Des métiers du patrimoine

Au regard des métiers du patrimoine, Marie-Cécile Bouju et Christian Hottin, In Situ Revue du patrimoine, n°30 2016.

Extraits de l’articleQue sont donc les métiers du patrimoine ? D’après les dernières statistiques publiées par le Département des études, de la prospective et des statistiques (DEPS) du ministère de la Culture et de la Communication, 579 000 personnes exercent en France une profession culturelle au titre de l’emploi principal, dont plus de 56 000 dans le domaine du patrimoine. Le DEPS regroupe dans ce dernier ensemble les bibliothécaires, les archivistes, les professionnels des musées et des monuments historiques, mais excluent les métiers d’art et les architectes.

En faisant du patrimoine en France un champ d’intervention politique, la Révolution française fut aussi la matrice d’une nouvelle identité professionnelle. Le 25 nivôse an II (14 janvier 1794), la Commission temporaire des arts et la Commission d’instruction publique édictèrent des « Instructions sur la manière d’inventorier et de conserver, dans toute l’étendue de la République, tous les objets qui peuvent servir aux arts, aux sciences et à l’enseignement ». Ce texte est considéré comme l’acte de naissance du professionnel du patrimoine, intermédiaire entre l’artiste et le gestionnaire, dont les compétences spécifiques sont mises au service du patrimoine.

Pourtant, dès la Révolution française, ces compétences sont également revendiquées, ou même contestées, par d’autres acteurs (politiques, artistes, érudits…). Faut-il y voir une concurrence entre groupes professionnels en quête de légitimité et de supériorité sociale, économique, voire politique ?

En France, cette question est complexe à traiter du fait du vocabulaire utilisé. Parlons-nous de métier, profession, corps, statut, groupe ? L’histoire du patrimoine en France, et la place de la fonction publique dans sa construction, ont souvent conduit à la confusion, pour le grand public comme pour les « professionnels », entre ces mots et leur représentation sociale, comme par exemple la qualification de « chartiste », qui est un titre (archiviste paléographe) et non un métier, ou celle de « conservateur de musée » qui est un statut – même si le corps précis est celui de « conservateur du patrimoine ». La profession est le métier qu’un individu déclare exercer, le métier est l’activité qu’il exerce effectivement et qui lui procure un revenu. Nous avons choisi ici, par commodité, de traiter du métier.

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Classé dans A. Histoire moderne, E. Arts Lettres Langues, E. Ingénierie, F. 19ème et 20ème siècles

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