A 27 ans, il fonde une université

Frédéric II de Hohenstaufen fonde l’université de Naples en 1224 (il a alors 30 ans). Un peu plus d’un siècle plus tard, en 1339, Humbert II, dauphin du Viennois, crée l’université de Grenoble, ville de quelques milliers d’habitants. Celui-ci a 27 ans. Un record de jeune âge pour un fondateur ? Sans doute. Mais peut-être un record de faible durée pour l’université : les sources ne parlent plus de l’université de Grenoble dès la fin des années 1340. Dix ans d’existence seulement pour la 1ère université du Dauphiné.

Trois sources mobilisées dans cette chronique. 1. Article de Paul Fournier, Le dauphin Humbert II (1312-1355), in Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Année 1912, Volume 56, Numéro 8, pp. 581-599.

p1000422p1000423Cliquer sur les images pour les agrandir

Dix ans plus tard, Humbert devint archevêque et le Dauphiné fut intégré dans le royaume de France

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2. Françoise Autrand, Charles V, Fayard, 1994, chapitre III, Charles, dauphin de Viennois, le premier dauphin de France, pages 52 à 76.

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3. Article de Wikipédia. « L’existence d’un enseignement supérieur à Grenoble est bien antérieure à la création de l’université, car plusieurs décennies avant sa création, alors que Grenoble s’appelle encore Gratianopolis, un certain Jacques Borgarel s’intitule professeur de droit (professor legum) en 1277. Un titre repris par la suite en 1282, par Berenger Chevalier, et en 1322, par Nicolas Constant. L’enseignement du droit à Grenoble se poursuit puisqu’en 1333, Amblard de Beaumont, protonotaire du dauphin Humbert II, prend la qualité de professor juris civilis. Cet enseignement permet de créer, quatre ans plus tard, le conseil delphinal, cour de justice à vocation judiciaire et militaire du Dauphiné de Viennois.

L’université de Grenoble est créée le 12 mai 1339 par le dauphin Humbert II, qui obtient une bulle pontificale du pape Benoît XII, lors d’un séjour à Avignon. Dans un document traduit du latin par l’historien Nicolas Chorier, on apprend « que la ville de Grenoble aura toujours une université où l’on enseignera droit civil, droit canon, médecine et arts » (en latin : ut in ea essent perpetuó generalia studia in utriusque juris, médicinæ, et artium facultatibus, etc). Humbert II, influencé par sa vie à la cour de Naples, prend diverses dispositions dans des lettres du 25 juillet, promettant et jurant sur l’évangile, une protection vigilante aux étudiants, de la nourriture et un abri sans frais, pour au moins une centaine d’entre eux. On installe alors l’université dans une maison de la rue Neuve appartenant à Jean Chaunais. Le premier recteur est Amédée Alleman, également prieur au monastère Saint-Laurent. L’enseignement du droit canonique et du droit civil est assuré par des membres du Conseil delphinal. Le dernier recteur connu est Bernard de Croysllis en 1346, également archidiacre de Besalú.

L’absence de documents les années suivantes semble montrer que l’Université de Grenoble a disparu, probablement vers l’année 1349 : période de crise économique pour le Dauphiné de Viennois, dont le dauphin ruiné par une croisade en Palestine et confronté à une épidémie de peste, est contraint de vendre sa principauté au Royaume de France. L’acte est signé le 30 mars 1349 et les diplomates chargés du protocole, ménagent les susceptibilités en lui donnant le nom de transport du Dauphiné ».

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Classé dans A. Histoire médiévale, C. Rhône-Alpes Auvergne, E. Droit et Sciences politiques

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