Salzmann en quête de chaise

Coup de tabac pour Jean-Loup Salzmann : point de chaise musicale pour lui après son mandat à la tête de la conférence des présidents d’université. Sa décision à l’automne 2015 de suspendre le directeur de l’IUT de Saint-Denis, Samuel Mayol, a été condamnée par la section disciplinaire de l’université de Bordeaux et par le tribunal administratif de Montreuil. Dès lors, que compte-t-il, que peut-il faire début 2017 ?

Quelques éléments biographiques. « Né le 8 janvier 1955, JLS est le fils de Charles Salzmann, ami intime de François Mitterrand et son conseiller technique de 1981 à 1989.

Il a été président de l’université Paris 13 de mars 2008 à mars 2016 et brièvement administrateur provisoire de mars à mai 2016. Il est président de la conférence des présidents d’université depuis décembre 2012″ (source Wikipédia). Son second mandat de 2 ans à la tête de la CPU vient à échéance le mois prochain (chronique : CPU recherche Bureau).

Âgé de 62 ans le 8 janvier prochain, il est vraisemblable que JLS ne demandera pas à faire valoir ses droits à la retraite. Le demandera-t-il en 2018, après avoir bénéficié, en tant qu’ancien président, d’un congé sabbatique d’une année ?

Autre possibilité en 2018 : reprendre le travail en tant que professeur des universités et praticien hospitalier ? Sa biographie atteste qu’au cours de sa vie active, il a passé plus de temps à assumer des responsabilités administrativo-politiques qu’à faire l’enseignant-chercheur. Ce n’est pas aujourd’hui qu’il va changer.

La logique aurait voulu que le pouvoir socialiste lui attribue, pour bons et loyaux services, une belle place dans le jeu des chaises musicales. J’avais moi-même suggéré avec ironie qu’il soit nommé au Conseil d’État (chronique du 25 octobre 2013 : il faut exfiltrer le soldat Salzmann, et poisson d’avril de 2016 : démission du bureau de la CPU).

Mais revenons à l’affaire Mayol. Le Monde Campus, 4 juillet 2016. IUT de Saint-Denis :  le directeur blanchi. C’est une bonne nouvelle pour le directeur de l’IUT de Saint-Denis, Samuel Mayol… et un camouflet pour l’ancien président de l’université Paris-XIII Jean-Loup Salzmann.

Cette décision ouvre la voie à la réintégration de ce héraut contesté de la laïcité à l’université, en conflit ouvert avec sa hiérarchie depuis plusieurs années. Le 10 mars, juste avant de céder son fauteuil de président d’université, M. avait reconduit la suspension de M. Mayol, assortie d’une interdiction d’accès au campus, jusqu’à la fin des poursuites disciplinaires engagées contre lui.

L’université accusait M. Mayol d’avoir favorisé sa femme dans l’attribution d’un marché de formation professionnelle, d’avoir mis en place un « système occulte d’attribution de jours de congé » mais, surtout, d’avoir introduit des tapis de prière dans le local d’une association étudiante musulmane pour faire croire à l’existence de graves atteintes à la laïcité au sein de l’établissement.

Saisie de ces faits, à la suite d’une demande de dépaysement de l’affaire, la section disciplinaire de l’université de Bordeaux a prononcé la relaxe de M. Mayol, selon la décision dont l’AFP a eu connaissance. Pour trois des griefs – le favoritisme, le « système occulte » de congé et les tapis –, l’université a considéré que « les faits n’étaient pas établis ». Quant au dernier, – un cumul d’activités sans autorisation préalable –, la prescription a joué.

Décision du tribunal adminstrtif de Montreuil (novembre 2016). Je retrouve enfin honneur et dignité. Dans un message posté sur le réseau social Twitter vendredi soir, Samuel Mayol, directeur de l’IUT de Saint-Denis, a réagi au jugement prononcé par le tribunal administratif de Montreuil cette semaine, qui a estimé qu’il avait été suspendu « à tort » de ses fonctions en novembre 2015. Le président de l’université Paris XIII de l’époque, Jean-Loup Salzmann, l’avait alors accusé de « manipulation islamophobe », affirmant qu’il avait introduit des tapis de prière dans le local d’une association étudiante musulmane pour faire croire à l’existence de dérives communautaristes sur le campus. Samuel Mayol, fervent défenseur de la laïcité, avait déjà été relaxé fin juin par la section disciplinaire de l’université de Bordeaux (Gironde), désignée pour traiter ce dossier en toute impartialité. Il avait pu reprendre ses fonctions en juillet.

Dans ce contexte, le pouvoir socialiste ne peut offrir de chaise musicale rémunératrice à Jean-Loup Salzmann. On en revient donc au scénario 1 : départ en retraite en 2018, après une année sabbatique d’ex-président.

Pour rire un peu, j’imagine un scénario 2. JLS est encore aux manettes de la CPU. Il dissuade les candidatures des chefs d’établissement qui voudraient former un nouveau bureau (à ce jour, il n’y a effectivement aucun candidat). Dès lors, il se fait nommer administrateur provisoire de la CPU, avec pour mission de faire voter un changement statutaire : les présidents d’université, qui ont effectué deux mandats de président de la CPU, peuvent être élus une troisième, puis une quatrième fois, si l’assemblée générale des membres le décide à la majorité, et même s’ils ne sont plus chefs d’établissement.

JLS aurait un argument tout trouvé pour persuader ses collègues de l’élire : « être président de la CPU en 2017, ce ne sera pas une sinécure. Brave petit soldat socialiste, je suis le mieux placé pour résister à toute tentative d’affaiblissement, voire de destruction de l’enseignement supérieur public par une droite revancharde ».

2 Commentaires

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2 réponses à “Salzmann en quête de chaise

  1. Et nulle demande de dommages et intérêts ? Nulle action en abus de pouvoir ? J’avais moi-même suggéré il y a deux ans, après une émission où Salzmann avait joué au bon petit soldat de la laïcité version Jean-Louis Bianco, qu’on l’exfiltre en le nommant recteur — c’eût bien été le genre de la maison. Mais il a préféré pantoufler dans l’université : il faudrait — ce serait la moindre des choses — que l’université le lui fît payer. Faudra-t-il attendre une prochaine majorité pour cela ?

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