques sur la COMUE Sorbonne Paris Cité, la fusion des 4 universités qui la composent (Paris 3, 5, 7, 13), l’université Paris 7 Diderot.

Réunion d’information en amphi A2. 100 personnes : le tiers bas de l’amphi est la claque de la présidence ; le tiers haut comprend beaucoup d’opposants à la fusion (les mêmes que dans les AG d’opposition). 6 étudiants sont là. D’où l’on peut conclure que l’essentiel de l’Université se fout de ces questions ou se repose sur ceux qui veulent bien s’y plonger.

Derrière le bureau, 7 personnes, dont la présidente Christine Clerici, le VP CA et la VP recherche. Tout ce beau monde, sinistre, forme comme une caricature de Politburo. La présence du chef de la sécurité ne fait rien pour enlever cette image. La première partie est consacrée à des interventions écrites dans une langue de bois à faire pâlir Brejnev de jalousie: bla bla excellence bla bla cellule psychologique bla bla Idex bla bla groupe de travail bla bla P5-P7 cœur d’excellence etc. Tous les clichés les plus éculés du néo-management y passent. Et tout le monde s’ennuie férocement, se regarde pour trouver le courage de rester ou de partir de concert.

On apprend :

  • que la présidence maintient sa fable d’une réévaluation de l’Idex SPC en PIA1, malgré l’évidence, comme story telling.
  • que le politburo envisage la fermeture d’UMR.
  • que le politburo envisage la possibilité que l’université fusionnée soit un grand établissement et non une université de droit commun.
  • que Science Po et l’IPGP envisagent de quitter SPC (on verra pourquoi plus tard)
  • que le contour de la fusion ne sera pas connu (ni discuté ailleurs qu’entre présidents) avant la mi-décembre.
  • qu’il n’y aura pas d’autre consultation des personnels que les groupes de travail Potemkine.

Seconde partie : la salle pose des questions. Seuls les opposants en ont. Et ce ne sont pas des questions mais des skuds de plus en plus secs et violents. Pas la moindre petite question ni de la claque présidentielle, ni des témoins. Les réponses sont toutes vaseuses sans exception. J’irai jusqu’à gluantes, comme qualificatif. La, on apprend des choses (de la part des opposants):

  • Une VP de Science Po était présente à la réunion de Schweitzer où il a fait état du fait qu’il n’y aurait pas de réévaluation en PIA1 ou PIA2. Elle en a fait part à ses homologues qui ont découvert à cette occasion que leurs présidences leur mentaient. Devant cette preuve flagrante de ses mensonges, Mme Clerici a réaffirmé 3 fois, 4 fois, 5 fois que le CGI lui avait dit le contraire.
  • Cette réunion de VP a tourné à la cour de récré, avec l’affrontement P5-P13 au cœur (t’es plus mon copain; mais si j’veux être encore ton copain), mais aussi les dissensions au sein de l’équipe présidentielle de P3 (le VP recherche refuse de coopter un groupe de travail). Il se confirme que P13 ne veut pas se faire débarquer et préfère tout faire péter plutôt que d’accepter son élimination.
  • Les établissements de SPC (Science Po et IPGP en particulier) commencent à trouver que les présidences des universités sont peuplées de branquignoles incapables de converger sur une question aussi simple que le contour de la fusion. Ils envisagent de quitter ce panier de crabes, si cela ne se calme pas.

Ce choix de mentir frontalement et de nier l’évidence publique (puisqu’un compte-rendu de la réunion Schweitzer existe et qu’un compte rendu de la séance du CA de SPC où Merindol a laissé entendre l’échec à obtenir un retour en PIA1 existe) est stupéfiant. Cela, ajouté aux réponses marécageuses, a poussé les opposants à exprimer une colère franche dans des tonalités très différentes — je ne fus pas le dernier. En fait de communication (le but était sans doute de prendre le peuple en liesse en photo pour montrer combien cette fusion reçoit l’adhésion des masses), ce fut Waterloo pour notre pauvre équipe présidentielle.

Alors, comment comprendre que ces gens intelligents s’enferrent dans des mensonges de plus en plus grossiers, de plus en plus facilement démontables. Pourquoi ce story telling où le retour à l’Idex est le seul argument pour la fusion?

  • D’abord, parce que le fait que le contour de la fusion ne soit pas connu empêche à l’évidence de pouvoir dire qu’il s’agit d’une opération visant à améliorer la formation ou la recherche.
  • Ensuite parce que la raison réelle, pour Clerici, est la fusion du secteur santé lui assurant (au secteur santé) une domination dans Paris (au prix de la destruction de secteurs disciplinaires entiers) mais qu’elle n’est pas encore arrivée au degré de maturité pour le dire publiquement.
  • Parce qu’elle a besoin pour justifier que le CA ne démissionne pas d’avoir une deadline en décembre (qui n’existe plus puisque le PIA3, c’est 2019) et donc de maintenir la fable du retour en PIA1.

Mais les autres ? Ceux qui savent qu’il s’agit de mensonges grossiers et qu’il y a des preuves factuelles. Pourquoi adhérer encore à ce story telling? Pour avoir une place dans l’organigramme bureaucratique de l’université fusionnée? Pour « tirer son épingle du jeu » par des petites gratifications ?

Pourquoi ?

1 commentaire

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Une réponse à “Hallucinante réunion à Paris 7

  1. Frayssé

    Les SCUD sont certes de fabrication soviétique, mais leur désignation OTAN, sous laquelle ils sont connus, ne comporte pas de K. Des skuds sur le Politburo, ça sonne bien, mais non.

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