Crise à Dijon : le CA envahi

Maintien du cursus Lettres Classiques à l’Université de Dijon (lire la chronique du 15 septembre 2016). A ce jour, la pétition a reçu 6482 soutiens.

29 septembre 2016, « des centaines d’étudiants se sont mobilisés aujourd’hui pour venir manifester lors du CA de l’Université. Des étudiants de l’ESPE, des étudiants venus de l’IUT de Châlon sur Saône, car eux aussi connaissent des coupes budgétaires terribles du fait de la politique de l’UB (et on peut imaginer à quel point cela sera handicapant pour eux une fois sur le marché du travail), sont venus nous soutenir et nous accompagner.

La première chose à noter est que nous avons été accueillis par des vigiles. Cela a été ressenti comme une véritable insulte, tant par la symbolique du geste (les étudiants dont la colère est légitime, soudain considérés comme de simples agitateurs), que par son aspect très concret : payer des vigiles alors même que nous n’avons pas d’argent pour financer nos formations ? VRAIMENT ??…

Je vous épargne le ton généralement méprisant et paternaliste de M. Bonnin, ses réponses parfois évasives, ses aveux d’incompétences (« je n’ai pas la cartographie de toutes les filières »)

Pour toutes ces raisons nous, les étudiants, comptons interrompre tous les CA, comme nous l’avons fait ici, jusqu’à ce qu’un budget permettant la sauvegarde de toutes nos filières et de nos heures d’enseignement soit proposé. Nous souhaitons également la démission de M. Bonnin de son poste de président de l’Université. Après cet entretien avec lui, la confiance a entièrement et définitivement été rompue. Le mépris pur et simple qu’il a manifesté face à nos angoisses, face à notre avenir en danger, est inhumain et nous refusons de rester sous sa présidence. Nous ne sommes pas des chiffres à équilibrer sur un papier. Nous sommes des personnes, des êtres humains avec des rêves et des aspirations. Certains d’entre nous travaillent dur, enchaînent les petits jobs, nos familles se saignent au quatre veines pour nous payer nos études et nous aider du mieux qu’elles le peuvent. Il serait temps que la gouvernance de l’UB se souvienne que sans les étudiants, l’Université n’a aucune raison d’exister. Nous sommes peut-être les « usagers », mais c’est bel et bien nous qui avons le pouvoir, en fin de compte. Comme nous nous battons pour avoir PLUS d’heures et PLUS de filière, nous ne comptons pas bloquer l’Université entière mais bien UNIQUEMENT les CA.

Bref, tout cela est loin d’être terminé. Léonie Ollagnier.

30 septembre 2016, Le Bien public. Message d’Alain Bonnin, président, à l’ensemble de la communauté universitaire.

. Je ne veux pas faire d’amalgames entre une poignée d’agitateurs minoritaires, qui ont franchi une ligne rouge jusque-là jamais atteinte, et une opposition démocratique à des choix budgétaires difficiles. Situation que l’on partage avec nombre d’universités en France, dont les dotations sont notoirement insuffisantes. Au vu du contexte national budgétaire d’aucun ne peut ignorer la gravité. Il est de ma responsabilité de ne pas laisser de tels actes sans conséquence. Aussi, j’examine dès aujourd’hui les possibilités de dépôt de plainte pour les violences subies, notamment auprès d’agents de l’université, et pour les dégradations matérielles constatées.

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