trouvermonmaster.com : non !

Réforme du master. Suite de la chronique : le compromis destructeur. Simone Bonnafous, encore directrice de la DGESIP, continue ses injonctions. Le 7 novembre 2016, elle a envoyé aux chefs d’établissements la lettre comminatoire, ci-dessous.

p1550027Cliquer sur l’image pour l’agrandir

En question, la désignation en urgence d’un référent pour le portail Master (trouvermonmaster.gouv.com). « Je vous demande de faire remonter, pour le 15 novembre 2016 au plus tard, le nom et les coordonnées du référent qui vous aurez désigné pour assurer le suivi du portail master dans votre établissement ».

Les établissements auraient bien tort de se laisser mener à la trique par Simone Bonnafous. Ou bien, dans les faits, ce référent ne servira à rien, ou bien il aura une tâche titanesque à mener. Il faut s’opposer au martyre d’un personnel ! Alain Beretz, vous qui avez été nommé Directeur de la recherche et de l’innovation avec pour mission de simplifier l’organisation du Secrétariat d’État, ne pouvez-vous pas obtenir de Simone Bonnafous qu’elle fasse enfin profil bas !

Ce portail est en effet une fausse bonne idée. Il ne sert à rien pour le premier point de la réforme du master en cours : introduction de la sélection à l’entrée du M1. L’offre de masters des différents établissements est en ligne et est globalement bien faite : les étudiants intéressés par un master s’y retrouvent ; si, néo-titulaires d’une licence, ils ne s’y retrouvaient pas, ce serait inquiétant !

En fait ce portail est prévu pour mettre en œuvre l’autre point de la réforme : le droit à une poursuite d’études pour toutes celles et tous ceux qui n’auront pas obtenu de place au terme du processus de sélection à l’entrée du M1.

Ce portail va clairement à l’encontre de l’autonomie pédagogique des universités. Il sera l’outil bureaucratique sur lequel s’appuieront les rectorats d’académie pour gérer les flux de recalés de la 1ère phase, pour les repêcher, pour les orienter vers les masters de seconde classe.

Le Monde Campus du 7 octobre 2016 – à quoi ressemblera la sélection en master ? – a très bien identifié le problème. Lorsqu’un étudiant titulaire d’une licence n’aura reçu aucune proposition d’admission en réponse à ses candidatures en master, il pourra faire valoir ce nouveau droit à la poursuite d’études auprès du recteur de la région académique où il a obtenu sa licence. Le recteur devra lui faire au moins trois propositions d’admission, en accord avec les chefs d’établissements concernés, en tenant compte de l’offre de formation, des capacités d’accueil, du projet professionnel de l’étudiant, de l’établissement dont il vient, et des prérequis des formations. Au moins l’une de ces propositions de master concernera, en priorité, l’établissement dans lequel l’étudiant a obtenu sa licence, lorsque l’offre de formation le permet, et à défaut un établissement de la même académie. Le ministère de l’éducation nationale prévoit de développer un site Internet intitulé trouvermonmaster.gouv.fr qui présentera l’ensemble des filières de master. Devront y figurer les prérequis demandés à l’entrée, notamment les mentions de licence acceptées, et une information sur les capacités d’accueil.

La CPU se réunit aujourd’hui et doit aborder la question de la réforme du master. J’espère qu’un communiqué tombera dans la soirée et dira crûment : les universités ont des choses bien plus utiles à faire que de contribuer à la création du portail, celle-ci ne pouvant être que bâclée ; ce serait folie si elles acceptaient de ranger leurs masters en plusieurs classes !

5 Commentaires

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5 réponses à “trouvermonmaster.com : non !

  1. N’est-ce pas un rien curieux que le ministère enjoigne les établissements de mettre en œuvre un texte qui n’a pas encore été voté par l’assemblée nationale ? On ne se donne même plus la peine d’un 49-3 ? On applique une loi et ensuite on la fait voter, ou j’ai très mauvais esprit ?

    • Stylgar

      Etant impliqué dans ce processus, je pressens trois difficultés :
      – Pour observer le traitement des informations nécessaires à trouversonmaster.fr, je pense que les Universités dont les effectifs sont en tension ne transmettront que le minimum. Ce qui ne permettra pas vraiment aux candidats de s’informer ; ce qui est, au moins pour cette année, l’objectif principal de cette plateforme.
      – Le droit à la poursuite d’études pose beaucoup de questions :
      1) je doute que les rectorats aient réellement les ressources pour traiter un nombre important de demandes, je pense que le ministère parie sur un nombre de demandes limitées.
      2) lors du traitement des demandes, je crains que le placement plus ou moins forcé par le rectorat des candidats recalés conduise les Universités à les inscrire dans des formations qui seront des voies de garage (à condition d’avoir les moyens humains, financiers et en locaux d’accueillir plus d’étudiants, ce qui est loin d’être acquis).
      – Cette plateforme pourrait bien devenir un jour une plateforme de candidature et dans ce cas là je rejoins le collègue ci-dessus qui s’inquiétait du risque de perte d’autonomie pédagogique mais aussi politique.
      En conclusion, manifestement il s’agit encore d’une décision prise dans l’urgence (le calendrier des demandes de Mme Bonafous et du vote de la loi est hallucinant) qui complexifie un processus qui avait surtout besoin de sécurité juridique.

  2. Pingback: Sélection Master | Pearltrees

  3. Bliman Samuel

    Dans le « jeu politicien » qui se pratique maintenant, on peut penser que cette « cuisine » tend à rompre avec une ouverture d’un nombre croissant d’étudiants pour les faire « entrer  » dans le statut de chômeurs. Pour les universitaires, voyant comme on les traite, il s’agit de deux choses: pousser certains à sortir de la fonction publique et pour les autres les conduire à enseigner de moins en moins. Et comme nous sommes en période pré-électorale, et bien tout sera le « cadeau » à ceux qui vont succéder aux « affaires »: ministre, directeurs au ministère , recteurs.. Les universités , elles -mêmes , finiront bien par en « crever »… mais qu’importe à ces « gribouilles » qui sont aux manettes!!

  4. Weiss Wilfried

    Bonjours à tous,
    je suis actuellement dans le processus de saisine via ce site.
    je n’ai qu’une chose à dire.
    Cette réforme et ce programme sont une calamité!!
    et encore je mâche mes mots.
    Je ne suis pas seul dans ce processus et je pense que je ne suis pas le seul à avoir le problème suivant:
    J’ai était refusé dans toutes mes candidature ( étrange mon dossier et bon avec lettre de recommandation), passe encore il doit y en avoir des meilleur.
    Mais déçus car je voulais vraiment faire ce master. on me dit d’aller sur le site pour que mon rectorat me propose 3 master ! ( super quelle chance…et bien non !!! ascenseur émotionnelle) cela fait presque 3 mois que j attend une proposition et toujours rien !!! c’est un scandale , car au moment ou je vous écrit la rentrée scolaire pour ma formation est demain. malgré mes questionnement sur le site on ne m envoie que des « réponses  » bateau à la « Monsieur, madame » qui ne répondent en rien aux questions que je leurs ai posé ! Au bout d’un moment miracle une réponse en me demandant mon numéro de dossier et depuis 1 mois plus de nouvelles malgré les relance.
    La suite est d’autant plus drôle (notez l’ironie), je suis calédonien qui est , jusqu au dernière nouvelle Française. J ai lut sur leur site que les réponse peuvent être donné jusqu en Octobre… la rentré est le 1er septembre j’habite à 22000 km. Non seulement ça me ferais perdre des semaine de cours mais avez vous déjà pris un billet pour la nouvelle calédonie le jour même (l’inversse pour moi), regardez juste pour rigoler, sachant que les justificatif d’ étude pour valoir la bourse (si on en a une) est généralement demander à l avance. Ce qui nous amène au logement. On récapitule, vous avez raté des semaine de cours vous vous êtes ruiné pour prendre votre billet car vous vous êtes engagé auprès du rectorat et vous devez vous prendre un logement au dernier moment car vous ne savez pas dans quelle ville sera le master proposé. A ce jour , remplis d’incertitude et à contrecœur un pauvre étudiant brisé se voit dans l’obligation de renoncer à sa poursuite d’étude pour cette années. Ce n’est pas possible de vivre dans l attente, cette réforme amène beaucoup plus de contrainte.
    à bonne entendeur.

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