Sorbonne Nouvelle sans pilote

Quel avenir pour Sorbonne Nouvelle Paris 3 ? En novembre 2014, le futur président de l’université, Carle Bonafous-Murat, était contre la fusion des 4 universités membres de Sorbonne Paris Cité. En juillet 2016, après l’arrêt de l’IDEX Sorbonne Paris-Cité, il voyait trois scénarios possibles pour le futur. Aujourd’hui, il n’en voit plus que deux et il n’affiche aucune préférence. N’y aurait-il plus de pilote dans l’avion ? Le président va-t-il bientôt démissionner ?

19 novembre 2014. Les listes soutenant l’élection de Carle Bonafous-Murat à la présidence de l’université sont opposées à la fusion des 4 universités de SPC. La profession de foi engage le président.

Garantir notre indépendance. La Sorbonne Nouvelle ne s’engagera pas sur la voie de la fusion, mais elle compte prendre toute sa part dans le projet commun qu’elle a construit avec ses partenaires d’USPC. Les statuts de la COMUE votés en juin dernier constituent de ce point de vue la meilleure garantie de notre liberté de choix, et témoignent également de notre capacité à construire des actions collectives de grande ampleur, que nous ne pourrions pas mener isolément. Nous avons déjà commencé à le faire dans le domaine de l’international ou des pédagogies innovantes, pour ne citer que deux exemples. Pour autant, la crainte de voir notre université se diluer ou disparaître purement et simplement au sein de la COMUE ne s’estompera que si chacun retrouve la certitude qu’il pourra continuer à mener ses missions de service public sans transfert de compétences…

12 juillet 2016,  Journée des personnels, message du président Carle Bonafous-Murat. Esquisse de 3 possibles scénarios pour notre université : un scénario de statu quo dans la COMUE, un scénario de différenciation, et un scénario d’intégration poussée avec à terme ce qui pourrait être une fusion.

On ne peut nier que la perte de l’IDEX change radicalement le contexte universitaire pour nous, en IDF et à Paris. C’est pourquoi, j’insiste là-dessus, notre université doit avoir un véritable débat, serein et apaisé. Dès la prochaine rentrée, il est primordial que nous nous saisissions de ce débat. Les différentes motions qui sont remontées depuis mai, dont j’ai apprécié les termes modérés et constructifs, témoignent de la conscience que nous avons d’être à un tournant, qu’il va falloir faire des choix, mais que les gens sont prêts à participer à une concertation large sur les scénarios, et notamment sur le scénario de la fusion.

Pourquoi est-ce que je vous invite aujourd’hui en particulier à considérer ce dernier ? Il peut m’être reproché de vouloir reléguer au second plan les autres ce qui n’est pas le cas. Très pragmatiquement on pourra reconnaître que le scénario du statu quo nécessite peu de réflexion et qu’il est dépendant des décisions prises par nos partenaires.

Ce serait un piège de poser des perspectives aussi tranchées que différenciation OU fusion technocratique. On peut considérer ainsi que le scénario de la différenciation et de l’intégration peuvent s’insérer dans une même réflexion, où seront posés les aspects de différenciation pouvant aller jusqu’à une différenciation totale – mais le souhaitons-nous ?- et les aspects de fusion pouvant là aussi aller jusqu’à une intégration complète. Mais est-ce là encore ce que nous voulons ?
Le débat est en tout cas complexe, les agencements et accords avec nos partenaires pouvant être plus souples et adaptés à nos identités réciproques.

Vous le comprendrez, ma légitimité et ma responsabilité, en la matière, c’est de faire en sorte que l’université ne se retrouve pas marginalisée dans les discussions qui vont avoir lieu dans les prochains mois, car elles vont avoir lieu dans les autres universités, spécifiquement à Descartes et à Diderot. La question est donc simple : voulons-nous être en mesure d’y participer sur un pied d’égalité ou non ? Pour ma part, je n’ai aucune intention de prôner un splendide isolement, car selon moi, c’est le pire des scénarios.

28 septembre 2016. Le président appelle à une réunion d’information et de débat sur le futur de la Sorbonne Nouvelle pour le 6 octobre. Il ne s’investit pas pour la fusion. La date de la convocation (trois semaines après la rentrée) démontre une coupable incertitude.

Je souhaite que notre communauté s’implique le plus largement possible dans la réflexion et la construction d’un nouveau projet pour la Sorbonne Nouvelle dans le cadre de l’université Sorbonne Paris Cité (USPC).

Des réflexions similaires ont été engagées dans les autres universités d’USPC, et il importe que nous affirmions, dans la perspective des négociations à venir, notre volonté collective de porter auprès de nos partenaires des principes clairs.

Plusieurs scénarios de rapprochement ont été avancés, de fusion ou de différenciation notamment. Le moment est venu de leur donner de la substance, afin de nous permettre de décider collectivement sur quelle voie nous engager pour l’avenir. Ce choix ne peut pas être repoussé plus longtemps…

Pour aller plus loin. Toutes les chroniques du blog sur le président Carle Bonafous-Murat, Sorbonne Nouvelle, sur Sorbonne Paris Cité.

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