Un long Moyen Âge

Lundi 16 janvier, retour sur les bancs de l’université pour le second semestre 2016-2017 en Histoire médiévale et en Histoire de l’Art médiéval. Le Moyen Âge se terminerait-il au XVIIIe siècle ? Pour les années qui viennent, j’aurais donc encore du pain sur ma planche d’étudiant, auditeur libre !

Jacques Le Goff, Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ? Histoire, Points, 2014, 208 pages.

Un long Moyen Âge (page 137). « Il s’agit maintenant de montrer que, dans les domaines aussi bien économique, politique, social  que culturel, il n’y a pas au XVIe siècle et de fait jusqu’au milieu du XVIIIe, de changements fondamentaux qui justifieraient la séparation entre le Moyen Âge et une période nouvelle, différente qui serait la Renaissance »…

p1570380Cliquer sur les images pour les agrandir

Pages 177-179. « J’estime quant à moi que le changement  de période, la fin du long Moyen Âge, se situe au milieu du XVIIIe siècle. Il correspond aux progrès de l’économie rurale soulignés et théorisés par les physiocrates ; à l’invention de la machine à vapeur, imaginée par le Français Denis Papin en 1687 et réalisée par l’Anglais James Watt en 1769 ; à la naissance de l’industrie moderne qui, de l’Angleterre, va se diffuser sur tout le continent.

Dans le domaine philosophique et religieux, le long Moyen Age se termine avec l’ouvrage qui introduit la pensée rationnelle et incroyante, la science et la technologie modernes, l’Encyclopédie dont Voltaire et Diderot sont les animateurs les plus brillants.

Enfin, la fin du XVIIIe correspond, dans le domaine politique, au mouvement antimonarchique décisif de la Révolution française. L’Australien David Garrioch a montré comment celui-ci s’était développé tout au long du XVIIIe siècle, au cours duquel « l’ensemble de la société parisienne a changé de monde : l’apparition de pratiques sociales, économiques, démographiques nouvelles, a touché chacun, déliant les anciennes communautés, sapant les attaches aux piliers traditionnels, confréries, ordres, corps, coutumes, corporations pour faire naître d’autres solidarités, des changements profonds en matière religieuse, politique, institutionnelle » (1).

Si on y ajoute l’écart renforcé entre riches et pauvres, signe de l’évolution économique et financière, l’engouement pour la lecture, le théâtre, les jeux, les plaisirs et le succès individuel, on peut affirmer que c’est au milieu du XVIIIe siècle que l’Occident est entré dans une période nouvelle ».

(1). David Garrioch, The making of Revolutionnary Paris, 2002, traduit par Ch. Jaquet, La fabrique du Paris révolutionnaire, Paris, La Découverte, 2013.

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