SPC. Manif contre la fusion

Suite des chroniques sur la COMUE Sorbonne Paris Cité.

Collectif « Force Faiblesse Opportunité Menace ». Sorbonne Paris Cité : résistance à la dépossession et rassemblement le 16 décembre.

Brève n°1/ Nous avons analysé dans un billet précédent l’absence remarquée du CNRS lors de l’audition de SPC par le jury Idex. Il est apparu une raison bien simple, évidente lorsque l’on a en tête le fait que SPC est un regroupement pensé par et pour le secteur santé. Le CNRS n’a tout simplement pas été invité à cette audition par les présidences. Cela fait suite à une défiance de longue date de M.Fuchs envers le regroupement SPC, son contour absurde, sa géographie éclatée, sa domination par le secteur santé, qui conduit le CNRS à se concentrer sur les autres regroupements franciliens.

Brève n°2/ Lors d’une présentation de son plan de fusion, M.Dardel a donné cet argument qui en dit long sur l’ambition du projet: Si nous ne fusionnions pas, mon mandat s’arrêterait le 2 octobre 2018 . Il n’a pas effet le droit de se présenter pour un troisième mandat à la présidence de Paris-Descartes.

Brève n°3/ Les CT des quatre universités ont voté unanimement contre la fusion ; les Conseils académiques de Paris 3 et Paris 13 ont voté contre la fusion (resp. 39 contre, 13 pour et 1 abstention et 40 contre, 6 pour et 5 abstentions) et celui de Paris 7 pour la fusion (resp. 28 pour, 11 contre et 7 abstentions).

Brève n°4/ Trois UFR de Paris 3 (UFR littérature et linguistique françaises et latines, UFR arts et médias et UFR langues, littératures, cultures et sociétés étrangères) ont procédé à des référendums, montrant à nouveau un rejet massif de la fusion.

Brève n°5/ Le Commissaire Général à l’Investissement a adressé un courrier à l’administrateur provisoire de Sorbonne Paris Cité en réponse à une interpellation de celui-ci. On y apprend que c’est la ComUE SPC qui devra déposer un dossier Idex en février, Idex qui devra proposer un projet partagé par tous les établissements (et pas seulement par trois universités parmi neuf membres). Notons qu’un administrateur provisoire ne peut en aucun cas être porteur d’un projet transformant de ce type. Si celui-ci persistait dans la suspension démocratique et déposait malgré tout un dossier, le tribunal administratif serait rapidement amené à conclure à sa caducité. M.Schweitzer précise que la feuille de route n’est pas dans l’état actuel des choses susceptible de conduire à un retour à l’Idex et insiste sur l’adhésion nécessaire des universitaires, des chercheurs et des étudiants, quand chacun peut constater le rejet du projet de fusion, accentué par les pratiques douteuses et les pressions des présidences de Paris 5 et Paris 7.

Appel à un rassemblement ce vendredi 16 décembre 2016.

L’objectif central du néomanagement est la dépossession, par coproduction des situations. Dépossession de notre métier par ceux qui ont été promus dans la technostructure, faute d’avoir été de bons enseignants et de bons chercheurs, et dépossession de toute prise sur le monde. Car si l’abattement et le sentiment d’impuissance sont si répandus chez les universitaires comme dans le reste de la population, ce n’est pas le fruit du hasard et ce n’est pas une fatalité : c’est l’objet même du néomanagement. Pour s’opposer à cette aliénation médiée par des gestionnaires d’un genre nouveau, personnages tristes, ternes et médiocres issus de nos propres rangs, il convient de retrouver une pleine lucidité, d’avoir une approche analytique de la situation et d’entrer en résistance.

Commençons par l’évidence. La fusion des universités Paris 3, Paris 5 et Paris 7 est de nature bureaucratique et est exclusivement portée par les mandarins de biosanté. Pour preuve, le soutien apporté in extremis par les directeurs des UFR de médecine, de sciences du vivant, d’odontologie, d’études psychanalytiques et de l’institut universitaire d’hématologie de Paris 7. A l’exception des sciences du vivant, ni les conseils ni les membres de ces UFR n’ont été consultés, de sorte qu’aucune de ces directions n’avaient le droit d’exprimer leur opinion es-qualité. De l’autre le front du refus n’a cessé de s’élargir, avec des votes contraires dans toutes les composantes où les personnels ont été consultés. Toutes les disciplines hors du secteur biosanté sortiraient laminées d’une telle fusion, qui absorberait des ressources financières et humaines considérables — alors même que les ressources humaines de Paris Diderot sont au bord de la rupture et que le nouvel hôpital Paris Nord nécessiterait l’investissement qui sera affectée à l’armée mexicaine prévue pour la technostructure de l’université fusionnée.

Seconde évidence, l’exécutif n’a jamais été aussi faible et n’a ni moyen de coercition ni moyen de séduction. En effet, M.Valls a, avant de quitter ses fonctions, refusé la rallonge budgétaire d’un demi milliard demandé par le Commissariat Général à l’Investissement. La machine de dépossession n’a plus d’argent. Si nous parvenons à l’abandon de ce funeste projet de fusion, c’est l’ensemble du mikado concocté pour le système francilien qui tombe, donnant enfin l’opportunité de le remettre à plat. Car nous ne sommes pas seuls à ne plus supporter les oukazes et les destructions de nos réseaux de formation et de recherche. Partout, cela dysfonctionne. A PSL, menacée de fusion. A Saclay, où l’X refuse de se mêler à la plèbe universitaire. A Hesam, qui vient de subir sa seconde explosion. Dans le grand ouest de Paris comme au Far Est, au sud comme au nord, le mille-feuille s’effondre. Le moment politique est idéal, pour nous débarrasser de ce qui nous est imposé et pour construire, depuis la base, une université francilienne pensée en fonction des besoins des étudiants et de la recherche.

Troisième évidence, les conseils d’administration de Paris 3 et de Paris 7, élus sur la promesse de ne pas procéder à la moindre fusion, n’ont aucune légitimité démocratique, au contraire des référendums organisés dans les composantes et montrant un rejet massif, hors du secteur biosanté. Le vote n’est pas la démocratie. Ce n’en est qu’un outil qu’il n’y a pas lieu de fétichiser. Le vote à venir vendredi n’a rien de démocratique puisqu’il n’a pas la moindre légitimité. En particulier, la fusion n’aurait aucune chance de passer, n’étaient les voix des membres extérieurs qui devraient s’abstenir mais ne le feront pas si on ne les y encourage pas.

Les moyens d’action doivent être pensés en fonction du but à atteindre (repenser à partir des composantes et des laboratoires un réseau universitaire francilien) et du moyen pour y parvenir (empêcher que l’on nous impose une fusion). Ni les pétitions ni les votes d’UFR n’ont influé en quoi que ce soit sur la fuite en avant que nous impose les équipes présidentielles. Seul un rassemblement de masse vendredi 16 à 13h peut convaincre les membres extérieurs du CA de s’abstenir. Il nous faut concentrer nos forces au point le plus fragile. Rendez-vous est donné par défaut sur le parvis de Paris 7.

Merci de consulter notre compte twitter (vous n’avez pas besoin d’en avoir un) pour un changement possible et même probable du lieu de rendez-vous: https://twitter.com/confedinfo

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