Monteil : gaspiller 15 millions €

Comment qualifier la note de service qui suit ? Une introduction-baratin de soit-disant savants en organisation ? Des prédictions contradictoires en matière de compétences à acquérir pour des métiers encore inconnus ? Une usine à gaz pour gaspiller de l’argent public dans 80 lycées professionnels (choisis comment, parmi environ 1500 établissements privés et publics ?) ? Une complexification bureaucratique de plus (expérimentation avec comité de pilotage et conseil d’orientation stratégique !) ? Il y aura même des contrats doctoraux pour de jeunes chercheurs. Au final, ne s’agit-il pas de déployer uniquement une plate-forme numérique dont les contenus sont encore totalement obscurs. Bref, cette mission de Jean-Marc Monteil (bientôt 70 ans au compteur) se termine en eau de boudin.

Programme d’Investissement d’avenir. Orientations pour une expérimentation au lycée professionnel : répondre au besoin de nouvelles compétences pour l’emploi dans la société numérique, note de service n° 2016-150 du 7-11-2016.

Si avec le développement du numérique dans l’ensemble des secteurs d’activité, des emplois nouveaux vont être effectivement créés, d’autres seront détruits par l’automatisation et la digitalisation des processus de production, de gestion et d’administration. Alors que les métiers futurs n’ont pas encore livré leurs contenus, l’introduction du numérique dans la plupart des activités professionnelles met dès à présent en évidence des modifications comportementales profondes dans le monde du travail. Ainsi, le changement dans les relations hiérarchiques traditionnelles au sein des organisations vers des relations plus transversales, remet en question les modes de communication et de collaboration. De même, la fragmentation des tâches par l’automatisation, fait place désormais à la prise d’initiative et à la supervision des processus d’exécution en mobilisant des capacités de représentation et de traitement de l’information. Se trouve ainsi valorisée une approche cognitive de l’acte professionnel. Enfin, en favorisant les échanges réticulaires (au sein d’espaces qui fonctionnent en réseau), le numérique invite à la polyvalence et à des compétences à interagir augmentées [relire une seconde fois, tant ces assertions associées sont risibles].

Le renouvellement de la formation professionnelle s’impose donc comme un enjeu majeur pour faire face aux défis du travail dans un univers numérique. C’est l’objet de l’expérimentation ProFan, dont la mise en œuvre et le financement s’inscrivent dans le cadre général de l’action Innovation numérique pour l’excellence éducative du Programme d’investissements d’avenir.

1. Les objectifs de l’expérimentation ProFan

Conçue dans le cadre de la mission confiée au recteur Jean-Marc Monteil, l’expérimentation ProFan, se donne pour ambition de promouvoir et de qualifier, par la nature de leurs effets, de nouveaux contextes d’apprentissage et d’enseignement afin de favoriser l’acquisition de compétences nouvelles pour répondre aux exigences des métiers du futur.

Compte tenu de l’incertitude qui pèse sur la caractérisation des emplois correspondants, l’objectif principal de l’expérimentation vise à doter les élèves (futurs professionnels) de compétences nouvelles. Celles-ci doivent solliciter de nouveaux modes de pensée et d’action qui constitueront la base de nouveaux comportements : résoudre des problèmes en temps réel dont la nature évolue dans le temps, maîtriser la convergence réel-virtuel et les interactions opérateurs humains/objets connectés, coopérer et collaborer, en présentiel et à distance, travailler en rupture avec l’unité de lieu et l’unité de temps, opérer dans des hiérarchies définies par le seul problème posé, etc.

Il y a là le défi d’une nouvelle approche de la formation liée à des situations d’apprentissage et d’enseignement en décalage avec celles habituellement proposées. En effet, au-delà de l’acquisition de compétences techniques dans les champs professionnels concernés, il s’agit de construire un répertoire de compétences transversales non techniques. Parfaitement aguerris à la pédagogie du projet, les enseignants du lycée professionnel sont les mieux à même de s’approprier des contextes d’enseignement et d’apprentissage nouveaux afin de contribuer à l’identification et à l’acquisition des compétences nécessaires pour les emplois de demain.

2. Le cadre de l’expérimentation

ProFan associe dans un protocole commun, chercheurs et principaux acteurs de terrains concernés (enseignants, inspecteurs, chefs d’établissement, entreprises partenaires des établissements). Un groupement de recherche, réunissant une dizaine de chercheurs français et étrangers, élabore et réalise le dispositif expérimental et en traite les résultats. Ce dispositif implique quatre-vingts lycées professionnels à travers leurs cursus de CAP et de Baccalauréat Professionnel dans trois de leurs filières : industrielle, sanitaire et sociale et commerce. Il est déployé dans les dix académies de cinq régions (Bordeaux, Poitiers, Limoges, Rennes, Nantes, Strasbourg, Nancy-Metz, Reims, Montpellier, Toulouse). Des conventions conclues avec les lycées professionnels définissent les engagements pris pour assurer la réussite de l’expérimentation.

ProFan implique la conception, le développement et le déploiement d’une plate-forme numérique, support des activités coopératives et collaboratives des élèves comme des enseignants et base de collecte et de traitement des données d’enseignement et d’apprentissage. Au terme de l’expérimentation, cette plate-forme a vocation à devenir une base technologique de référence pour les différents dispositifs d’éducation et de formation, en particulier à destination de l’enseignement professionnel.

Les activités pédagogiques sont réalisées dans le strict respect des programmes et des modalités réglementaires d’évaluation. Les mesures d’acquisition des compétences recherchées et les indications d’évolution ou de transformation des pratiques en formation sont donc des mesures additionnelles à l’évaluation académique.

3. Le financement et le calendrier de réalisation

Au sein de l’action « Innovation numérique pour l’excellence éducative », 15 M€ sont dédiés à l’expérimentation ProFan. Ce financement est destiné à couvrir plusieurs types de dépenses : équipements et ressources pour les élèves et les enseignants, conception, développement et déploiement de la plate-forme support, contrats de recherche et contrats doctoraux, rémunérations d’enseignants ou d’intervenants des professions, qualification et valorisation des résultats en vue de leur extension.

Le calendrier de l’expérimentation s’étend de septembre 2016 à septembre 2020, selon le programme suivant :

1. de septembre 2016 à septembre 2017 : formation méthodologique des acteurs de terrain, conduite d’une première phase pilote pour mettre au point le cadre pédagogique et technologique et tester les protocoles expérimentaux ;

2. de septembre 2017 à septembre 2019 : déploiement de l’expérimentation sur les classes de 1re et terminale de baccalauréat professionnel et de 2de année CAP ;

3. de septembre 2019 à septembre 2020 : qualification et validation de la plate-forme numérique, consolidation des données, diffusion et valorisation des résultats pour appropriation et extension à d’autres secteurs professionnels et à d’autres niveaux de formation.

4. Pilotage et exploitation des résultats

Le suivi des expérimentations et de leurs résultats relève d’un conseil d’orientation stratégique garant du respect des objectifs et des principes organisateurs scientifiques et méthodologiques définis par la présente note de service. Présidé par une personnalité scientifique ayant une bonne expertise dans le champ de l’éducation et de la formation, il réunit des représentants des directions générales du ministère, des chercheurs, des commissions professionnelles consultatives, des corps d’inspection, des enseignants du lycée professionnel et des personnalités qualifiées. Sa composition est précisée dans l’avenant à la convention du 29 décembre entre l’État et la Caisse des dépôts et consignations relative à l’action Innovation numérique pour l’excellence éducative du programme d’investissements d’avenir.

Le conseil d’orientation stratégique ProFan rend compte au comité de pilotage de l’action, de l’état d’avancement des expérimentations aqpiller 15 millions €mises en œuvre via les fonds de concours, des conditions de leur réalisation et des résultats obtenus. En lien avec la direction générale de l’enseignement scolaire et les commissions professionnelles consultatives, il formule des propositions de transferts des résultats à d’autres filières de formation ou d’extension des expérimentations à d’autres niveaux.

5. Perspectives liées

La mobilisation d’un groupement de chercheurs au cœur même du projet vise à garantir la qualité théorique et méthodologique de l’expérimentation, en même temps que l’exploitation de ses résultats au bénéfice de l’enseignement professionnel et, au-delà, de l’éducation et de la formation. Il s’agit, non seulement de contribuer au renforcement de la culture de l’innovation dans la formation professionnelle, mais également d’alimenter la réflexion sur des questions vives pour l’éducation et la formation, telles que : les compétences nouvelles sont-elles sensibles aux stéréotypes de genre, d’origine et de culture ? Y-a-t-il un lien entre les performances scolaires et la maîtrise des nouvelles compétences en rapport avec les emplois du futur ?

Ainsi, ProFan qui vise à doter les jeunes d’un répertoire de compétences leur permettant de faire face aux transformations du travail dans l’économie du futur constitue un véritable investissement d’avenir. Elle permet d’expérimenter l’intérêt d’une démarche qui s’appuie sur les apports conjoints de la communauté éducative, du monde économique et de la recherche, mais aussi de vérifier la pertinence d’une intervention du PIA pour soutenir de nouvelles modalités de formation et d’en mesurer l’efficacité afin de faire face aux nouvelles exigences de l’emploi.

La ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche

Najat Vallaud-Belkacem

Le ministre de l’économie et des finances
Michel Sapin

Le secrétaire d’État chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche
Thierry Mandon

La secrétaire d’État chargée du numérique
Axelle Lemaire

Le commissaire général à l’investissement
Louis Schweitzer

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