Singes. Recherche puis commerce

Suite de la campagne électorale à l’université de Strasbourg. De la recherche au commerce des singes : mise au point sur les liens entre l’ADUIES et l’Université de Strasbourg. Communiqué de Michaël Gutnic et Pascal Maillard, élus du conseil d’administration (10 novembre 2016).

Le mardi 8 novembre, dans le cadre de la campagne électorale, Michel Deneken, président par intérim, était interpellé lors d’une réunion publique par des membres d’Animalsace. Cette association de protection des animaux dénonce depuis plusieurs années le « commerce des singes » auquel s’adonne notre université par l’intermédiaire d’une association de droit local, l’ADUIES – Association pour le Développement des liens Université-entreprises dans les Industries de la Santé…

… Il n’en reste pas moins que l’Université de Strasbourg a procédé à un investissement lourd de 5,5 M€ au moment où son fonds de roulement baissait vertigineusement, soit 10% de cette baisse (50 M€ entre 2009 et 2011). Le CA, sauf erreur de notre part, n’a pas eu à se prononcer sur cet investissement. En outre, nous demeurent totalement obscures les raisons pour lesquelles Michel Deneken s’est porté président de l’ADUEIS, alors qu’il occupait la fonction de 1er Vice-président de l’université. Enfin, on peut s’interroger sur les compétences effectives d’un Professeur de théologie pour présider à la destinée d’une plateforme d’innovation en primatologie, dont l’activité principale est désormais le commerce des singes, l’activité de recherche sur les primates étant désormais marginale.

Trois enseignements doivent être tirés de cette affaire :

  • Même si le développement des liens université-entreprises fait partie des missions naturelles de l’université, la vocation d’un établissement public n’est pas de devenir lui-même une entreprise en créant des filiales destinées à faire des profits.
  • L’affaire du Centre de primatologie et de l’ADUEIS est révélatrice d’une dérive lourde des universités vers un modèle entrepreneurial, dérive largement favorisée par l’équipe présidentielle de l’Université de Strasbourg depuis la fusion de 2009. Témoigne aussi de cette dérive le fiasco financier retentissant du projet Alisée (4,5M€ de perte sèche pour l’université), dont l’un des objectifs initiaux était de développer localement, et en partenariat avec une entreprise américaine (Ellucian), un logiciel dédié à gestion des étudiants et des enseignements, dont la commercialisation aurait dû permettre à l’université de toucher des royalties.
  • Ces dérives s’accompagnent d’un manque de transparence et d’un défaut d’information des élus dans les conseils centraux, possiblement aggravés par des contournements de leurs prérogatives. Ainsi nombre d’engagements financiers lourds ont été pris par le président de l’Université de Strasbourg et son équipe sans que le CA n’ait été informé.

2 Commentaires

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2 réponses à “Singes. Recherche puis commerce

  1. woodstein jethro

    le père Deneken n’était-il pas là -à la présidence du labo de primatologie- afin de rendre service à son camarade Carboni ? ainsi le sieur Carboni aura toute latitude pour palper au niveau de sa pompe à brouzouf ; la SATT.

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