Les Bouroullec : rêveries urbaines

Les frères Ronan (né à Quimper en 1971) et Erwan (né à Quimper en 1976) Bouroullec sont deux designers français. Diplômé de l’École nationale supérieure des arts décoratifs, Ronan Bouroullec commence à travailler seul, puis il est rejoint en 1999 par son frère Erwan, quant à lui diplômé de l’École nationale supérieure d’arts de Cergy-Pontoise (source Wikipédia).

p1550576Cliquer sur les images pour les agrandir

Les rêveries urbaines des Bouroullec : album de 26 photos. Exposition jusqu’au 22 janvier 2017, chez Vitra dans la Fire Station de l’architecte Zaha Hadid (chronique du blog et 23 photos)

Article du Point. Les frères Bouroullec travaillent depuis seize ans avec Vitra, concevant des pièces pour le bureau ou la maison (le fameux canapé Alcove, la chaise Belleville font partie des « must).

Cette fois, le public les retrouve dans un autre type d’exercice : « rêver la ville ». Certes, ils ne sont pas urbanistes et comme le précise Ronan Bouroullec : « »Notre culture de designers fait que notre monde est celui de l’objet, du concret, du confort, de l’ergonomie, ce n’est pas celui symbolique de l’architecture. Mais il existe une corrélation entre la manière dont on fait les objets et nos rêveries pour les villes. L’esthétique de nos projets provient souvent de la manière dont les choses s’assemblent ou se rassemblent. Ce sont des modules qui permettent de nouvelles géométries, et parfois à géométrie variable. Où produit-on de la beauté ? On a besoin aujourd’hui de réfléchir en termes esthétiques : quel effet sur la vie quotidienne produira la position d’un banc, d’un arbre, d’un toit ? »

Que donnent à voir ces « rêveries » ? 14 formes urbaines sur de longues tables sont installées dans la Fire Station. Chacune propose des projets d’espaces publics composés d’éléments simples – banc, pergola, chapiteau, manège, brasero… qui tous proposent une nouvelle vision de la ville. Avaient-ils en tête la cité idéale ? « Pas exactement, répond Ronan Bouroullec, mais l’Italie nous a beaucoup marqués avec ses places aux proportions harmonieuses, ses chemins de promenade qui permettent aux gens de circuler et de se rencontrer. La ville souvent m’oppresse, je l’apprécie avec modération, peut-être parce que je n’y suis pas né, mais j’aime le bruit, la vie de la ville et pas du tout les villes piétonnes. Cette exposition, qui s’adresse non pas aux centres historiques mais à ce qui va être créé, a été imaginée au pire moment de cette décennie en Europe avec les attentats, et à plusieurs reprises, nous avons pensé mais quelle naïveté, quelle bêtise de penser la ville comme si les temps étaient heureux ? Au fond, nous montrons des attentions simples, des éléments qui peuvent mieux fonctionner : se regrouper auprès des feux de joie, se reposer dans des manèges, être abrité par des pergolas ou des chapiteaux, redonner à la nature et même à la vie un peu sauvage et aux animaux leur place en ville ». Certains projets sont en cours de réalisation dans de grandes villes américaines. À quand la ville Bouroullec en France ?

Texte des deux designers dans le livret de l’exposition. La Pergola forme un cheminement ombragé, une toiture très longue et élevée que la végétation, pas à pas, confirme dans sa nature organique. La surface est comme une cotte de maille architecturale, composée d’un même module qui se répète. Assemblée, la multitude de pièces forgées est comparable à un textile démesuré. Certains maillons se subdivisent pour aller chercher des végétaux au sol qui envahissent la pergola, créant un tressage magique de métal et de végétation.

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Les cheminées. Le feu dans la ville. A l’occasion d’un évènement, les Cheminées sont des foyers transportables, des abris chauds autour desquels se protéger, au contact des braises. La fantaisie d’amener le feu au cœur de la ville nous rappelle les rassemblements des feux de joie. La contemplation des flammes donne lieu à des moments d’échange et de rêverie collective.

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Forêt suspendue. Le parcours dans la ville. Ce principe appelle la réunion des contraires. La forêt suspendue se distingue par la relation singulière entre le caractère statique et artificiel des mâts et des plateformes en opposition avec le mouvement et la vivacité des plantes et arbres. Cette solution, comme les pergolas, définit à la fois un chemin mais aussi un espace protégé et aéré. Les végétaux recréent l’ombre agréable et fraiche des forêts. Comme les étages des bâtiments, la nature s’élève vers le haut. Les disques forment un deuxième niveau où les plantes collaborent et s’entrelacent, comme une métaphore des réseaux contemporains.

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Nuages. L’abri dans la ville. Mi-pergola, mi végétal. La structure des nuages formalise une relation intrigante entre le géométrique et l’organique, entre les formes construites et les formes naturelles. Un même module en forme de nuage, figure générique dans notre travail, construit une toiture. Les alvéoles sont remplies de terre et de végétation, créant un jardin flottant. La végétation unit petit à petit cet ensemble qui définit une promenade urbaine.

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L’expostion des 14 formes urbaines des Bouroullec a d’abord été présentée à Rennes : 67 photos.

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